mercredi, janvier 31, 2018

Tex Avery censuré

J'apprends par le hasard des commentaires Amazon que la Warner a expurgé le coffret Tex Avery de toutes les scènes où il ya des noirs :



Combien de temps tiendra le loup qui, comme chacun sait, est un abominable harceleur ?


Remarquez bien que Tex Avery donne la recette contre le harcèlement :


Heureusement, j'ai le vieux (quinze ans) coffret, non censuré (qui vaut 3 fois plus cher d'occasion que le coffret censuré neuf). Que de « progrès » en quinze ans ! Un bar (bobo) nommé The Winston a été envahi par des militants sous prétexte que Churchill était  raciste et colonialiste.

Dans Fahrenheit 451, Ray Bradbury imagine des hommes-bibliothèques, qui apprennent par coeur les livres que les autorités brûlent. Nous en sommes là, réellement. Au lieu de censure extérieure, nous sommes endoctrinés à l'auto-censure, comme la Warner, mais le résultat est le même.

Alors, les enfants ne verront plus les nègres ni le loup dans Tex Avery, mais à 13 ans, il y a une chance sur deux qu'ils aient vu des images pornographiques et, de toute façon, ils ont vu en moyenne à la télévision 100 000 actes de violence dont 8 000 meurtres.

Quand je dis que je n'aime pas notre époque, on ne me prend pas au sérieux, on croit que je veux faire mon intéressant. Pas du tout, croire qu'on est obligé d'aimer son époque est un pur conformisme. La béatitude obligatoire, je laisse ça aux cons.

On me dit : le confort matériel, la médecine ... C'est vrai. Mais comme on finit quand même par mourir, est-ce si important ? Il a existé des gens qui sont tout aussi morts que nous le serons dans cent ans. Ils nous ont légué des choses. Que lèguerons nous ? Des pistes cyclables ? Des « espaces ludiques » ? Des romans « inclusifs » ?

Je suis donc très sérieux, je me souviens que Michel Ange a existé :



Et je compare avec des gens qu'on nous présente comme des artistes majeurs de notre temps, Jeff Koons par exemple :


Ou Paul MacCarthy :



Mon grand tort, c'est la mémoire : si j'oubliais que Michel-Ange a existé, si j'oubliais qu'il y a eu un jour des noirs et des loups dans Tex Avery, si j'oubliais un tas d'autres choses, la France d'avant par exemple, je n'aurais plus aucun problème.

Et pour cela, il y a un excellent remède : la télévision, qui diminue les capacités de mémorisation d'un bon tiers. On rajoute par là-dessus les radios d'information continue et les réseaux dits sociaux, et ça devrait le faire : amnésie totale, lobotomie massive.

Malheureusement, ça fait vingt ans que je vis sans télévision. Je n'écoute que de la musique à la radio et quand on m'a expliqué récemment ce qu'était Snapchat, j'ai aspergé mon ordinateur d'eau bénite pour éviter que cela n'arrive jusqu'à moi.

Bien sûr, si l'on n'est pas obligé de vivre avec son temps, on est bien obligé de vivre dans son temps. Mais on n'est tout de même pas (pas encore) obligé de dire qu'on aime ça.

Les frileux ne sont pas où ils le disent

Mis à part sa prétention ridicule à se faire passer pour Disraeli, j'aime bien les articles d'Edouard Husson.

Il a tout à fait raison : notre classe dirigeante passe son temps à traiter le peuple d'abruti trouillard, à l'accuser de frilosité inadmissible, à lui reprocher d'avoir « des peurs » (sous-entendu, sans fondement -c'est bien connu- le peuple est con tandis que les énarques sont intelligents, peurs avec lesquelles les affreux « populistes » jouent) mais il n'y a pas plus timoré qu'eux.

L'expérience malheureuse d'être dirigés par des énarques depuis des décennies nous a appris qu'il y a plus de bon sens et de courage dans un pilier de bistro que dans un autobus de technocrates.

De nombreuses raisons l'expliquent : la perte générale du sens du devoir, la sécession des élites (pourquoi prendre des risques pour un peuple dont on se sent pas faire partie ?) et, puis, tout simplement, suivant le mot de Soljenitsyne repris par Cynthia Fleury, le déclin du courage.

Les valeurs viriles, honneur, courage, ne sont même plus comprises (l'honneur est confondu avec la vanité et le courage avec la témérité). Or, ces valeurs empêchaient les dirigeants de tomber complètement dans l'égoïsme.

Autrement dit, on en vient toujours au même problème : une société féminisée sombre dans l'anarchie (comme une société trop virilisée tombe dans la stérilité intellectuelle, comme l'islam ou Sparte, mais ce n'est pas d'actualité chez nous ... sauf dans certains quartiers dont il ne faut pas parler).

Mais la classe dirigeante est encore plus timorée que le peuple.

Ce ne sont pas les peuples qui ont peur de la mondialisation: ce sont les dirigeants qui ont peur du réel


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Pour la deuxième année consécutive, le thème des « inégalités croissantes » était au menu [de Davos]. Cependant, vous remarquerez comme les libéraux résistent au principe de réalité. Ce n’est pas eux qui n’avaient jamais écouté Donald Trump; c’est le président américain qui est venu faire amende honorable en leur porposant d’investir aux Etats-Unis. Plus fondamental, ce n’est pas eux qui se sont trompés: ce sont les peuples, ou du moins une partie d’entre eux (ces « déplorables », comme les appelle Hillary Clinton) qui ont peur.

Voilà quelque chose que nous avons entendu dans bien des discours - et qui ne va pas disparaître du jour au lendemain car les libéraux s’accrochent au pouvoir. Pour le réprouver ou pour faire semblant de s’en apitoyer, ils vont répétant qu’ils ont bien vu qu’il existe des craintes dans les populations, que tout le monde n’est pas adapté à la mondialisation, qu’il faut bien en tenir compte etc..... C’est insupportable de bonne conscience et de condescendance. Mais cela vaut la peine d’être décortiqué. 

Quelques éléments me viennent immédiatement à l’esprit en commençant à y réfléchir. D’abord, on ne saurait imaginer « peuple » plus refermé sur soi, plus craintif que nos milieux dirigeants. Quand ils voient la peur chez les autres, ils parlent en experts. Regardez comme il est impossible d’y développer une opinion dissidente. Personne n’a le courage de s’y opposer aux autres.

On pourrait penser qu’il s’agit d’une société où les châtiments encourus pour la pensée dissidente sont terribles ; quelque chose qui ressemblerait à un pays totalitaire, à l’ancienne Union Soviétique, par exemple. Constatons surtout que pas grand monde n’ose mettre en question les croyances dominantes. Plutôt que 1984, nous nous trouvons dans Le discours sur la servitude volontaire. 

Rappelez-vous la campagne du référendum sur le Traité de Maastricht : il y eut bien un héros provisoire, Philippe Séguin, qui prononça quelques discours inoubliables;  mais, alors qu’il restait quelques jours de campagne, il s’effondra psychologiquement devant les flatteries prodiguées par François Mitterrand qui, bien que malade, eut encore l’énergie de transformer Séguin en « opoosant officiel »; ce dernier se ridiculisa au point de faire transporter à Epinal, dans sa mairie, la table du studio télévisé où il avait oublié d’affronter le président français. Puisque nous parlons de Mitterrand, avouons qu’il était lui aussi atteint de la même couardise - il impressionnait en France mais il se couchait devant les puissants de l’étranger. Mon père connaissait bien l’ancien président français et j’eus, étudiant, plusieurs occasions d’écouter l’oracle ; je n’oublierai jamais comment, lors d’une promenade sur les bords de Seine, cet homme que je trouvais très faux, s’arrêta, me posa la main sur l’épaule et, clignant nerveusement des yeux comme chaque fois qu’il révélait son double langage, me dit - on était en 1994: « Oui, c’est vrai, Benjamin; vous avez raison ! La France prend un gros risque à donner son indépendance à la Banque de France. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne décision ». Une décision qu’il avait prise !

Vingt-cinq ans plus tard, nous ne pouvons que constater que le mal s’est aggravé. A force de mimétisme craintif, les milieux dirigeants ont créé une véritable idéologie, celle de la « mondialisation heureuse ». Et vous remarquerez ce paradoxe: jamais le réel n’avait autant contredit le discours euphorique sur le monde sans frontières; et jamais il n’y a eu aussi peu d’opposants au sein du système dirigeant. La nature ayant horreur du vide, il surgit des phénomènes comme Trump; le système déclenche alors contre eux l’artillerie lourde.

Mais c’est surtout la preuve de son incapacité à affronter le réel. Imaginez qu’à force de pilonner ils en viennent à abattre Trump: d’autres dragons, bien plus terribles encore, se dresseront et viendront les effrayer ou hanter leurs rêves. Si vous voulez appeler « peur », le rejet de la mondialisation par un ouvrier victime d’une délocalisation industrielle; ou la hantise de la violence adolescente chez des parents qui n’ont pas la chance ni les moyens de pouvoir inscrire leur enfant dans les meilleurs établissements scolaires, alors reconnaissez qu’il s’agit d’une réaction légitime.

Craindre, quand on ne possède pas grand chose, de perdre ce peu dont on dispose, voilà ce que nos dirigeants appelle peur de l’avenir, peur de l’ouverture, peur de l’adaptation à la mondialisation. Eux qui n’ont jamais osé s’opposer à la pensée dominante des institutions universitaires qu’ils fréquentaient ; qui n’ont jamais osé s’opposer aux modes des médias mainstream de peur d’être lynchés ; qui voient partout, comme ces individus décrits par La Boëtie, des maîtres dont ils exagèrent la puissance (les « marchés financiers ») ou des ennemis imaginaires (la Russie).

[…]

Et nos peuples ont l’instinct de survie quand ils essaient d’obtenir que les catastrophes transfrontalières soient contenues. Non seulement les dirigeants d’aujourd’hui sont, sauf exception, affreux de conformisme et de respect humain; non seulement ils efusent de voir le monde qu’ils ont eux-mêmes mis en place et ont peur du réel. Mais ils en ont oublié du coup le devoir des élites, ce pour quoi un dirigeant est jugé apte à diriger. Les peuples respectent ceux qui les protègent.

Et c’est bien la principale caractéristique de nos adversaires libéraux: ils ont renoncé, complètement, à l’éminente mission de la politique: protéger. Lorsque vous avez fait de meilleures études, lorsque vous possédez plus de moyens, lorsque vous avez accès à plus d’informations, vous pouvez à bon droit penser que vous êtes aptes à exercer une responsabilité dans la société. Mais si vous ne l’exercez pas « au nom du peuple », vous trahissez un pacte de confiance sans lequel il n’y a pas de société politique. C’est cela qui se joue, actuellement entre les « O,1% » et les « déplorables ».
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mardi, janvier 30, 2018

La nouvelle lutte des classes

LA RÉVOLTE DES PERSONNELS PÉNITENTIAIRES, INDICE D’UNE NOUVELLE LUTTE DES CLASSES ?



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Madame Belloubet, professeur et ministre de la Justice, est une princesse républicaine.

Élevée dans les honneurs et les privilèges, elle découvre avec stupéfaction la souffrance des gardiens de prison. Au cabinet du Premier ministre, les oligarques n’y comprennent rien. « On a fait le choix de promouvoir des ministres appartenant à des cercles autres que purement politiques » (Le Monde, 26 janvier 2018, p. 14). Cette remarque est absurde : les oligarques de la politique, de l’Université, de la haute fonction publique, des médias, des syndicats, de droite classique ou de la gauche, sont à peu près interchangeables. Ils ont le même style de vie, les mêmes privilèges, la même idéologie, le même mépris à l’égard du peuple qui souffre. On est dans une nouvelle lutte des classes à laquelle le pouvoir oppose un déni pur et simple.

[…]

Réaction immédiate du pouvoir oligarchique : on va augmenter quelques primes, on va punir financièrement les personnels récalcitrants. On ignore superbement tout ce qui n’est pas financier, la sécurité physique et la considération sociale. Quel mépris !

Nos prisons crèvent des trois souffrances qui frappent le peuple : trop d’immigration, trop d’insécurité, trop de relégation sociale des plus modestes, dont les surveillants de prison. Tout cela est invisible pour les technocrates des bureaux dorés des cabinets ministériels. À cela s’ajoute la perversion idéologique de la culture de l’excuse pour les délinquants. On a un peu de considération pour les détenus – droits de l’homme obligent. Mais aucune considération pour ceux qui dont considérés comme exerçant les basses œuvres de la République. Les gardiens de prison sont (mal) payés pour souffrir car on a honte du métier qu’ils exercent. Qu’ils se taisent donc !

On va, bien sûr, faire quelques replâtrages. Mais le problème de fond va demeurer. L’immigration va contribuer à accroître le nombre des détenus. L’absence de châtiments faisant autorité comme à Singapour fera que les délinquants violents continueront à se moquer du système répressif. Les moyens alloués par les fonctionnaires dorés du ministère du Budget continueront à être dramatiquement insuffisants, au détriment des personnels comme des détenus. La comparaison avec l’Allemagne est tout à notre honte. Les privilégiés du pouvoir resteront indifférents après la crise car cela ne les touche pas directement.

[…]

Quel que soit le choix, ce sera un choix de classe, car les réalités sociologiques sont incontournables (voir le livre du professeur Christophe Guilluy : Le Crépuscule de la France d’en haut, Flammarion).

Le Front national a de beaux jours devant lui puisque tous les systèmes de régulation sociale inventés par l’oligarchie ont échoué. À vrai dire, cette oligarchie est incapable de gouverner efficacement, pas par manque de technicité (madame le ministre Belloubet le montre) mais par manque d’humanité, de sens de l’humain et de patriotisme. Or, là où le patriotisme est mort dans les cœurs pour devenir un simple instrument de communication, comme dans le régime actuel, il ne peut pas y avoir de fraternité authentique. Comme l’a dit un jour Jean Jaurès, « les pauvres n’ont que la patrie ». Comme l’a écrit le grand poète et philosophe Schiller, « l’application froide des principes abstraits a détruit les sentiments humains ».

La classe dirigeante s’est repliée dans les eaux glacées du calcul égoïste. Il faut une autre classe dirigeante qui soit sensible aux souffrances populaires, sinon rien ne changera. Tel est l’événement qui interviendra un jour.
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lundi, janvier 29, 2018

#BalanceTonPorc : naufrage de l’école, vous avez les conséquences



L’effondrement du monde, les affaires #BalanceTonPorc, les Caroline de Haas et compagnie , viennent du changement de génération, de l’américanisation des mœurs, de la baisse de l’intelligence et de la pauvreté du vocabulaire. Il manque juste l’influence dévastatrice de la télé.

Polony dit quelque chose de très juste : des décennies d’effondrement du niveau scolaire (j’ajoute : notamment celui des études supérieures) ne peuvent pas rester abstraites, elles doivent bien finir par se traduire concrètement. Hé bien, au fond du fond, les affaires dont nous parlons sont une conséquence de cet effondrement scolaire.

Polony et Lévy disent que les néo-féministes hystériques ne lisent pas assez de (bons) romans. C’est une image significative : quand j’entends les néo-féministes, je suis navré de leur méconnaissance des complexités de l’âme humaine. Réellement, je me dis qu’elles ont toutes fait des études supérieures (le néo-féminisme, c’est un truc de bourgeoises endoctrinées) et, pour quoi ? Pour proférer des âneries grossières.


En défense de Gérald Darmanin (luttons contre la terreur)

Je n’aime pas Gérald Darmanin, ni sa politique. Mais l’accusation de viol qui lui tombe dessus exige qu’on le défende, au moins sur ce sujet, sans aucune retenue.

L’affaire est simple (voir l’article ci-dessous) : il est accusé de viol par une call-girl. L’affaire a été classée sans suite, car ne reposant sur aucune base. Les hystériques néo-féministes, les folles (mais cupides et narcissiques ) de Haas et compagnie, ont réactivé l’affaire.

CAROLINE DE HAAS : LA VIOLENCE DU NEO-FEMINISME

Le climat autour des affaires sexuelles est terrifiant au sens propre : on rétablit de facto la présomption de culpabilité, le lynchage et l’imprescriptibilité. Les protections judiciaires qu’il a fallu des siècles pour construire sont pulvérisées. On revient avant l’habeas corpus. On est passé de « Il est interdit d’interdire » à « Tout est interdit, sauf ce qui est permis (mais on ne te dira jamais clairement quoi) » et à « Puisqu’on t’accuse, tu es coupable ».

C’est une régression non seulement terrifiante par les effets dévastateurs qu’elle peut avoir sur le destin de chaque individu mais également navrante par la bêtise collective dont elle témoigne.

Les réseaux dits sociaux, rétablissant les commérages de village, mais à l’échelle planétaire et sans l’amortisseur de la connaissance personnelle des gens, sont une calamité, un instrument d’asservissement de la collectivité aux opinions des plus cons et des plus excités.

Que faire ? Pas grand’chose, hélas : c’est le même problème depuis quarante ans, la France d’en haut impose ses lubies nihilistes à la France d’en bas sans que celle-ci ait les moyens de réagir. Et, maintenant, pour amplifier le désastre, il y a les réseaux « sociaux ».

Dernière minute : LR, en réclamant la démission de Darmanin, se déshonore (quoique cela suppose qu’ils avaient un honneur, ce qui est douteux).


dimanche, janvier 28, 2018

Natacha n’aime pas le Nutella

La république de la malbouffe

Comme d’habitude avec Natacha Polony, article qui prend un vrai sujet mais le traite façon Chevènement : à côté de la plaque et avec cinquante ans de retard.

Beaucoup de commentateurs disent que « les gens mangent ce qu’ils veulent ».

Autrement dit, qu’ils sont libres. En est-on si sûr ?

Ils ne sont pas exactement prisonniers façon goulag, mais sont-ils libres pour autant ? Un des fondateurs de la publicité moderne a écrit un livre intitulé « L’ingénierie du consentement ».

Tout un programme !

L’idde de Polony qu’il faut une éducation, étatique, au goût est typiquement une idée d’intello déconnecté : ah, le monde irait tellement mieux si quelques intellos, éclairés, forcément éclairés, pouvaient éduquer d’en haut ce connard de peuple.

Et puis, l’idée que l’Etat puisse être un maître de bon goût ! Sur quelle planète vit-elle ?

Non, la vérité est plus simple et plus triste : sauf à virer au goulag hygiéniste, il n’y a rien à y faire. La puissance de milliers de millards d’euros injectés dans la consommation de masse rend toute tentative d’opposition, notamment par l’éducation, ridicule.

La malbouffe est le produit de notre monde. Pour la combattre, il faut changer de monde.

Chroniques de Campagnol

Saint-Exupéry, révélations sur sa disparition (F. d'Agay, B. Faurite, L. Von Gartzen, L Vanrell)

Livre très intéressant qui décrit l'enquête qui va de la découverte de la gourmette de Saint-Exupéry en 1998 au large de Marseille à 2010, où son neveu rencontre l'Allemand qui prétend l'avoir descendu.

Ce n'est pas toujours reluisant, certains malhonnêtes cherchant à se faire de la publicité et de l'argent aux dépens de la rigueur scientifique.

L'hypothèse la plus vraisemblable, même si elle a des lacunes :

Saint-Exupéry décollé vers 8h45 de Corse. Gêné par une météo moyenne, il n'arrive pas à prendre des photos de son objectif, il se déroute vers Marseille pour rattraper une mission précédente avortée sur panne moteur.

A cause de la météo et peut-être en raison d'une panne du moteur gauche (analyse métallurgique : le moteur gauche n'était pas chaud lors de l'impact sur la mer), il perd de l'altitude. Rencontre fatale avec un Me 109 du groupe de chasse Sud 200 basée à Marignane, peut-être piloté par Horst Rippert.

Saint-Ex est mort au combat.



Brexit : la bataille fait rage

Brexit : la situation s’éclaircit de jour en jour.

Salve d’articles pour dire que les « arch-remainers » ont pris le contrôle du gouvernement à cause de la faiblesse de May.

Les Brexiters arriveront-ils à la renverser ? Suite au prochain épisode.

Si Jacob Rees-Mogg, l’étoile montante des Brexiters (Anglais de caricature : fils de baron, etonien, banquier, propriétaire de voiture ancienne mais catholique et six enfants) parvient à être nommé Premier Ministre, ça sera un authentique exploit de la démocratie britannique, comme de nommer Churchill le 10 mai 1940.

Et, considérant les dysfonctionnements de la démocratie française qui se fait refiler sans broncher le candidat du Système, je m’inclinerai bien bas.

Mais ce n’est pas encore fait.

samedi, janvier 27, 2018

Monsieur Onfray au pays des mythes (réponses sur Jésus et le christianisme) JM Salamito

Le titre dit l’objet du livre. L’auteur s’efforce de rester factuel, mais on sent bien que le charlatanisme d’Onfray l’agace. On retrouve l’agacement de Rémi Brague face à Luc Ferry.

Ce livre est un biais de confirmation pour moi : je ne l’ai pas attendu pour penser beaucoup de mal de Michel Onfray.

L’antichritianisme obsessionnel de « Michel Homais » est si mal argumenté qu’il en devient comique.

Ce genre d’escrocs verbeux trouve toujours un public de crédules à épater.


Hillary refuse

Hillary Clinton refuse de chasser un conseiller accusé de harcèlement sexuel. Elle a raison.

Mais le deux poids deux mesures me fait marrer.

Quand un mec de droite subit les mêmes accusations, il doit démissionner séance tenante, s’humilier publiquement, aller au plus vite en prison et remercier qu’on ne le fusille pas directement.

Quand c’est un conseiller de Sainte Hillary, c’est pas pareil. Il faut être très prudent et, surtout, ne rien faire de précipité.

Les gauchistes nous prennent vraiment pour des cons et le pire, c’est que ça marche.

Vichy, Londres et la France (B. Renouvin)

Bertrand Renouvin est scandalisé, comme le sont tous les Français qui ne sont ni des salauds ni des ignorants, par les déclarations de Jacques Chirac, de François Hollande et d’Emmanuel Macron (le pire de tous, car chacun est allé plus loin dans l’ignominie que son prédécesseur) disant, en substance, une fois qu’on a déblayé les hypocrites précautions oratoires, que « Vichy, c’était la France » et que « les crimes de Vichy sont les crimes de la France ».

Dans cet opuscule de 60 pages, Renouvin rappelle toutes les raisons politiques et juridiques qui fondent l’illégitimité et l’illégalité du gouvernement de Vichy et, à l’inverse, la légitimité de la France Libre. Rien de nouveau, rien de contestable non plus : ces arguments sont connus et validés depuis longtemps. Bref, on ne peut dire que Vichy c’était la France et que les crimes de Vichy sont ceux de la France.

Il en profite pour étriller les historiens idéologues Rousso et Viewiorka ; et aussi le Conseil d’Etat. Et il rappelle que l’appel de Pétain du 17 juin à « cesser le combat » est une trahison pure et simple.

Ou, si ces arguments sont faux, les Résistants sont des traitres, les Justes des rebelles, le général De Gaulle un félon. Il faut débaptiser immédiatement l’aéroport de Roissy et le rebaptiser Aéroport Philippe Pétain et de même avec la place de l’Etoile et un bon paquet de rues et d’avenues de France. Le choix entre gaullisme et pétainisme est binaire (les pétaino-résistants faisaient une énorme erreur d’analyse politique, se méprenaient complètement sur le pétainisme) . Et l’histoire a donné raison à De Gaulle.

Renouvin s’arrête ici . Je continue.

Alors, pourquoi les déclarations des trois abrutis cités supra, qui auraient du paraître révoltantes ou grotesques, sont-elles passées comme une lettre à la poste dans la France d’en haut ? C’est très simple : le pétainisme au sens large (c’est-à-dire la conviction que la France ne mérite pas d’être libre et indépendante et doit, pour son propre bien, se placer sous la protection d’un suzerain, qu’il soit à Berlin, à Londres, à Bruxelles ou à Moscou) est atavique dans la bourgeoisie française depuis Voltaire, qui trouvait que tout était mieux chez les Anglais. Aujourd’hui, les héritiers de Voltaire envoient leurs enfants faire leurs études en Australie ou à New-York.

Je comprends mal la genèse de cette bourgeoisie pétainiste (qui me semble une particularité française, même s’il y a les compradores en Amérique du Sud), mais je suis certain qu’elle existe et qu’elle a le pouvoir. Macron est l’élu idéal de cette bourgeoisie pétainiste.

Pour paraphraser Alexandre Sanguinetti, le macronisme, c’est le pétainisme du temps de paix. Et qui nous mènera aussi au désastre.

Addendum : Renouvin précise, j'ai oublié de le dire, que ce pétainisme est aussi une réhabilitation de l'Allemagne, dans le cadre de la soumission européiste. Pour ma part, je tiens l'Allemagne pour collectivement coupable du nazisme (ceci fera l'objet d'un billet).

dimanche, janvier 21, 2018

Relations sexuelles : les sociologues redécouvrent ce qu’on sait depuis toujours

A l’occasion des histoires Weinstein, Deneuve et compagnie, beaucoup de lecteurs m’ont envoyé des liens dont je fais la synthèse ici.

En gros, les sociologues ont redécouvert (il faut bien qu’ils s’occupent, ces gens-là) le proverbe qui doit bien exister depuis quelques siècles : les hommes se marient pour coucher et les femmes couchent pour se marier.

La « libération » sexuelle a surtout consisté à rendre le gibier féminin plus disponible pour les hommes et à dévaloriser les femmes.

En effet, la position traditionnelle « coucher, c’est non, une jeune fille protège sa vertu » faisait monter les prix. L’homme était obligé de s’investir, de travailler le problème.

La morale traditionnelle était une sorte de cartel pour faire monter le prix des femmes. C’était donc normal de punir la dévergondée et non l’homme qui en profitait. Dans un cartel, on punit toujours celui qui brise l’entente en baissant ses prix et non le consommateur.

Aujourd’hui, c’est le contraire : la position « si tu ne couches pas, tu es une coincée et je vais voir ailleurs » fait que les femmes se sentent dévalorisées puisqu’elles ne peuvent pas forcer les hommes, en jouant sur leur frustration, à construire la relation sentimentale qu’elles recherchent et c’est exactement ce que les jeunes femmes racontent aux sociologues. Après cinquante ans de « libération », elles se sentent impuissantes comme jamais leurs grand-mères ne se sont senties. Mes quelques discussions avec de jeunes femmes me permettent de témoigner que ce désarroi n’est pas une invention.

C’est tout à fait logique puisque les femmes ont abandonné leur principal levier de contrôle des hommes, le « non » a priori.

Une femme qui a couché avec un homme perd pour lui beaucoup de son attrait. Le ressort est détendu (et pas que le ressort). N’importe quel militaire (même s’il n’est pas aussi expert que Choderlos de Laclos) vous le dira : rendre sa place forte à l’ennemi dès le premier assaut, on peut difficilement faire plus con. Après, les femmes rament pour construire une relation durable, le contraire eût été étonnant.

Cette configuration explique pourquoi, dans les suites de l’affaire Weinstein, ce sont des femmes assez âgées, comme Deneuve, qui ont tenu le discours « N’accablons pas les hommes et ne traitons pas les femmes comme des victimes , elles sont tout à fait capables de leur tenir tête quand elles veulent ». Les Deneuve appartiennent à une génération éduquée traditionnellement et qu’on ne mettait pas dans son lit en faisant risette. Effectivement, cette génération avait les outils pour renvoyer un homme dans ses 22.

Au passage, cette analyse explique que des jeunes femmes se convertissent à l’islam : cela fait remonter leur prix.

La « libération » a, un peu comme la mondialisation, pour conséquence  d’accentuer les inégalités. La compétition sexuelle est devenue plus âpre et il y a un effet « winner takes all ».

Deux groupes sont particulièrement atteints : les femmes diplômés et les hommes non-diplômés.

Les femmes sont hypergames (elles se marient avec un rang social au-dessus du leur) et les hommes hypogames (l’inverse). Classiquement, le patron avec la secrétaire, le médecin avec l’infirmière.

Les femmes diplômés ont donc du mal à se caser. Il y a déjà peu d’hommes en fac de médecine et, en plus, ils préfèrent les infirmières à leurs collègues féminins. La misère !

Même chose à l’autre bout du spectre pour les hommes non-diplômés.

Le grand gagnant est le mâle alpha, beau, intelligent, riche (intelligent, c’est tout de même assez facultatif, je le dis juste pour être gentil avec les femmes en laissant croire qu’elles sont séduites par l’intelligence). Libéré des entraves de la morale traditionnelle,  il se les fait toutes (ou presque). Comme dit Trump avec bon sens « quand on a de l’argent, elles se précipitent, il suffit de les prendre par la chatte ». Problème : le mâle alpha ne fait pas un bon père (que les femmes recherchent). A 20 ans, il s’intéresse aux femmes de 20 ans ; à 50 ans aussi.

On obtient donc ce résultat, comique  pour un mal-pensant dans mon genre : des décennies de « libération de la femme » ont abouti à favoriser les hommes riches. Je me marre !

Tout ce que je viens de vous raconter me paraît découler d’une connaissance assez élémentaire des choses humaines et ne nécessite pas qu’on en fasse une batteuse. Hé bien, pas du tout, il y a des kilomètres de bibliothèques universitaires remplies de cela.

La conclusion ? Certaines féministes proposent non pas de culpabiliser les hommes, ce qui a pour effet de les éloigner, ce n’est pas le but recherché par ces féministes là (contrairement à certaines gouines et mal-baisées), mais de rétablir le non  priori, qui redonne aux femmes un vrai pouvoir, mais elles ne disent pas comment. En se convertissant à l’islam ? Au christianisme ? Mystère.

samedi, janvier 20, 2018

Affaire Weinstein, effet Trump ?

Je me demande si la vague d'hystérie qui sévit en ce moment dans les milieux bien-pensants suite à la non-affaire Weinstein n'est pas une conséquence de l'élection de Trump, la réaction affolée de gens qui sentent le pouvoir leur échapper et qui cherchent à recouvrer par le terrorisme médiatique leur magistère enfui.

Les gros cons en 4x4



C'est très simple, dans l'ordre de mes valeurs automobiles, il y a :

Tout en bas, en bas, dans le cul-de-basse-fosse, aux oubliettes, que j'arrose de mon mépris pour conformisme abruti,  voués à la géhenne pour manque de goût et de savoir-vivre, les conducteurs de 4x4 urbains (qui sont le contraire de l'urbanité).

En haut, ce couple croisé sur une aire de repos d'une de ces routes secondaires où les macronistes ne vont jamais, buvant une coupe de champagne à côté de leur Morgan. A ma question, posée un sourire en coin en désignant leur engin, "C'est confortable ?", ils répondirent avec un éclat de rire : "On ne peut pas vraiment le dire comme ça".

L'homme tue et la femme rend fou

" L'homme tue et la femme rend fou. Une société peut survivre au meurtre, pas à la folie. C'est pourquoi laisser le pouvoir aux femmes est suicidaire. "

Cette remarque d'un commentateur me paraît très profonde.

1) c'est vrai pour les individus. On nous parle des femmes battues. Mais les salauds à œillères oublient de voir que, si les hommes frappent et tuent, les femmes humilient et poussent au suicide. J'ai quelques exemples autour de moi que je ne peux vous citer très précisément de crainte que des familiers s'y reconnaissent.

Le surnom prétendument affectueux mais subtilement dépréciatif. La réflexion assassine en public. La victimisation et la culpabilisation  ("C'est moi qui fais tout". Les tâches ménagères sont un levier très efficace de pouvoir des femmes sur les hommes). Etc.

Le grand classique de cette humiliation par les femmes, c'est l'homme qui se suicide, quelquefois après avoir tué toute sa famille.

2) c'est vrai pour la société. Quiconque ne voit pas que notre société est devenue complètement folle depuis que les femmes y ont pris le pouvoir est lui-même fou comme un lapin de six semaines.

3) une société féminisée meurt car la féminisation sape l'autorité qui est indispensable à la structuration de la société. C'est flagrant dans les domaines de la sécurité et de l'éducation. Mais il y a plus fondamental encore : la société des #MeToo et des #BalanceTonPorc ne fait pas d'enfants puisqu'elle érige en mode de vie la peur névrotique du mâle des femmes immatures. Elle disparaît donc en deux ou trois générations.

Se trouve ainsi invalidée la phrase de Chamfort : "La nature a doté les hommes d'un attrait irrésistible pour les femmes car si elle avait du compter sur les qualités propres de celles-ci pour séduire les hommes, l'espèce humaine ne se fût pas perpétuée".

Dans une société féminisée, "l'attrait irrésistible" des hommes pour les femmes n'est plus si irrésistible et l'espèce humaine cesse de se perpétuer.

mercredi, janvier 17, 2018

Zéro Autorité Démontrée (mais quel pouvoir de nuisance !)

Le chœur des adorateurs, journalistes courtisans (pléonasme) et autres benêts, s’extasie devant un prétendu geste d’autorité d’Emmanuel Macron à propos du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes.

C’est pure escroquerie : céder aux protestataires alors que tous les recours légaux ont été épuisés et que le projet est validé est le contraire de l’autorité. La saine réaction des observateurs aurait été « Bon, c’est une décision pitoyable imposée par les circonstances d’un dossier pourri et d'un pouvoir sans couilles, passons à autre chose ».

La bonne décision était d'évacuer la ZAD et ensuite de décider pour l'aéroport.

Si la France des années 60-70 avait multiplié les « gestes d’autorité » à la Macron, il n’y aurait ni centrales nucléaires, ni TGV, ni autoroutes.

MACRON, CAPITULARD MAIS MALIN.

La "fermeté" de Macron à l'épreuve de Notre-Dame-des-Landes

Mais, plus que la décision elle-même, ce qui m'inquiète, vous l'avez compris, c'est la tyrannie molle qui règne, le culte de la personnalité, le silence de l'opposition, l'apathie de ceux dont il serait naturel qu'ils réagissent, l'endormissement du pays des râleurs ...

Génération Orwell

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Tous les ingrédients sont en place

Un État omniprésent, des ponctions tous azimuts, une société totalement crispée, des intellectuels perdus, une génération future complètement fichue : tout se met en place pour un glissement lent mais décidé vers une société typiquement orwellienne.
Et non, ce n’est en rien une exagération. C’est simplement le constat froid de ce que nous avons, ici et maintenant.
Regardez ce que vous n’auriez jamais accepté il y a 10 ans, 20 ans, 50 ans et que vous trouvez à présent si ce n’est acceptable, tout au moins parfaitement normal au sens « qui entre dans la norme », autrement dit, qui s’inscrit si bien dans le ventre mou des gaussiennes statistiques :
  • les fautes d’orthographe et de grammaire dans les journaux, de français à la télé,
  • les approximations intellectuelles de plus en plus baveuses dans les raisonnements tenus par tous ceux qu’on lit dans les organes officiels, qu’on entend sur les plateaux autorisés, qu’on supporte ou pour qui certains s’obstinent à voter,
  • ces ligues de vertu, toujours plus nombreuses, aux acronymes qui fleurent bon la censure, le blocage et le dépôt de plainte,
  • ces combats invraisemblables de décalage avec le réel,
  • les incivilités (dans la rue, dans les transports en commun, partout),
  • l’insécurité (ce pénible sentiment de se faire tailladerdéfigurerdécouper),
  • ces appels de plus en plus courants à la dénonciation à la Kommandantur,
  • cette judiciarisation systématique de tout problème, ce légalisme en carton qui agite les petits flocons qu’on bouscule et qui n’en finit pas de créer toujours plus de victimes bidons quand le nombre de victimes, bien réelles, elles, croît d’heure en heure.
J’arrête ici la liste, mais je crois que vous saisissez l’idée générale : regardez par exemple la décontraction avec laquelle on nous balance le chiffre du nombre de voitures brûlées au Jour de l’An ; c’est un peu comme le bêtisier de fin d’année, c’est devenu une tradition qui ne semble plus inquiéter personne et dont on ne s’offusque que du 2 au 3 janvier, un peu, sur les réseaux sociaux (et encore, sans trop forcer pour éviter la censure discrète).

Une dérive qui dure depuis plus de 30 ans

Le constat est sans appel : la société orwellienne, composée pour moitié d’une surveillance d’État de tous par tous et pour moitié d’un contrôle social complètement perverti, cette société est déjà là et elle n’a pas été mise en place par la force, en écrasant la tête des hommes libres par la botte d’un militaire armé, mais plutôt par l’utilisation des médias, de l’éducation et la démission intellectuelle de tout un peuple qui a préféré les promesses faciles de lendemains qui chantent à l’âpre réalité.
En 1988, Jean Van Hamme faisait sortir une bande dessinée prémonitoire, « SOS Bonheur », que je vous recommande. Sa lecture, édifiante 30 ans plus tard, ne laisse aucun doute sur les dérives qui ont eu lieu. Mais le pompon est atteint lorsqu’on se fade la suite, la « Saison 2 », sortie récemment, scénarisée par Desberg : la lucidité des propos de Van Hamme contraste violemment avec les tonneaux de moraline que ce nouvel opus nous déverse d’une planche à l’autre, en pleine figure et sans semonce.
La dérive est presque complète. Ce pays est foutu.


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samedi, janvier 13, 2018

Immigration et shitholes : discutailler à l'infini pour reporter sine die le moment de décider

Ces derniers temps, Trump monte dans mon estime. Il est président depuis un an et je trouve qu'il ne se débrouille pas si mal. Surtout en tenant compte du fait qu'il n'a pas d'appuis à Washington.

Il a nommé des juges conservateurs à la cour suprême. Il a fait passer complètement sa réforme fiscale, partiellement le démantèlement de l'Obamacare et la réforme de l'immigration. Il semble (à confirmer) que le pression sur la Corée du Nord commence à porter quelques fruits. J'aimerais bien que Macron-Jupiter ait un bilan aussi substantiel.

Evidemment, ce que je vous dis est à cent lieues de ce que racontent les journaux, dont les boniments sur Trump vont de la compromission russe à la folie pure et simple, mais qui les croit ? Certainement, pas les lecteurs de ce blog !

On comprend bien les journalistes : ils sont dans une lutte de pouvoir à mort. Ils ont réussi à prendre le pouvoir il y a quarante ans en déligitimant Nixon (franchement, ces histoires de plombiers poseurs de micros, c'était ridicule). Aujourd'hui, Trump se bat pour redonner un peu de pouvoir au peuple contre la caste dirigeante dont les journalistes sont les moines-soldats. S'il est ré-élu dans trois ans, c'est la catastrophe pour eux. Il faut absolument le torpiller. Le délégitimer comme Nixon.

Heureusement, de l'eau a coulé sous les ponts depuis le Watergate et le pouvoir de persuasion des journalistes a bien diminué.

La vérité, l'information, l'objectivité, la déontologie et toutes les conneries journalistiques pour berner les gogos sont reléguées au rayon des accessoires.

Je ne connaissais pas la définition (voir ci-dessous) de la bourgeoisie comme la classe qui remplace la décision par la discussion. Mais c'est juste : on n'a jamais été tant envahi de gens qui sont amoureux du son de leur propre voix que depuis que la bourgeoisie règne.

Maverick Philosopher


Friday, January 12, 2018

Nous vivons des temps fort déplaisants

Quand on me dit « Il faut vivre avec son temps », je réponds tout naturellement « Je n'en vois pas la nécessité ».

Je ne vis pas dans une cabane au fond des bois (quoique, si je pouvais dans des conditions pas trop inconfortables, je n'hésiterais guère) mais je partage bien peu des sentiments, des engouements, des peurs et des intérêts de mes contemporains. J'utilise des instruments modernes mais je reste en retrait, je ne m'y engage pas.

Nous vivons une époque que je juge fort déplaisante, très menteuse, très bourrage de crâne et raconteuse de bobards.

Une basse époque qui prend les hommes par les sentiments les plus bas : l'envie, la jalousie, le stupre, l'égoïsme, la méchanceté.

(Vous me pardonnerez de ne pas traduire les articles en français.)

Unpleasantness and Other Topics

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The political scene and discourse have gotten so very unpleasant and just plain vicious that delving into the arena makes me hesitate.

The progressive insanity is now everywhere on display in its full and flowery anger and destructiveness. Trump hatred has become a mental illness. He is given zero credit for doing anything right. The Russian "collusion" story becomes increasingly absurd and unreal. The real world of the economy and its sudden and vast improvement is ignored, including the tremendous improvement in minority employment rates. The fact that Rocketman Kim has blinked in his stare-down with our President is hardly noticed. ISIS is a shadow of its former self, and that draws little notice. Israel is getting its capital recognized thanks to Trump and there is no little to no notice given--including among America's secular Jews many of whom seem to have become enemies of Israel. The real world is ignored in favor of fantasies about multiple genders, the contributions of "Dreamers," conservatives being responsible for sexual repression and harassment, and on and on. Virtue signaling is the new progressive reality.

At a time when things are finally going well for America and the West, the progressive fifth column works feverishly to undermine us.
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Une époque fliquée comme jamais. On nous bassine avec l'inquisition, mais si vous croyez que nous sommes plus libres de penser aujourd'hui, vous vous trompez lourdement.

Le pilori existe encore. Il suffit d'assister au lynchage des Catherine par le tribunal des réseaux « sociaux ».

Même l'humour, surtout l'humour, est étroitement surveillé :

François Rollin, l’anti-Jamel comedy club

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L’observation attentive de ce qui décline renseigne parfois sur la nature de ce qui advient. Après avoir définitivement relégué la poésie au rang de curiosité muséique, notre époque poursuit son travail d’épuration, liquidant toute forme d’expression artistique échappant à la religion de l’utile et du politiquement correct. Ainsi l’humour noir et le rire absurde figurent en bonne place sur la liste des registres menacés d’extinction, le premier jugé inapproprié car offensant, le second devenant inaudible auprès d’un public pétri d’idéologie utilitariste, qui voit en cette forme de discours fantaisiste une pure perte de temps. Tout le contraire du stand-up anglo-saxon caractérisé par la quête du rendement optimal dont le corollaire est l’application systématique d’un contrôle de l’efficacité par la mesure (« un rire toute les dix secondes »). Ici, l’effet comique n’est plus incidemment produit par la magie d’une situation, mais fait l’objet d’une recherche assumée explicitement, dépouillée du moindre détour poétique, prolongeant ainsi le règne de la rationalité et du calcul jusque dans les café-théâtre.


L’engouement de nos compatriotes, et notamment des plus jeunes, pour cette modalité du discours comique renseigne sur le degré d’imprégnation de l’idéologie utilitariste dans la psyché populaire, et signe la marque d’une incroyable soumission à cette idée qui voit en l’homme un simple rouage de la méga-machine productiviste. La révolution n’est définitivement pas pour demain.


M’étant rendu à deux reprises au dernier spectacle de Rollin, j’aurais dû comprendre les atermoiements d’une infime partie de la salle comme la marque d’une telle rupture. Cette manière bien à lui de naviguer hors des limites de la raison, de prendre le spectateur à contre-pied, d’aborder avec le plus grand sérieux des thèmes parfaitement dérisoires… autant de tentatives qui peinent à convaincre un public qui ne jure que par l’empire du Machinal et la sécurité du Même, exigeant de l’artiste qu’il substitue au grand jeu, le grand « Je ».


Le retour en grâce d’un rire qui ne soit ni utile ni mimétique parait plus que nécessaire à l’heure où triomphent la logique du rendement et le culte de soi. Faisons la part belle aux artistes dont l’ambition est de redonner un peu de souffle à une époque écrasée par la pesanteur de ses propres certitudes et dont l’horizon s’apparente à une interminable et sinistre ligne droite.
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Notre époque, qui a décidément le mensonge dans le sang, a porté au pinacle la rébellion de pacotille. Il est très aisé de reconnaître un de ses fameux rebelles d'opérette : à la télévision, il en fait des tonnes, la retenue et la pudeur ne passeront pas par lui, tout le monde est d'accord avec lui.

Mais le vraie rebellion est toujours aussi solitaire, puisqu'elle est, comme depuis la nuit des temps, refus de suivre le troupeau, même un troupeau de moutons repeints en loups en carton.

Louis de La Bardonnie, Français de vieille souche, était châtelain à deux pas de Saint Michel de Montaigne et de Castillon-la-bataille, où les armées de Charles VII ont foutu la dernière pilée de la guerre de cent ans aux Godons. Il ressemblait, paraît-il, à Henri IV et paraissait venu directement de cette époque.

Révolté par la voix chevrotante du vieillard Pétain, rasséréné par l'appel de De Gaulle il fut des premiers Résistants, et des plus courageux (avec une famille de sept enfants : reproche pour ceux qui ont prétexté de leur charge de famille pour ne pas s'engager. Ne les jugeons pas, mais admirons d'autant plus les ceux qui n'ont pas hésité) et des plus pittoresques.

Voici la lettre qu'il écrivit après guerre à son chef et ami, Gilbert Renault dit colonel Rémy (« Rambaud plage » était le point de passage de la ligne de démarcation sur la Lidoire que Rémy a traversé à la nage en plein hiver -c'était une époque où on s'amusait) :

La Bardonnie à Rémy

Peut lui reprocher de ne pas avoir été de son temps ?

Heureusement, il y a quelques lueurs d'espoir :


Of Crudeness and Truth

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Nothing scandalizes a leftist like the truth. Point out that women and men are different, that black Americans commit a disproportionate amount of violent crime, that most terrorist acts are committed by Muslims, and the Left leaps to its collective feet in openmouthed shock, like Margaret Dumont after a Groucho Marx wisecrack. This is racism! This is sexism! This is some sort of phobia! I’m shocked, shocked to find facts being spoken in polite company!

No one is really shocked, of course. This is simply a form of bullying. The Left has co-opted our good manners and our good will in order to silence our opposition to their bad policies. The idea is to make it seem impolite and immoral to mention the obvious.

[…]

Enter President Donald Trump. He is a rude and crude person. He speaks like a Queens real estate guy on a construction site. And because he does not have good manners, he thoughtlessly breaks the rules with which the Left has sought to muzzle those who disagree with them. In this regard, I frequently compare Trump to Randle Patrick McMurphy, the loudmouthed, ill-mannered roustabout from Ken Kesey’s brilliant novel One Flew Over the Cuckoo’s Nest. McMurphy comes into an insane asylum controlled by a pleasant, smiling nightmare of a head nurse named Ratched. Nurse Ratched, while pretending to be the soul of motherly care, is actually a castrating, silencing tyrant. Her rules of good manners, supposedly fashioned for the benefit of all, are really a system of mental slavery. All of McMurphy’s salient character flaws suddenly become heroic in the context of her oppression. Only his belligerent ignorance of what constitutes good behavior can overturn the velvet strangulation of her rule.

For Nurse Ratched, read Hillary Clinton, CNN, the New York Times, Yale University, Twitter, and Google/YouTube—all the tender ministers of polite silence and enforced dishonesty. If Donald Trump’s boorishness crashes like a bull through the crystal madhouse of their leftism—well, good. It’s about time.

I don’t know exactly what Trump said in a closed-door meeting with senators at the White House this week. Unnamed sources say that he referred to some African countries and Haiti as “shitholes.” Maybe so; sounds like him. In any case, when it comes to a chance to attack Trump, our journalists don’t waste time with fact-gathering or source-identifying. Like Madonna, they just strike a pose. Various media knuckleheads have reacted to the alleged comment by calling Trump “racist,” “Nazi,” “Evil,” and a “terrorist sympathizer.”

[…]

So, when it comes to the Great Shithole Controversy of 2018, my feeling is: I do not care, not even a little. I’m sorry that it takes someone like Trump to break the spell of silence the Left is forever weaving around us. I wish a man like Ronald Reagan would come along and accomplish the same thing with more wit and grace. But that was another culture. History deals the cards it deals; we just play them. Trump is what we’ve got.

For all the bad language, for all the loose talk, I would rather hear a man speak as a man without fear of the Nurse Ratcheds in the press and the academy than have him neutered and gagged by a system of good manners that has been misused as a form of oppression. Better impoliteness than silence. Better crudeness than lies.

We have seen the effect of uncontrolled immigration on Europe. It is very, very bad. The fact is: some countries are shitholes. I don’t want this to become one of them.
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Allez, pour conclure, un peu de harcèlement sexuel :



L'attrait de l'islam

L'islam et ses attraits

Ce que raconte Alain Besançon dans cet article peut se résumer beaucoup plus simplement.

L'islam est une religion pour abrutis et, ça tombe bien pour lui, les populations occidentales qu'il tente de conquérir sont de plus en plus abruties.

Là est son attrait fondamental pour les occidentaux, qui explique qu'il ne soit pas plus combattu par des gens dont ils heurtent pourtant la culture (mais justement, de culture, ils en ont de moins en moins).

Les musulmans le disent évidemment de manière plus positive, mais ils ne disent pas vraiment autre chose quand ils estiment que l'islam est une religion simple, naturelle et à hauteur d'homme tandis que le christianisme est compliqué, anti-naturel et trop exigeant.

Le jugement de Lévi-Strauss n'était pas un compliment :

« si un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale : stricte observance du règlement (prières cinq fois par jour, chacune exigeant cinquante génuflexions [sic]) ; revues de détail et soins de propreté (les ablutions rituelles) ; promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions religieuses ; et pas de femmes. »

Mais force est de constater que notre société ressemble de plus en plus à un corps de garde. Le sens de la nuance et la complexité sont vues comme des ennemies car ils obligent à penser, ce qui pour beaucoup est trop fatigant.

A cet égard, la mode #BalanceTonPorc est aveuglante comme un projecteur de DCA. Elle a de nombreux ingrédients, mais l'un des principaux est la paresse intellectuelle et psychologique : asséner et ne pas se remettre en cause, se tenir au chaud dans le troupeau, hurler avec les loups. Le réflexe plutôt que la réflexion.

On mesure à quel point la liquidation du catholicisme populaire par un clergé intellectualisé est une catastrophe de premier ordre, quasi un suicide.

En effet, la réponse aux séductions de l'islam en Occident n'est pas ce #@?_/?♝ de pape François qui ne plaît qu'aux bobos mais une dévotion authentiquement populaire et là, pas de pot, c'est difficile de ressusciter quelque chose qu'on s'est acharné à tuer pendant des décennies.












jeudi, janvier 11, 2018

Ecouter le peuple français ? Ca serait-y pas ça la démocratie ?

Et l’Autorité des marchés financiers éprouva le besoin de recadrer Nabilla ... mais les Français ont-il vraiment plus besoin qu’avant qu’on les (ré)éduque ?

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Ce n’est pas un phénomène [le mépris du peuple] uniquement français. Il est général en Occident.

Michael Young l’avait pressenti dans un livre paru en 1958, « The Rise of meritocracy » (La montée de la méritocratie), un livre bien plus intéressant que l’ouvrage tant de fois cité et totalement surestimé de Bourdieu sur la reproduction des élites.

Young, sous la forme d’une fiction satirique, montre comment, après des décennies d’homogénéisation sociale sous l’effet de l’accès de plus en plus généralisé à l’enseignement secondaire, une société inégalitaire est en train de renaître, sous l’effet de l’accès croissant à l’enseignement supérieur d’un groupe qui reste malgré tout une minorité.

Le livre est prémonitoire parce qu’il annonce ce que nous vivons. L’émergence d’un groupe important, mais ne représentant guère plus d’un tiers d’une génération, de diplômés de l’enseignement supérieur, est contemporain de la révolution néo-libérale et de la mise en place d’une société de plus en plus inégalitaire. Pour être plus précis, il existe un moment, le milieu des années 1960 aux USA, le début des années 1990 en France où l’accès à l’enseignement supérieur se met à stagner, comme si le corps social avait cessé de faire un effort pour élargir le groupe concerné.

Dans les années qui suivent, une mentalité inégalitaire reprend le dessus: aux Etats-Unis, c’est le début de la remise en cause du Welfare State (le rejet du Fair State de Johnson); en France, au début des années 1990, c’est le vote sur Maastricht, qui est un vote opposant les sachants, les diplômés de l’enseignement supérieur, d’un côté, et les catégories moins ou pas diplômées de l’autre.

Remarquez que la carrière des Clinton suit cette ascension de la « méritocratie », à partir de la fin des années 1960, moment de leur diplome. Qu’est-ce que l’élection de Trump sinon l’expression d’une révolte aboutie de tous les non-experts, non-sachants qui ont trouvé un porte-parole? D’ailleurs Hillary Clinton en campagne les qualifie de « déplorables ». Qu’est-ce que la dénonciation des « fake news » sinon l’opposition entre le savoir des experts et le méprisable niveau d’information des ploucs qui votent sans comprendre? Le vote du Brexit relève de la même répartition entre « sachants » et « non-sachants ».

Donc le comportement de l’AMF vis-à-vis de Nabilla est somme toute banal dans l’Occident actuel.

Au lieu de passer de 10% à 80% de vrais savants et «d’honnêtes hommes » dans nos sociétés, on a fabriqué 50% ou un peu plus de « demi-savants » qui abandonnent largement le pouvoir aux experts parce qu’ils n’ont pas reçu l’esprit critique qui leur permettrait de résister au despotisme éclairé des 1% les plus riches et de leurs valets académiques. On n’a jamais autant lu et brassé d’informations que dans nos sociétés mais on observe aussi comme la société dans son ensemble a du mal à défendre une authentique démocratie.

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« Laurent Wauquiez doit écouter le peuple ! »

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Mais pour gagner le peuple, une opposition de reconquête doit savoir abandonner les oripeaux d'une droite uniquement bourgeoise: autant que l'insécurité, il lui faut dénoncer les hausses invraisemblables des tarifs publics de ce début d'année: 36 % pour le fuel domestique, 17 % pour l'électricité, 13 % pour les frais bancaires qui pèsent sur le niveau de vie populaire, déjà écorné par la hausse de la CSG. Sur tous les sujets où il faut se positionner, Laurent Wauquiez doit choisir résolument de défendre les intérêts du peuple.


Le meilleur moyen de perdre a toujours été de se laisser définir par ses adversaires: trop longtemps la gauche a enraciné dans les esprits l'idée que la droite était le parti des bourgeois, et elle, celui des travailleurs. Trop de politiciens de la droite modérée reprennent encore à leur compte ce clivage obsolète , ce qui les conduit à saluer par exemple, par réflexe, tout projet antipopulaire du présent gouvernement. Ne nous laissons pas prendre à ce jeu. La droite de papa est morte: le macronisme l'a tuée.

Au-delà des questions dites «de société», les Républicains peuvent marquer leur différence dans le sens de l'opinion populaire sur de nombreux sujets, sans encourir les foudres de la bien-pensance. Il leur faut pour cela cesser de tenir la logique technocratique pour la référence suprême et délester leur programme de certains projets absurdes, comme par exemple celui d'éliminer 30.000 communes, aussi inhumain qu'inutile et coûteux, ou encore les lois d'urbanisme étouffantes, les stupides éoliennes, l'abaissement à 80 km/h de la vitesse limite sur la route, etc. Un tel travail critique vis-à-vis de ces logiques que le peuple ressent comme absurdes n'a malheureusement pas été fait dans le programme de François Fillon. Pourtant, il sera d'autant plus rentable que, faute d'idées et de vrais contacts avec le terrain, le mouvement En Marche! s'éloigne durablement des intérêts des couches populaires. Si ce travail de remise en question n'est pas pris très au sérieux par LR, comment s'étonner que les Français jugent avec autant de sévérité l'opposition? Revenez au peuple et au réel, M. Wauquiez.
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La complicité hommes-femmes

Des femmes libèrent une autre parole

Peggy Sastre est une féministe radicale. On peut être étonné au premier abord qu’elle ait lancé cette pétition, mais en fait non.


Dernières nouvelles du front (hommes/femmes) : ce que révèle la violence des réactions à la tribune signée par Catherine Deneuve pour défendre "une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle"

Et je suis d’accord avec elle sur la régression sociale terrifiante que sont les réseaux dits sociaux. Je suis donc deux fois d’accord dans la même journée avec une gauchiste de combat, il va falloir que je consulte un médecin.

Ce sont les féministes puritaines qui étonnent : comment peut-on prétendre défendre les femmes en les présentant comme des êtres si faibles que le moindre frôlement les traumatise à vie, d’éternelles mineures, qui sont des victimes désignées et permanentes des hommes (vision d’ailleurs très proche de celle de l’islam. C’est pourquoi le voile islamique ne leur pose pas de problème) ? Mon expérience (limitée, certes) est exactement inverse : je ne me souviens pas avoir jamais rencontré de femmes qui ne savaient pas se défendre si besoin contre les hommes (et la plupart savent même très bien les utiliser).

Aspect plus inquiétant : il semblerait (c’est ce que je lis et que je constate) que beaucoup de jeunes aient une sexualité miséreuse, résultante du cocktail de puritanisme et de pornographie. Pour résumer, c’est plus facile et moins dangereux de se branler (1) devant YouPorn que de draguer. Ca fait pitié.

Le puritanisme américain est vraiment une calamité.

J'aime beaucoup la notion de complicité hommes-femmes : les relations sexuelles ont toujours un léger parfum d’interdit, il y a donc une complicité entre les hommes et les femmes pour commettre ce délit.

Mais quand on est aussi dérangé que les puritains, islamistes ou anéricains, cet agréable délit devient un épouvantable crime.

Les #BalanceTonPorc et les #MeToo et les autres abruties se rendent-elles compte que ce sont les relations sexuelles, dans toute leur complexité, qui leur font peur comme des vierges effarouchées ou des vieilles filles délaissées (ou des prostituées qui veulent se refaire une virginité, ça serait plus le cas des actrices) ?

Non, les relations sexuelles ne seront jamais un beau contrat bien carré, validé par une armée de juristes. Et s’il arrivait qu’elles le soient quand même, ça serait triste à mourir. Les relations sexuelles ne sont pas non plus un combat, où il y aurait un gagnant et un perdant.

Il me semble que ces histoires grotesques sont à relier avec l’immaturité grandissante de notre société : seules des femmes immatures peuvent avoir cette peur névrotique du mâle. C’est bien de peur qu’il s’agit : les appels à la délation, à la prison, à la castration plus ou moins symbolique disent « Je ne sais pas me débrouiller avec les hommes. Société, Etat, police, au secours, aide-moi ». Car, à part les cas avérés de viol et de harcèlement qui sont passibles des tribunaux, n’importe quelle femme adulte sait, si elle le veut (ce n’est pas obligatoire), renvoyer dans ses buts un homme, et si elle ne le sait pas, c’est qu’elle n’est pas adulte.

C’est aussi un manque de culture : culture classique (on n’apprend plus l’amour courtois et l’éducation sentimentale) et culture du quotidien (ce n’est pas en notre monde de divorces, de familles éclatées et de pornographie qu’on prend en exemple des relations hommes-femmes épanouissantes).

Le but, comme le dit l’article de Marie-Hélène Verdier, est clair : évincer l’homme du champ amoureux comme il l’est déjà de la paternité. L’homme est déjà réduit au rôle de géniteur, il faudrait en plus n’en faire qu’un godemichet vivant, un toutou obéissant. Tout cela est bien bas.

Heureusement, il y a une certitude : une société promouvant de telles idées n’est pas viable, elle disparaitra malgré toutes les FIV, GPA, PMA du monde. Pour qu’une société perdure, il faut d’abord que beaucoup de femmes couchent avec beaucoup d’hommes et fassent beaucoup d’enfants et, pour que cela arrive, il faut encore que les hommes et les femmes sachent être complices. Le reste est mauvaise, très mauvaise, littérature.



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(1) : n’oublions pas la phrase immortelle de Woody Allen : « Ne dites pas de mal de la masturbation, c’est l’occasion de faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime ».


mercredi, janvier 10, 2018

On n’arrête pas le progressisme : 2018 sera pire que 2017 (confirmation)

On n’arrête pas le progressisme : 2018 sera pire que 2017.

Avec les nihilistes gauchistes, le pire est toujours sûr.

Quand des femmes dénoncent leur victimisation

Golden globes et Précieuses ridicules

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Le pire est que celles qui vocifèrent maintenant jusqu’à empêcher toute contradiction, sont les mêmes qui se sont tues lors des viols de Cologne et les mêmes qui acceptent la condition diminuée de la femme musulmane, au nom de respect de traditions qu’elles ne connaissent même pas. Elles refusent jusqu’à la « solidarité » des hommes de Hollywood : « Not enough guys ! Not enough ».
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Peggy Sastre : « Le féminisme policier refuse la contradiction »

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Assiste-t-on réellement, comme vous le suggérez dans cette tribune, à un retour du puritanisme ?

Oui, c'est indubitable. Caroline de Haas nous accuse d'être des « récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d'apologie du viol ». Ce féminisme policier fondé sur le chantage affectif et la manipulation des statistiques ne supporte même plus la contradiction. Ce mouvement est antilibéral, au sens politique du terme: il refuse le pluralisme et la coexistence de sensibilités différentes au sein du débat public, qui est, il me semble, l'un des acquis les plus précieux des sociétés occidentales. Elles sont persuadées d'avoir le vent de l'histoire dans le dos... ça me fait bien rire! Lorsqu'on regarde les grandes enquêtes d'opinion internationales, on s'aperçoit que de moins en moins de femmes se disent féministes, surtout chez les plus jeunes générations. Pourtant l'écrasante majorité des gens se disent favorables à l'égalité entre hommes et femmes.
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Heureusement, il y a quelques bonnes nouvelles :

Conspué, le Carmen trituré par le politiquement correct de Florence tourne au fiasco







mardi, janvier 09, 2018

100 000 (l'invasion accélère)



Cet article confirme ce que les gens lucides ont compris depuis longtemps : Emmanuel Macron fait la même politique que François Hollande. Seul l'emballage est neuf.

Immigration : Emmanuel Macron, héritier de François Hollande ?

lundi, janvier 08, 2018

On n’arrête pas le progressisme : 2018 sera pire que 2017

On n’arrête pas le progressisme: 2018 sera pire que 2017

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L’année 2017 a été marquée par une série d’événements et de sorties médiatiques qui ont fait ressortir le caractère autoritaire de la nouvelle gauche. Du « racisme systémique » à la « culture » du viol en passant par le déboulonnage de statues, la gauche régressive a témoigné de son attitude vindicative et moralisatrice, elle a montré à quel point elle était prête à reformater l’Occident. Les multiculturalistes, néoféministes et autres nouveaux « progressistes » semblent plus motivés que jamais à détruire les fondements et principes des démocraties libérales. Pour la plupart d’entre eux, absolument tout est à refaire.

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Tout au long de l’année, les nouveaux clercs continueront sur leur lancée, prenant bien soin de camoufler la fausseté et le vide de leurs analyses derrière des titres pompeux. Les nouveaux clercs transformeront la réalité en science-fiction, ils travailleront à la création d’un régime de terreur où les hommes blancs devront être exécutés symboliquement pour leurs crimes éternels envers la déesse Diversité. La vérité deviendra un postulat xénophobe et le mensonge une manière noble et indiquée de favoriser le merveilleux vivre-ensemble.

Les progressistes feront un énième procès à l’ensemble du monde libre, ils revendiqueront même ouvertement l’abolition de la culture au nom de la lutte contre la discrimination et le sexisme. Les nouveaux clercs réécriront l’histoire, faisant de tout événement passé le symbole de la domination de l’Occident sur des peuples maintenant jugés bien supérieurs à lui. Christophe Colomb sera présenté comme un salaud dans les cours d’histoire et les peuples autochtones d’Amérique y seront vus comme de saints résistants écologistes. Le salut de l’Occident sera (encore) trouvé en dehors de lui-même.

2018 apparaîtra très probablement comme une année record où la censure et la surveillance des esprits indésirables atteindra des proportions démesurées.
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Policiers lynchés à Champigny : une indignation et puis s'en va ?

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Notre pacte social repose sur quelques principes. L'État a le monopole de la violence légitime. C'est d'ailleurs ce qui lui permet de maintenir en ordre une société. Sans ces règles, c'est la loi du plus fort qui l'emporte. Sans l'adhésion à certaines valeurs fondamentales, dont celle de l'autorité, c'est le règne de tous contre tous et de la violence individuelle. C'est parce que l'autorité de l'État est bafouée, qu'elle n'est plus respectée, que des comportements aussi ignobles que ceux de Champigny sont rendus possibles.

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Nous sommes certainement passés à côté d'un drame cette nuit du réveillon. Rapidement, une actualité en chasse une autre, et l'on oublie trop vite les images d'une violence inouïe qui circulaient alors sur les réseaux sociaux. Les oublier, pourtant, c'est prendre le risque que la situation se répète et que la violence s'amplifie. Il est déroutant de voir que l'opinion publique ait si peu réagi face à cette violence. L'indignation a duré quelques heures, quelques jours tout au plus. C'est peut-être la démonstration que, depuis janvier 2015, un cap supplémentaire a été franchi dans la lente décomposition de notre société qui s'est habituée à cette violence… L'accepter, c'est renoncer.
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