jeudi, mars 23, 2017

La bourgeoisie compradore et l'éclatement de l'Euro

L'idée que l'Euro est un boulet pour la France fait son chemin.

Mais elle se heurte à la bourgeoisie compradore (j'aime bien ce mot) qui s'inquiète pour son patrimoine parce qu'elle est bête. Les bourgeois français ne brillent pas par leur intelligence, la bourgeoisie anglais me semble plus futée.

Cette bourgeoisie s'apprête à voter Macron ou Fillon, les candidats européistes.

Mais son calcul est faux : la perte de patrimoine provoquée par l'éclatement de l'Euro, elle la paiera d'une autre manière si nous restons dans l'Euro, par l'assistanat pour toutes les victimes de l'Euro. et elle l'aura bien mérité, à cause de sa bêtise. Alors que patriote, perdue pour perdue, elle penserait à la France et choisirait l'éclatement de l'Euro.

Mais c'est cette bourgeoisie qui depuis deux siècles trahit la France  avec une régularité de métronome et toujours pour la même raison : erreur égoïste de calcul, incapacité à voir plus loin que le bout de son nez, de son portefeuille.

Pierre Gaxotte, qui n'était pas un gauchiste, répondit à un pétainiste qui lui disait suivre le maréchal aveuglément : « Aveuglément ? Bien sûr, comment pourriez vous le suivre autrement ? ».

Louis-Philippe, Pétain, Macron, la continuité dans l'erreur et la trahison.


Et si je votais Lassalle ?

Un député dont le fils préfère être rugbyman plutôt qu'assistant parlementaire ne peut être mauvais.



De tous les candidats que j'ai vus jusqu'à maintenant, Jean Lassalle est celui qui me paraît correspondre à l'honnête homme.

Puis, je ne comprends rien à son programme, je ne suis même pas sûr qu'il en ait vraiment un. Vu tout le mal que je pense des autres candidats et de leurs programmes, c'est un bon point.

C'est le seul candidat pour lequel je n'aurais pas honte de voter.





Mais si, Mrs May, il faut avoir peur

Theresa May déclare, à propos de l'attentat musulman d'hier : « Nous n'avons pas peur ».

Qu'est-ce que cela signifie ? Elle est morte de trouille. Pas du terrorisme musulman, mais du politiquement, du tribunal médiatique, de faire ce qu'il faut faire.

Et puis, qui est ce « nous » ? Les ministres et les députés hyper-protégés ? C'est facile de ne pas avoir peur.

Les gens ont raison d'avoir peur de l'islam et des musulmans.

Je préfère à ces matamores Clemenceau et Churchill dont les entourages s'inquiétaient qu'ils s'exposent trop au front. On connaît l'histoire de Churchill ravi de se faire tirer dessus lors d'une inspection sur le Rhin ... et de son entourage beaucoup moins ravi (on se demande pourquoi !).


J’aime bien de Castelnau

Justice: l’impartialité ne se proclame pas, elle se prouve. Le Roux, Fillon… à quand l’affaire Macron ?

Je suis pas toujours d’accord avec lui (il se dit communiste ! Ce que, entre nous, j’ai du mal à croire). Mais il est clair et sensé.

1) Il y a bien une cabale contre Fillon, c’est l’évidence même, il suffit de regarder le calendrier : des affaires vieilles de plusieurs années ne ressortent pas avec un scénario précisément échelonné de révélations et de mises en cause sans qu’il y ait une volonté qui organise tout cela. Cette volonté n’est d’ailleurs pas très mystérieuse : plusieurs journaux ont comment on passe de l’Elysée au PNF.

Il est navrant qu’il y ait si peu d’hommes de bien en France que les partisans de Fillon sont quasiment les seuls à le dire, comme si l’esprit de parti emportait toute droiture, tout devoir de vérité (Naulleau, niant l’évidence, a été particulièrement lamentable face à Zemmour). Mélenchon, Le Pen tante et nièce et Julliard sont les seuls non-partisans de Fillon à avoir eu quelques mots justes.

2) Le Canard Enchainé, la presse en général et la justice se font les instruments consentants, voire actifs, de cette cabale. Le discrédit qui les frappe est donc justifié.

3) Fillon n’est pas innocent des conséquences politiques de ce qui lui arrive (c’est lui qui a axé sa campagne des primaires sur la morale et c’est lui qui n’arrive pas à définir une politique mobilisatrice). Regardez Marine Le Pen : tout le monde se fout de ses affaires.



Le coup d’Etat socialiste rampant

Que cela soit à la justice, dans la presse, au CSA, au conseil constitutionnel, tous les organes qui sont censés être des contre-pouvoirs et montrer une certaine impartialité, penchent ouvertement à gauche et, encore plus précisément, pro-Macron.

C’est dégueulasse. Mais ce n’est que la continuité « hard » de ce que les professionnels en communication répètent depuis des décennies : donner aux gens l’impression de choisir quand ils votent, mais, en réalité, les manipuler grâce aux techniques qu’ils vendent très cher pour qu’ils votent comme leurs commanditaires le veulent et non comme c’est leur intérêt. C’est toute la théorie d’Edward Bernays, le fondateur de la propagande politique moderne (wikipedia : Bernays considère qu'une minorité intelligente doit avoir le pouvoir « démocratique » et que la masse populaire doit être modelée pour l'accepter). C’est ce qu’il appelle la fabrique du consentement.

Malheureusement, le résultat de cette politique géniale n’est pas très bon (1), alors les gens votent de plus en plus « mal ».

Alors c’est la panique, il faut recourir à des méthodes de moins en moins douces et de plus en plus voyantes. D’où les affaires en cours.

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(1) : le résultat n’est pas très bon tout simplement parce que le postulat technocratique de Bernays est faux : la minorité intelligente qui saurait mieux que la foule ce qui est bon pour elle n’existe pas. La classe au pouvoir est une classe comme les autres, qui a ses intérêts de classe, mais qui n’est pas plus intelligente ni presciente (ne rigolez pas : mon affirmation est révolutionnaire. La plupart des gens croient que l’élite éclairée existe. Je suis un vrai démocrate !). Un gouvernement peut, par exception, regrouper des personnalités brillantes, mais c’est temporaire et ne constitue pas une classe. Il y a des gens supérieurement intelligents mais il ne se trouve pas dans une classe précise.

Assis, debout, couché

Eric Zemmour fait une remarque anecdotique et révélatrice, comme souvent. Les candidats à la présidentielle étaient debout lors du débat télévisé. Or, le roi est assis sur le trône. Le roi est debout à la guerre (et encore, il est plutôt assis sur un cheval. Et Turenne a été tué sur sa chaise de commandement –on peut voir le boulet fatal aux Invalides), mais en assemblée, le roi est assis et les autres debout et c’est un privilège insigne que de s’asseoir en présence de Sa Majesté. De Gaulle, Pompidou, faisaient leurs conférences de presse assis.

Les candidats debout montrent donc qu’ils ont perdu le pouvoir. Rien de nouveau, ils n’ont plus ni autorité ni pouvoir : l’autorité est à BFM TV et le pouvoir à Bruxelles (de Villiers). Les candidats sont debout comme des élèves à l’arrivée de la maîtresse.

Nos politiciens, après avoir été assis, se sont mis debout. Il manque juste une position : couché. Mais ça, c’est déjà fait. Ca fait longtemps que nos politiciens vivent couchés : devant Bruxelles, devant Berlin, devant les médias, devant le politiquement correct …

Les attentats de Londres et le déni des candidats à la présidence française face à l'islamisme



mercredi, mars 22, 2017

Une étrange défaite de plus

Emmanuel Macron est une baudruche médiatique. Aux yeux de certains électeurs (en gros, ceux qui ont voté Hollande ou Juppé), ce n’est pas un inconvénient mais un avantage : la garantie qu’il ne changera rien de fondamental au système où ils sont confortablement installés.

Et si Emmanuel Macron peut donner à cet immobilisme, criminel pour notre pays, une figure avenante qui console les éventuels scrupules, tant mieux.

Ensuite, ils nous joueront le même sketch hypocrite qu’avec Hollande « Notre bonne foi a été abusée, nous voulions vraiment le changement », mais, à supposer que ce soit vrai (c’est très douteux), ils ont d’autant moins d’excuses que ça sera la deuxième fois. On peut trouver des circonstances atténuantes quand on se fait tromper une fois. Mais la deuxième fois, c’est parce qu’on le veut bien, ou qu’on ment, qu’il n’y a pas eu vraiment tromperie. Et les mêmes seront prêts à voter comme un seul homme en 2022 pour un Hollande-ter, un Macron-bis.

Faut-il désespérer ? Oui, un petit peu : si ce scénario se réalise, la France va encore perdre cinq ans. Mais pas trop : la politique ne changerait pas, les opinions continueraient cependant à mûrir. J’ai longtemps pensé que la « dédiabolisation » de Marine Le Pen était une erreur, un renoncement dommageable à tenir ses positions. En lisant Christophe Guilluy, je m’interroge. Il est clair : les idées de Marine Le Pen sont majoritaires en France, mais la « diabolisation » fonctionne, elle l’empêche d’atteindre la majorité des voix. Cinq ans d’opposition supplémentaires lui donneraient le temps de faire enfin éclater la droite molle et de sortir du piège mitterrandien de la division des droites. Pour y parvenir, elle devrait faire de la place dans son parti pour des ténors de la droite ex-molle. Le FN cesserait d’être une PME familiale, c’est aussi probablement le point le plus difficile : jusqu’à maintenant, ceux qui s’y sont essayés, Mégret et compagnie, ont été expulsés. Et le plafond de verre serait brisé.

Pourtant, le risque, en perdant cinq ans de plus, est énorme, l’histoire risque de nous rattraper plus vite que les opinions mûrissent. J’utilise souvent cette citation de Chantal Delsol :

« L’incapacité d’agir, l’attitude qu’on dit velléitaire ou attentiste, aura les mêmes conséquences pour un peuple que pour un individu, pour un gouvernant que pour un particulier. Si votre enfant ne fait rien à l’école et que par pusillanimité ou par paresse ou par indifférence, vous ne tentez pas de réagir, ce sont les événements qui décideront à votre place : l’enfant sera finalement renvoyé, par exemple. Autrement dit, si vous ne menez pas votre destin, c’est votre destin qui vous mènera par le nez. Il en va de même pour un pays. A force de mettre au pouvoir des gouvernements attentiste et pusillanimes, il se produira je ne sais quelle catastrophe qui viendra pour ainsi dire tout résoudre. »

La France en serait réduite, comme en 1940, à attendre son salut de l’étranger, faute d’avoir su prendre en main son destin.



Nota 1 : je remarque avec un certain amusement que M. Lémarché a choisi son camp : toute indication d’une victoire de Macron fait monter la bourse, une défaite la fait descendre. Mais à part ça, Macron n’est pas le candidat du grand capital de connivence mondialisé.

Nota 2 : deux articles sur les affaires. Mazarin président ! et Scandales.

Contre le totalitarisme (A. Suarès)

La recension de Zemmour étant bonne, je ne vais pas y ajouter grand’chose :

Eric Zemmour : « Un auteur des années trente ressuscité »

Des idées très actuelles. Un style un peu lourd, trop académique.

Avec Suarès, on mesure le gouffre entre un homme rigoureux qui pense juste et nos « pros de la com ». Comme une bonne théologie, une attention minutieuse aux mots préserve des pires errements idéologiques. C’est pourquoi tout l’effort de la post-modernité est tendu vers la perversion du vocabulaire, la post-modernité est un effort constant pour vider les mots de leur sens ou leur faire dire le contraire de ce qu’ils signifient (le « mariage pour tous » est, de ce point de vue, une trouvaille).


lundi, mars 20, 2017

La mort en direct de la démocratie

La campagne électorale française pour les présidentielles est en train d’avorter, tuée par les journalistes, les politiciens et, ne surtout pas les oublier, les oligarques mondialistes (Bergé, Niel, Drahi et compagnie).

Bien sûr, les électeurs de droite peuvent en vouloir à la collusion de Hollande, du Canard Enchaîné et du PNF d’avoir rendu leur candidat inaudible. Mais les électeurs de gauche n’ont guère plus de raisons de se réjouir, avec Hamon et Mélenchon bâillonnés de fait. Quant aux électeurs des « petits » candidats, ils ont de quoi être désespérés . Pour finir, une unique thématique stérilisera tout le débat médiatique : quel niveau atteindra le FN ? Qui « fait le jeu », ou pas, du FN ? Aucun candidat n’a pu contourner ce barrage médiatique comme Trump l’a fait avec Twitter, mais il est vrai que son audience était assurée par sa position en tant qu’un des deux candidats dans le système américain bi-partisan.

Si nous vivions dans une démocratie en état de marche, les choses se passeraient ainsi. Un débat politique aurait lieu, avec ses outrances, mais aussi avec ses moments d'intelligence. La politique ferait un grand virage à droite et, si la situation des électeurs les plus désespérés ne s’améliorait pas instantanément, ils n’en auraient pas moins la satisfaction d’être entendus.

Au lieu de quoi, nous avons la gauche-castor (qui comprend d’ailleurs une bonne partie de la droite) dont le seul projet est de « faire barrage » au FN, autrement dit, qui n’a plus aucun autre projet politique que de se cramponner à ses places quelques années de plus.

Les Français ne sont pas coupables : les sondages, les discussions de café, tout indique qu’ils aimeraient qu’on cesse, au moins un petit peu, de les prendre pour des cons. Leurs réactions, plaçant les politiciens, les juges et les journalistes dans les professions les moins crédibles et les moins respectables, montrent qu’ils ne sont dupes de rien.

Mais ils sont quand même responsables, au moins de ne pas se révolter. On connaît le mécanisme : pour l’instant, la révolte n’est pas dans la rue, tant qu’il y a l’espoir (l’illusion ?) que cette révolte puisse se faire dans les urnes, en votant Le Pen.

Mais si cet espoir, faute de se concrétiser, se dissipait ? Les bonnets rouges puissance dix ?

Cependant, il y a un autre scénario, peut-être meilleur, peut-être pire : les changements de politique forcés par l’extérieur. La fin du mondialisme par le retour du protectionnisme, la fin de l’européisme par éclatement de l’Euro, etc. Le problème est toujours le même : il est idiot de compter sur les hommes qui ont créé les problèmes pour les résoudre. Comment croire que des hommes qui ont plus que leur part dans le Système seraient les mieux placés pour en gouverner la sortie, d’autant plus si cette sortie se faisait sous la pression des circonstances et non par un choix délibéré ?

Et puis, il ne faut jamais oublier l’épée de Damocles de la dette publique. Les révolutions commencent toujours par une crise financière (ou une défaite) pour une raison simple : les finances sont (avec la guerre) le seul domaine de la politique où on ne peut mentir indéfiniment. Quand les taux d’intérêt sont stratosphériques, ça merdoie grave.

Mais tout cela est à l'horizon de quelques mois, ce qui, en ces temps d'accélération de l'histoire, est long.

Aujourd'hui, à court terme, nous assistons à la mise à mort de la démocratie française et les raisons n'en sont pas mystérieuses, elles sont même limpides pour qui a des yeux pour voir : le refus de la classe dominante du libre jeu démocratique, parce qu'il l'emmène vers une politique qui la défavorise, et l'impuissance des forces démocratiques, en gros les classes moyennes, à le lui imposer :

« En 2017 ou en 2022, la France périphérique fera basculer la présidentielle ». Entretien avec le géographe social Christophe Guilluy

Je vous propose d'analyser dans les semaines et les mois qui viennent le destin de la France à l'aide du schéma classique (de Pareto, me semble-t-il). Les problèmes politiques non résolus ne disparaissent pas, ils se posent de loin en loin, chaque fois plus aigus jusqu'à aboutir à l'une des trois issues :

♘ les élites arrivent à résoudre les problèmes par tâtonnements (cas de la Reconquista espagnole).

♘ on change d'élites jusqu'à trouver des élites capables de résoudre les problème (cas de la révolution française).

♘ l'entité politique incapable de changer d'élites et de résoudre les problèmes disparaît (cas de l'empire aztèque).



















dimanche, mars 19, 2017

Qu'est-ce que la France ?

D'après Emmanuel Macron, la France, c'est la langue française.

Définition absurde, puisque qu'un Québecquois ou un Sénégalais seraient à ce compte aussi français qu'un Auvergnat.

Bien sûr, on sait que la définition légale ne répond à rien. Il y a des Français de papiers qu'il serait absurde, sauf aux yeux des pires idéologues, de considérer comme Français (d'ailleurs, eux-mêmes prennent cela comme une insulte).

Déjà, une dérive : on passe de « qu'est-ce que la France ? » à « qu'est-ce qu'être Français ? ».

Mais, en fait, la réponse à ces deux questions, pour peu qu'on les regarde en face sans haine et sans crainte, est simple. La France est un pays avec une histoire et une culture. Etre Français, c'est faire sien tout entier cet héritage, s'en sentir responsable, en hériter, le préserver et le transmettre.

Un mondialiste expatrié à New-York n'est pas plus français qu'un descendant d'Algérien qui massacre des enfants juifs, puisque ni l'un ni l'autre n'assument d'hériter de la France. Un indépendantiste corse, qui se place finalement dans le cadre politique français, est plus français.

Dupont-Aignan quitte le plateau de TF1


Nicolas Dupont-Aignan quitte le plateau de TF1 par info24fr


Dupont-Aignan cherche à faire parler de lui, certes, mais il a raison, fondamentalement raison : cette notion d'équité de temps de parole, pour tuer l'égalité, est un crime contre la démocratie, ni plus ni moins. Chaque candidat a égale légitimité à se présenter devant les électeurs, chaque inégalité du temps de parole au nom d'une équité perverse est une atteinte à la démocratie.

Les imbéciles me diront : « C'est légal, validé par le conseil d'état ». Oui, mais les crimes du nazisme et du stalinisme étaient tous légaux, couverts par des lois votées à cet effet.

Quand la légalité trahit l'esprit de justice, c'est toute la légitimité du droit qui est remise en question. Et peu à peu, toute la confiance qui soude la société est atteinte : puisque le Système tord les lois dans un sens qui l'arrange, pourquoi respecteré-je le code de la route, après tout il est peut-être aussi injuste puisque voté par les mêmes  ?

Bien sûr, mon raccourci est provocateur pour les besoins de la démonstration, mais je le crois, dans la vérité des choses, juste.









Paul, François, Emmanuel et les autres : dis moi de qui tu t'entoures ...

J'ai souvent dit qu'il y avait un parallèle frappant entre Paul Reynaud et Nicolas Sarkozy : petit nerveux complexé, avocat, dominé  par sa « mégérie », faux-dur, flanche sur l'essentiel ...

Or, il y a une leçon de Paul Reynaud qui vaut pour tous.

Les mots ne coûtent pas cher aux politiciens (rengaine connue), la vérité d'un homme politique est mieux révélée par son entourage que par ses discours. Quand le colonel De Gaulle se plaint de l'entourage défaitiste de Reynaud, il a droit à quelques paroles apaisantes. Pourtant, c'est bien son jugement à partir de l'entourage qui est juste.




Que nous dit l'entourage de François Fillon ? Une grande médiocrité et pas de vraies différences entre lui et Ali Juppé.

Que nous dit l'entourage d'Emmanuel Macron ? C'est bien l'homme de la finance de connivence, mondialisée, apatride et anti-nationale.

Que nous dit l'entourage de Marine Le Pen ? Là c'est plus compliqué. Justement, un manque de clarté.




samedi, mars 18, 2017

Pourquoi je ne voterai pas pour François Fillon

A un mois du premier tour des élections présidentielles, je me méfie plus que jamais des discours des candidats : les mots ne coutent pas cher. En revanche, je regarde leurs actes.

François Fillon vient d'accorder des investitures pour les élections législatives qui donnent une minorité de blocage aux couilles molles de l'UDI (en particulier, au détriment de Xavier Lemoine, maire de Montfermeil pour qui j'ai la plus grande estime).

Ce fait suffit à le classer et à décider de mon attitude à son égard.

Après, il pourra justifier cette décision de toutes les manières, encore une fois, les mots sont bon marché. Mon opinion est faite (l'honnêteté m'oblige à dire que je n'avais guère de doutes : j'ai de l'estime pour sa manière de résister à la cabale montée contre lui, mais pour la politique, je crois son intelligence et son caractère fort médiocres, très conventionnels et sans une once d'originalité et de rectitude : c'est quand même le type qui a trahi Seguin pour rejoindre l'opinion dominante).



Un scandale français : les bidasses qui flinguent des poivrots

Ce matin, à Orly, s'est produit un accident qui devient trop fréquent dans notre belle France pour ne pas être scandaleux.

Un gentil poivrot, en manque, donc énervé, s'est dirigé vers des militaires en patrouille en criant « Où est l'bar ? Où est l'bar ?». Aussi sec, ils lui ont tiré dessus, le blessant mortellement.

Moi je dis : si on doit flinguer tous les poivrots qui cherchent un rade, on s'en sort plus.

Que fait le gouvernement pour faire cesser ce scandale ?





mardi, mars 14, 2017

Bugatti Queen

J'ai un avis mitigé sur cette biographie un peu romancée.

Elle est assez mal écrite, oscille entre le sentimentalisme de midinette et le féminisme de harpie. C'est bien dommage car le sujet est passionnant.

Hellé Nice (Hélène Delangle de son vrai nom) est une danseuse-strip teaseuse qui se retrouve au volant d'une Bugatti (Caudron, à la même époque, a compris l'intérêt publicitaire des pilotes féminins), ne se débrouille pas si mal, et collectionne les amants, riches de préférence.

Avec la guerre, son univers s'effondre, des accusations probablement sans fondements de collaboration, elle finit dans l'anonymat et la pauvreté à Nice.


dimanche, mars 12, 2017

Le retour de la morgue

Morgue : attitude hautaine, méprisante : Homme plein de morgue. (Larousse)

Partout en occident, la morgue est de retour.

Le mépris des gens d'en haut pour les gens d'en bas atteint un sommet jamais vu sous nos latitudes (sauf peut-être pendant la Régence), parce que les gens d'en haut ne se sentent que des droits et plus aucun devoir.

N'importe quel merdeux, parce qu'il a hérité de l'argent de papa ou qu'il a vendu son âme au diable pour faire consultant, journaliste ou ministre (ou n'importe quel autre métier d'escroc compulsif), n'importe quel vieux crouton refusant de vieillir et pété de thunes plus ou moins mal acquises, se croit autorisé à traiter avec un mépris d'airain un valet chenu, un paysan courbé sous le faix ou une pauvre secrétaire, parce que ces gens n'ont pas (soit qu'ils n'y aient pas pensé, soit qu'ils n'aient pas eu l'occasion) vendu leur âme.

La morgue est la fille du « sympa » et du « cool ».

Le « sympa » est le contraire de la sympathie. La sympathie signifie que, par delà nos différences, nous avons conscience de partager les rigueurs de l'humaine condition. Le « sympa », c'est l'inverse : on affiche une convivialité de façade, « Pas de tutoiement entre nous, appelle moi Bob », pour mieux se débarrasser de tout ce qui pourrait ressembler, quelle horreur !, à des rapports vrais.

Une fois que le « sympa » a nivelé les rapports sociaux, miracle, comme un tour de prestidigitation, Gérard Majax puissance dix : les maîtres, les dominants, n'ont plus de devoirs. « Démerde toi. On se tutoie, tu es un grand garçon comme moi. Et vlan, tiens, pendant que j'y suis, je te donne un coup de pied sur la tronche pour t'enfoncer la tête dans le sable ».

On peut en voir des archétypes dans Jacques Chirac et François Hollande, par exemple : une jovialité de façade dissimulant un cynisme d'acier, un égoïsme de bronze et un mépris de granit. On n'invente pas l'expression les « sans-dents » par hasard.

A l'autre extrémité de l'univers, on n'imagine pas le Guépard « sympa » avec son personnel, mais on ne l'imagine pas non plus se dérobant à ses devoirs vis-à-vis de celui-ci.

Nous n'avons plus de guépards ni de lions, nous n'avons que des hyènes et des chacals, et qui s'en font une fierté.










vendredi, mars 10, 2017

De Port Aviation à Orly

Ceux qui ne connaissent pas l'excellente revue Icare ne savent pas ce qu'ils perdent.

C'est un peu le pendant institutionnel du Fana de l'aviation : Le Fana parlent surtout des pilotes et des machines, Icare plus des compagnies aériennes et des aérodromes.

Le numéro sur Orly me rappelle à quel point notre société qui s'enorgueillit de ses communications ultra-rapides est devenue lente, figée, immobile, incapable de la moindre décision.

Comparer l'histoire d'Orly et de Notre Dame Des Landes (1) est une flagellation pour les Français d'aujourd'hui. Inutile d'insister.

Icare, comme toute revue, est inégale, les sujets intéressent plus ou moins, mais c'est toujours un plaisir.

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(1) : je ne me prononce pas sur le bien-fondé, je n'en sais rien, mais la lenteur de décision, dans un sens ou dans l'autre, est choquante.

jeudi, mars 09, 2017

Primaires : le progrès fait rage

La tradition française était de trahir ses électeurs après les élections.

Les primaires introduisent une innovation qui mériterait un prix Nobel de la politique si ça existait : désormais, comme l'illustre abondamment François Fillon, on trahit ses électeurs avant les élections.

Le progrès fait rage.

C'est la merde électorale

Pas de peuple, pas de nation, pas de souverain (et vice-versa) et c’est pourquoi on ne trouve plus d’hommes d’Etat.

Vous connaissez ma conviction : peuple, souveraineté et démocratie sont intimement liés.

L’européisme a sapé la souveraineté. L’hyper-individualisme et l’immigration ont fracturé le peuple en communautés. C’est pourquoi notre démocratie est très malade. Ceci explique aussi qu’on ne trouve plus d’hommes d’Etat : il ne peut y avoir d'hommes d'Etat où il n'y a plus ni peuple ni nation.

Napoléon demandait des sacrifices au nom de la gloire de la France, De Gaulle demandait des efforts au nom du redressement de la France. Qui aujourd'hui sacrifierait quoi que ce soit pour la France, à part quelques fous ?

Cette thèse est soutenue par exemple par Zemmour et de Villiers.

Zemmour et Naulleau 08 mars 2017

(Naulleau est à un sommet de connerie, Pastureau est excellent).

Éric Zemmour : "Comme les Dalton, les candidats à la présidentielle ont leurs boulets"


La conclusion possible ? Il est vain d’attendre quoi que ce soit de cette élection.

Mais c’est excessif. Tous les candidats ne se valent pas. Du moins, la passion mise par certains est ridicule. Il est beaucoup plus utile de maintenir autant que faire ce peut la vie sociale française.

Une fois que l'on a compris que le vrai changement de politique, c'est-à-dire la dissolution de l'Euro et de l'UE, ne pouvait plus venir que de l'extérieur, on peut commenter les prochaines élections comme un genre de match de foot.

Allons y.

Toute le monde sait que Macron ou Fillon ne seront pas au second tour, entrainant leur famille politique avec dans leur faillite.

Il y a un mois, après les primaires de la droite molle et du centre (mou par nature), j'aurais parié que l'éliminé était Macron : c'est une outre gonflée de son propre vent, soutenue de manière un peu trop voyante par le Système. il a pour lui le quart de Français qui ont intérêt à ce que rien ne bouge vraiment et qui se donnent des slogans par antiphrases « Le changement, c'est maintenant », « En marche ! » pour dissimuler leur immobilisme forcené.

Seulement voilà : le mois écoulé a été cruel pour François Fillon, il a révélé à ceux qui l'ignoraient (dont j'étais en partie, malgré ma lecture de Buisson) qu'il est con et pusillanime.

Comme l'analyse un article de la triplette (Atlantico, Figaro Vox, Causeur), l'affaire Pénélope n'a été si dévastatrice que parce que ses partisans ne sont pas fermement accrochés.

Regardez Marine Le Pen : les affaires glissent sur elle comme sur les plumes d'un canard, une raison majeure en est que ses partisans ne doutent pas, ils sont convaincus qu'elle est ce qu'il faut à la France avec le programme qu'il faut et que les affaires pèsent peu face à cette certitude.

Inversement, si François Fillon s'est placé sur le terrain de la morale, choix qui lui est revenu avec justice en pleine gueule, c'est parce qu'il n'arrivait pas à se différencier sur celui de la politique.

Fillon est con : il n'a pas compris son électorat, malgré des analyses disponibles partout. Il a un programme très « France d'en haut », on ne gagne pas une élection avec ça.

Zemmour le dit fort justement face à Valérie Boyer et dans sa chronique RTL, ses électeurs ne veulent pas un recentrage mais une droitisation. Il n'a pas semblé remarquer qu'au Trocadéro, Macron était plus sifflé que Le Pen.

Et vient le deuxième défaut : Fillon est pusillanime. Tenace, mais sans courage, ni audace. Son premier réflexe a été de faire le toutou obéissant face à la presse et à l'appareil judiciaire, ce qui lui a inspiré le malheureux « Si je suis en examen, j'arrête ».

Il s'est repris depuis, mais pas complètement, il est toujours deux ou trois tons en-dessous de ce qu'il faudrait. Par exemple, au Trocadéro, il n'a pas cité un seul nom de juge, de journal ou de journaliste. C'est impardonnable : un combattant nomme ses ennemis, il ne reste pas dans les généralités vagues du genre « Mon ennemi, c'est la finance » (Fillon n'est même pas allé jusque là).

Comme tous les politicards de profession, il essaie de s'en sortir en louvoyant, en jouant sur l'ambiguïté, en godillant. Technique très vulnérable.

Bref, sans tête et sans couilles, il est mal barré.

Mais les dés continue à rouler, la baudruche Macron peut éclater à tout moment.  Les jeux ne sont pas faits.



















Programme économique du FN : écoutons les experts, vraiment ?

Gros tir de barrage dans les Echos et le Figaro contre le programme économique du FN. Les experts affirment : le protectionnisme c'est la guerre, la sortie de l'Euro c'est la misère.

Il y a juste quelques petits problèmes :

1) Les « experts » en question, ne sont-ce pas les mêmes qui n'ont pas vu la crise de 2008 et nous prédisaient des catastrophes en cas de Brexit et de Trump ? Crédibilité zéro. Et pour une raison claire : ils sont payés par des organismes (banques, instituts du grand patronat) qui ont intérêt à nous convaincre que nous vivons dans le meilleur des mondes, puisqu'ils en profitent avec une cupidité insatiable, et que nous ne devons surtout rien changer (des fois qu'ils profiteraient moins du nouveau monde).

Je préfère un Charles Gave à mille de ces « experts », qui depuis longtemps ont vendu leur âme pour un plat de lentilles.

2) Il y a dans tous les raisonnements de ces pseudo-experts un biais. Ils pensent toujours toutes choses égales par ailleurs. Or, c'est justement l'objet d'un vrai changement de politique de changer tout ou presque. Ainsi, la sortie de la France de l'Euro, ça n'existe pas.  La France ne resterait pas isolée face à des pays restés dans l'Euro. Si la France revenait au Franc, l'Euro éclaterait. Il ne peut donc y avoir sortie de la France de l'Euro mais seulement disparition de l'Euro.

Tous ces scénarios catastrophes des « experts » ne tiennent guère la route. Ils remplissent une fonction d'idéologie et de propagande, pas d'honnête débat.

Cela ne veut pas dire que la situation ne peut pas être pire qu'aujourd'hui. Cela veut juste dire que continuer dans la voie actuelle est le chemin de l'horreur économique sans fin, ce qui est un excellent moyen d'empirer notre situation. Alors, on peut choisir la fin de l'horreur, même si elle comporte de gros risques, le risque c'est la vie.

Sur le coté étatiste du programme du FN, je suis plus réservé, c'est le moins qu'on puisse dire, mais, comme par hasard, c'est la partie le moins attaquée (les connivents profitent beaucoup de l'Etat).

mardi, mars 07, 2017

Elections 2017 : faites sauter la banque !

La victoire de Marine Le Pen me semble moins improbable qu'il y a mois.

Deux gros arguments contre Marine Le Pen :

1) C'est un Hitler en jupons.

Ceux qui répandent cet argument usé jusqu'à la corde sont de moins en moins crédibles et l'affaire Fillon n'a pas arrangé les choses. De plus, les Français sont de moins en moins hostiles à une Mussolini en jupons (Hitler, c'est pousser le bouchon un peu loin).

2) Le Pen, c'est le saut dans l'inconnu.

Mais pas plus que le Brexit ou Trump, et il y a de plus en plus de Français qui préfèrent un saut dans l'inconnu à la continuation de la politique actuelle.

lundi, mars 06, 2017

Le fond de Fillon

L’affaire Fillon n’est pas si anecdotique qu’il y paraît. Bien sûr, les faits reprochés à François Fillon sont par eux-mêmes anecdotiques (même s’il finit par être condamné, ce qui est très loin d’être certain), ceux qui poussent des hurlements de douleur et se déchirent la poitrine sont des comédiens. En revanche, ce qui n’est pas anecdotique, c’est de savoir qui est souverain : la collusion des juges, de la presse et des notables ou le peuple français ?

D’après Carl Schmitt, est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle. Pour moi, cela règle la question de l’avenir de François Fillon : si on est démocrate, on doit considérer que le seul habilité à juger François Fillon est le peuple français. C’est à lui de décider s’il veut faire une exception pour François Fillon ou non.

Le sauve-qui-peut autour de François Fillon, est hallucinant : cette fuite éperdue, sous la pression de juges, de sondages et de médias discrédités -le mot est faible, passe au premier abord pour une hallucination, tellement ce comportement est veule, lâche et mesquin. On se pince pour y croire. Et cette racaille veut être député, ministre ?

Bien malgré lui, Fillon se trumpise. Espérons pour lui qu'il saura le comprendre et l'assumer.

Le coup de pied de l’âne de Juppé nuira-t-il vraiment à un Fillon trumpisé ?

S'il y arrive, il aura autant de chances de l'emporter que Trump.

J'espère que vous goûterez comme moi les gazouillis de Jean-Marie Le Pen. Le menhir est en forme :



Quelques articles bien saignants :

1) Juppé s'est montré égal à lui même, c'est-à-dire un pauvre con, sans noblesse ni envergure, mesquin, rancunier un petit mec, ce qui est navrant à son âge (si Juppé a été un jour gaulliste, moi j'ai été indien guarani avec une plume dans le cul) :


« Des militants radicalisés » : le jour où Alain Juppé a cessé d'être gaulliste

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Alain Juppé sait qu'il n'incarne ni « l'exemplarité » ni le « renouvellement » qu'attendent les Français. «Il est trop tard», reconnaît-il. Il ne se présentera pas. Mais, au lieu d'appeler au rassemblement, à la cohésion, le voilà qui se livre à un dégommage en règle du candidat Fillon. Il pointe son « obstination » ; il critique «l'impasse» de sa stratégie de défense dénonçant un « prétendu complot » et un «assassinat politique» (ce que le principal intéressé a tempéré au Trocadéro) ; il lui reproche de n'avoir conservé derrière lui qu'un « noyau radicalisé » (!) des sympathisants LR. Bref, il dilapide la moitié de son intervention télévisée à carboniser l'image de François Fillon. Cette posture fait écho aux déclarations de Nicolas Sarkozy, qui propose une réunion dans l'urgence pour préparer une « voie de sortie digne ». Digne ? La dignité se logerait-elle de nos jours dans les trahisons en série, les revirements opportunistes, les sabotages perfides, les dérobades décomplexées ?

Ainsi en a décidé la meute. Coûte que coûte, elle torpille celui dont elle ne voulait pas et que personne n'avait vu venir, elle crache sur sa ténacité, elle prophétise son éviction du second tour en agitant le chiffon rouge du « fanatisme » du FN ou de « l'immaturité » de celui qui fut « l'instigateur de la politique économique » de François Hollande. En somme, si la droite perd, ce sera exclusivement la faute de Fillon. Chacun s'exonère en amont de sa part de responsabilités avant même les résultats du scrutin. Les bourgeonnements printaniers de la fausse vertu puisent leur engrais dans la couardise. Alain Juppé va jusqu'à caricaturer l'électorat du Trocadéro, qui ne serait donc qu'un vulgaire ramassis de réacs cathos. « Radicalisés ! » pour une foule calme qui agite des drapeaux tricolores ! Avec ce terme il a confirmé qu'il n'avait plus grand-chose d'un gaulliste.
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Gilles-William Goldnadel : « En France, la justice et les médias sont intouchables »

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Qui pourrait me montrer le texte légal qui proscrirait la critique du système judiciaire ou médiatique ou celle de certains juges ou journalistes ? Il est certes prohibé de jeter le discrédit sur une décision de justice particulière, et ce en termes méprisants. La dernière fois qu'il m'a été donné d'entendre critiquer un jugement, c'était M. Benoît Hamon qui y procédait, en des termes sévères, au micro de France Inter.

[…]

Qui pourrait m'indiquer pour quelles raisons morales, seuls les journalistes et les juges, pour qui n'existe déjà aucun véritable contre-pouvoir, et le système qui les régit, seraient incritiquables ou intouchables, à l'instar des vaches sacrées ?

[…]

On peut sans doute tout faire au peuple de France. Le désinformer, l'empêcher de se réformer, de défendre son identité, sa culture ou son intégrité. Fausser le jeu démocratique et judiciaire. Tout, sauf le droit de l'empêcher de dire qu'il n'est pas dupe de la duperie d'un procédé et de la duplicité d'un système.
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François Hollande, la droite et le FN : le retour du pompier-président-pyromane !

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Il est des grands classiques de la politicaillerie mitterrandiste qu'aucun dirigeant socialiste digne de ce nom n'entend négliger. Agiter l'épouvantail du FN après voir tout fait pour le voir monter est une de ces figures obligées, comme on en trouve en patinage artistique.

Sauf que la piste est de plus en plus glissante, les patins de plus en plus rouillés et le patineur de plus en plus fatigué. C'est donc en athlète en bout de course que François Hollande a mis pour la énième fois en garde les électeurs contre le danger que le ventre fécond accouche d'une bête immonde qui finira par naître vieillarde à force de voir sa mise au monde annoncée puis retardée.

[…]

On peut aller plus loin et se demander si Hollande, à la veille d'être congédié de l'Élysée, n'est pas secrètement tenté de jouer la tactique de la terre brûlée. À force de crier au loup, il signale à cette bête intelligente que la porte de la ville est dégarnie de défense et prépare les esprits des bourgeois à la voir arriver. C'est une sorte d'anticipation auto-réalisatrice sur fond de rouerie politicarde.

Mais il y a peut-être une autre explication. François Hollande est soupçonné d'aider Macron en sous-main. Le report des voix de droite « républicaine » sur le télévangéliste de l'oligarchie dans une deuxième tour face à Le Pen est moins qu'assuré. Si Fillon est sèchement éliminé, la fureur de son électorat pourrait le conduire à voter pour la candidate du Front national au second tour. Il ne faut pas oublier que la France est aujourd'hui majoritairement de droite, toute nuance confondue. Il suffirait donc que Marine Le Pen parvienne à adoucir son image et à assimiler Macron à Hollande pour que les sondages soient cruellement démentis, de la même manière qu'ils l'ont été aux États-Unis ou en Grande-Bretagne récemment.

Mais, ici aussi, François Hollande joue avec le feu. Plus il soutiendra Macron ouvertement, plus il fera partager la détestation populaire qui l'accable à ce successeur éventuel et quasi-fils spirituel.

En contribuant à faire battre Macron, François Hollande aura alors achevé en apothéose son entreprise de destruction de la Ve république et même de l'Union européenne. Et le tout en paraissant œuvrer pour le contraire !

Un vrai triomphe historique pour cet enfumeur-né …
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dimanche, mars 05, 2017

Vers une victoire de Marine Le Pen dès 2017 ?

Je me pose de plus en plus la question.

On nous dit habituellement que Marine Le Pen menace notre démocratie et nos valeurs.

Certes, mais je soupçonne que les électeurs commencent à se demander si Marine Le Pen menace plus notre démocratie et nos valeurs que François Hollande, l'ordonnateur des basses oeuvres, Jean-Pierre Jouyet, l'exécuteur des basses oeuvres, Michel Gaillard, directeur du Canard Enchainé, les juges Houlette et Tournaire, relais plus que consentants de ces basses oeuvres.

Le plus navrant dans cette affaire Fillon qui met à jour tous les vices politiques de notre pays, c'est qu'elle est vide, c'est de la mousse médiatique, des peccadilles.



La machine à « éliminer Fillon rappelle les procès staliniens »

Je suis dans une situation paradoxale.

Je ne crois pas que François Fillon soit l'homme qu'il nous faut et je n'aime pas son positionnement politique. Mais l'assassinat politique organisé contre lui est une atteinte à notre démocratie et à ma liberté d'électeur. Je considère donc conforme à l'honneur de le défendre car, à travers lui, c'est la sincérité du prochain scrutin que je défends.

A l'inverse, je considère aujourd'hui comme un déshonneur de l'attaquer - ceux qui l'attaquent  tirent sur l'ambulance, ce sont des hommes de peu, des minables. Rappelons que, à la condition des 500 parrainages, tout le monde peut se présenter. Que ceux qui font la leçon à Fillon et se prétendent supérieurs se lancent. Henri Guaino a eu le courage de le faire et je le respecte pour cela.

J'espère que si Jean-Luc Mélenchon avait été dans la même situation, j'aurais eu exactement le même discours. C'est mon coté mousquetaire.

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La machine à « éliminer Fillon rappelle les procès staliniens »4 MARS 2017 | POLÉMIA♦

 Jean-Eric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, estime que le candidat François Fillon est plus malmené que le justiciable ordinaire. Pour lui, l’électeur est devenu l’otage de la procédure.

[Dans sa déclaration mercredi 1er mars, François Fillon a fait référence à une analyse de Jean-Eric Schoettl publiée dans la revue Les Petites Affiches, mardi 14 février. Consacré aux assistants parlementaires du candidat LR dans le cadre de l’enquête préliminaire, ce texte insistait notamment sur la séparation des pouvoirs. M. Schoettl livre ici une tribune en défense de M. Fillon.]

La reconnaissance empressée par le juge judiciaire de sa compétence – pourtant contestable – dans ce qui est devenu l’affaire Fillon pose d’autant plus problème qu’elle accompagne un pilonnage médiatique ayant pour effet, sinon pour objet, de fausser le jeu du suffrage universel à la veille d’une élection déterminante pour l’avenir de la nation. Elle est préoccupante pour l’équilibre des institutions parce que, au-delà de la notion juridique de séparation des pouvoirs, elle fait objectivement interférer la justice avec une échéance électorale majeure.

La tradition de « retenue » du juge à la veille d’une élection a toujours été scrupuleusement respectée par le juge administratif. Elle le conduit, à l’approche d’une élection, à reporter certaines décisions – découpage des circonscriptions, affaire mettant en cause un candidat, etc. – et à en suspendre l’instruction – pour éviter de perturber les opérations électorales ou d’altérer la sincérité du scrutin. C’est aussi une question de dignité de la justice qui ne doit ni se laisser instrumentaliser par les joutes politiques ni donner le sentiment qu’elle cède à un biais partisan. C’est enfin une question de déontologie et d’éthique de la responsabilité.

Le juge du siège, a fortiori le parquet – dont la mission est d’apprécier l’opportunité des poursuites – ne peuvent se désintéresser des conséquences de leurs actes. Ainsi, la considération de l’impact d’une décision sur l’ordre public ou la prise en compte de l’état d’encombrement carcéral influent fréquemment sur la nature et les modalités d’exécution des mesures d’instruction ou de la peine prononcée.

L’anticipation, par le juge, des incidences de ses actes sur l’environnement social se justifie plus encore pour le calendrier de la procédure, dès lors, d’une part, que les poursuites peuvent avoir lieu ultérieurement et que, d’autre part, les faits ne sont pas si graves et avérés que la célérité s’impose nonobstant le contexte. En l’espèce, l’empressement à poursuivre, souligné par la promptitude de la mise en examen – dont les répercussions sur l’opinion publique sont considérables, celle-ci y voyant une confirmation de la culpabilité –, fait fi des réalités du temps électoral.

S’il n’y a pas volonté de faire échec à une candidature, ce qui constituerait un cas gravissime de « partialité subjective », il y a du moins froissement de « l’impartialité objective » : un magistrat ne doit pas seulement être impartial, il doit aussi donner à voir qu’il l’est. En la matière, comme nous le répète avec insistance la Cour européenne des droits de l’homme, les apparences comptent. L’indépendance du juge doit s’affirmer « à la cantonade » non seulement à l’égard des autres pouvoirs, mais encore à l’endroit de ses propres inclinations, préjugés et passions.

Un feuilleton judiciaire

Comment, dans ces conditions, ne pas ressentir un profond malaise devant un feuilleton judiciaire devenu le carburant essentiel du bûcher médiatique, alimentant régulièrement celui-ci, à coups de communiqués et de fuites, aux dépens de la présomption d’innocence, des droits de la défense et du secret de l’enquête et de l’instruction ? Pourquoi cette mise en examen décidée quelques jours après l’ouverture de l’instruction, en plein recueil des parrainages, alors que, dans les cas ordinaires, sauf évidence accablante ou demande du justiciable, la mise en examen n’intervient qu’après des semaines ou des mois ?

L’impression produite est que le contexte est bien, en effet, pris en compte, mais à l’inverse de ce à quoi invite le respect des échéances démocratiques. Le candidat est plus malmené que le justiciable ordinaire. L’électeur devient l’otage de la procédure.

Comment ne pas s’inquiéter de la santé de notre vie démocratique en voyant une personnalité politique éminente, porteuse d’un projet qui, quoi qu’on en pense sur le fond, a rallié des millions de suffrages lors d’une primaire impeccablement conduite, déstabilisée en plein compte à rebours de l’élection présidentielle – y compris après que le décret de convocation a été publié au Journal officiel – par des imputations diffusées en boucle, portant sur des faits anciens, non avérés et d’importance subalterne au regard des perspectives collectives ?

Comment ne pas se désoler, en tant que citoyen, en voyant les questions programmatiques évincées par un battage que l’intéressé ne peut combattre qu’en se faisant accuser de conspirer contre l’indépendance de la justice et la liberté de la presse, s’enferrant ainsi dans un piège qui rappelle les procès staliniens – peloton d’exécution en moins, mais avec un même enjeu d’élimination d’un acteur politique ?

Quels lendemains ce charivari aux conséquences imprévisibles prépare-t-il aux rapports entre élus et justice ? et, plus généralement, à une collectivité nationale qui, remontée contre les partis de gouvernement, habitée par la petite musique du « tous pourris », troublée par ce qu’elle comprend d’autant moins qu’on le lui ressasse de façon brouillonne, se tourne de plus en plus vers des aventuriers ?

Obstination à poursuivre

C’est à ces lendemains qui déchantent que risque de mener, quoi qu’on en dise, l’empressement à poursuivre. Pense-t-on vraiment que la justice n’a pas à s’en soucier ? L’indépendance du juge est-elle synonyme d’autisme ? Doit-elle se payer au prix fort d’une issue électorale chaotique ?

En l’espèce, la retenue judiciaire n’aurait pourtant pas eu d’effet exonérateur et n’aurait pas rompu l’égalité devant la justice, puisque des poursuites sont possibles au lendemain de la défaite du candidat ou, s’il est élu président de la République, à l’expiration de son mandat. Les délais de prescription sont, en effet, suspendus en vertu de l’article 67 de la Constitution dans sa rédaction issue de la loi constitutionnelle du 23 février 2007.

Bien sûr, comme le souligne le garde des Sceaux, la justice n’a pas à suspendre son cours à la veille d’une élection. Mais il ne s’agit, ici, ni de la justice en général ni de la généralité des instances. Il s’agit d’une affaire singulière, intéressant un événement crucial pour notre vie démocratique. Il était loisible au parquet, en l’absence de toute plainte d’un tiers, d’ouvrir son enquête – ou du moins l’instruction – après le scrutin, s’il estimait que les faits le méritaient et qu’il était compétent pour en connaître.

L’obstination à poursuivre se manifeste, en outre, de façon significative, par la saisine du juge d’instruction la veille, ou presque, de la publication de la loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale, qui aurait provoqué la prescription de la plus grande partie des faits incriminés. La mission du parquet est d’apprécier l’opportunité des poursuites et, dans ce cadre, de tenir compte du retentissement que peut avoir une collision entre temps judiciaire et temps électoral.

Quant à l’instruction, la simple observation du temps judiciaire ordinaire aurait évité de perturber gravement le temps électoral. Les surprises électorales enregistrées depuis un an dans de grandes démocraties occidentales ne devaient-elles pas conduire chacun à plus de circonspection dans le choix du moment ?

Jean-Eric Schoettl 2/03/2017

La pantalonnade de la campagne électorale de la fausse droite

C'est la panique, comme si on avait donné un coup de pied dans une fourmilière.

Voici les noms qui circulent pour remplacer Fillon : Larcher, Juppé, Borloo, Baroin. Pourquoi pas Chirac, pendant qu'on y est ? Ou Balladur ? Ou Giscard ? Ou Bozo le clown ?  Ou Lady Gaga ?

Faut-il qu'ils aient perdu la tête !

Il n'y a évidemment qu'un seul candidat possible, c'est celui issu des primaires (dont je rappelle que, jusqu'à plus ample informé, il n'a pas tué père et mère). Certes, il est mauvais. Mais qui a organisé les primaires contre les avis disant que c'était idiot ? Qu'ils assument maintenant.

Assumer ? C'est justement pas leur truc à ces gens là. Je les savais nuls, mais à ce point ! Ils arrivent encore à m'étonner.

Bien sûr, l'explication est connue : la fausse droite est depuis longtemps une écurie d'ambitions et d'ego, dépourvue de la moindre once d'idée.

Une conviction, à part celle de sa propre grandeur, y serait jugée inconvenante, un peu comme péter en présence de la reine d'Angleterre. Heureusement, on ne court aucun risque.

C'est pourquoi, dès qu'il y a tempête, les rats quittent le navire.


samedi, mars 04, 2017

Le Sud pouvait-il gagner la guerre de Sécession ? (V. Bernard)

Ce n'est pas une uchronie, mais un examen des possibles.

Résumons : le Sud a souffert de beaucoup de choses, notamment d'un manque d'encadrement compétent. Chaque indisponibilité d'un  bon général sudiste (maladie, mort) est une petite catastrophe.

Mais c'est la stratégie qui péchait. Le Sud a mené une guerre offensive sur le théâtre oriental, entre Richmond et Washington, les 160 kilomètres où ont eu lieu toutes les batailles célèbres, alors qu'il a perdu la guerre sur le théâtre occidental et qu'il aurait pu adopter une position défensive à l'est.



Napoléon et De Gaulle. Deux héros français (P. Gueniffey)

Le grand plaisir de ce livre est que, contrairement à la quasi-totalité de nos penseurs politiques, Pompidou compris, l'auteur ne regrette pas que les Français soient français et non pas anglais.

La vie politique en France serait tellement plus simple si nous avions l'habeas corpus, une longue tradition de libertés locales et de liberté individuelle, un parlement séculaire, une habitude de l'opposition constructive et des ajustements judicieux ...

Mais non, nous sommes Français, de ce pays des crises politiques, « que la Providence a créé pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires ». Et Patrice Gueniffey l'assume. Ca fait le plus grand bien.

Il sait que Napoléon a laissé la France plus petite qu'il ne l'a prise. Mais il ne compte pas pour rien la gloire de l'épopée. Napoléon sera toujours plus admiré que Parmentier.

Bien qu'il ne le dise vraiment que dans l'introduction, on sent tout au long sa préoccupation de la situation actuelle.

Il est clair : supprimer les grands hommes de l'enseignement de l'histoire préparait la suppression de cet enseignement, car l'histoire est faite, qu'on le veuille ou non, par les grands hommes. Il n'y a pas qu'eux, mais sans eux, il n'y a pas d'histoire.

Oubliez César, Jeanne d'Arc, Napoléon et De Gaulle et l'histoire change. Oubliez dix mille Marcel Duchemol, et l'histoire ne change pas.

Guéniffey ne dissimule pas les ombres de ses héros, les Cent-Jours pour Napoléon, l’Algérie pour De Gaulle, mais il les remet en perspective, en explique les raisons, à défaut de les approuver. On a tendance à croire les grands hommes tout-puissants. Bien souvent, ils le sont sur leurs subordonnés, mais pas sur leurs partenaires, leurs ennemis et les événements. Napoléon a pu dire, avec un brin de coquetterie, qu’il avait été contraint par les circonstances, que jamais il n’avait été libre. Guéniffey fait une remarque très judicieuse. Nous sommes la première génération dans l’histoire de France à n’être ni une génération de la guerre ni une génération d’après-guerre. Cela déforme notre perception de Napoléon et de De Gaulle. Nous n’avons plus qu’une perception livresque et très déformée de la guerre. Nous ignorons maintenant qu’on ne fait pas la guerre sans raisons (1), qu’elle n’est pas une fantaisie meurtrière, qu’il y a pire que la guerre, il y a la servitude.

Mais aussi que la guerre n’est pas qu’horreur, elle communique une exaltation qu’on ne trouve pas dans la paix. Apollinaire, Genevoix, Jünger, en parlent. Pour le cas qui nous intéresse, Marmont explique dans ses mémoires que les généraux du Consulat et du début de l’Empire étaient jeunes et fougueux et ne se souciaient pas trop du lendemain, rêvaient de gloire et vivaient à plein comme on ne vit que sous la menace de la mort. Rappelons quelques chiffres à propos de Napoléon : général à 24 ans, chef de l’armée d’Italie à 27 ans, premier consul à 30 ans, empereur à 35 ans. Ce qui était vrai pour les généraux n’était pas faux pour les soldats. C’est la citation de Chamfort par De Gaulle, dans l’un de ses discours les plus émouvants, celui de l’Albert Hall du 11 novembre 1942 : « Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu ».




Nous ignorons aussi à quel point pèsent les contraintes de la guerre sur la politique intérieure et extérieure.

Il y a des oppositions nettes entre Napoléon et De Gaulle : l’un est porté par le peuple, l’histoire et les élites, l’autre s’est fait contre le peuple, contre l’histoire et conte les élites. Si l’intelligence de Napoléon est extraordinaire (le fameux « coup d’œil » qui fascinait Clausewitz), le caractère de De Gaulle dans l’adversité ne peut que forcer l’admiration.

Ils ont en commun d’entretenir une ambition qui dépasse leur personne. Si on fait un bilan technocratique de l’épopée napoléonienne, c’est un désastre, la France amoindrie, les morts, les sacrifices. Mais le monde n’est pas technocratique, c’est même l’inverse.

Guéniffey exécute Raymond Aron. Il n’a pas compris grand’chose à Napoléon et rien à De Gaulle. Comme la plupart des libéraux centristes, il est procédurier, ce qui revient toujours à de la mollesse. Il privilégie la quiétude pour la quiétude, sans prendre en compte qu’il y a des situations exceptionnelles où la quiétude n’est pas pertinente (voir par exemple aujourd’hui Bayrou ou Bilger, qui ont le même tropisme). Comme tous les libéraux, il est incapable de considérer les dimensions collectives, passionnelles et tragiques du pouvoir. La politique n’est qu'une partie de bridge entre grands bourgeois (voir mon explication sur les bourgeois et la violence).

Si De Gaulle avait agi suivant les recommandations d’Aron, il n’aurait rien fait. Aron était assez intelligent pour reconnaître ses erreurs, mais il n’avait pas une conception assez juste de la politique pour ne pas les faire.

 Guéniffey insiste aussi, à raison me semble-t-il, sur la supériorité intellectuelle de Napoléon et de De Gaulle, sur leur capacité, fascinante pour leurs subordonnés qui n'étaient pas des médiocres, à aller à l'essentiel. La visite de De Gaulle, dont tout le monde convient qu'il n'était pas un savant atomiste, au CEA est frappante. On retrouve, sous une forme administrative, le coup d'oeil napoléonien.

D'où leur facilité pour attirer, choisir et exalter les talents. Gaudin, ministres des finances de Napoléon, explique qu'il a refusé les offres du Directoire mais qu'il a senti qu'avec Bonaparte, cela valait le coup. Debré, homme de réel talent sous De Gaulle, redevient un politicien ordinaire sous Pompidou.

Il y a, sous ses hommes exceptionnels, une émulation des talents comme il y a sous Hollande une émulation des médiocrités et des bassesses.

Et les problèmes apparemment insolubles qui trainaient depuis des années sont soudain résolus sans effort.

Puis, cette énergie concentrée, cette convergence des talents, finit par se défaire avec le temps, une fois que les drames les plus pressants sont enfin dénoués.

La boucle est alors bouclée. La voie française de la politique, si différente de la tradition anglo-saxonne de la démocratie parlementaire, a produit son effet : médiocrité, drame, sauveur, dictature ou quasi-dictature, problème résolus, grandeur, épuisement, retombée dans la médiocrité. Et ainsi de suite.

Le problème, c'est que nous n'avons aucune garantie qu'il surgira toujours un grand homme au bon moment. L'histoire de France depuis la révolution est une partie de poker permanente (Jean Dutourd : « Tant que le principe monarchique était préservé, il pouvait arriver malheur aux Français, mais pas à la France. Depuis que quelques têtes chaudes et la trop grande mollesse d'un roi ont changé cela, le principe est inversé : il peut arriver que les Français soient heureux, mais la France est condamnée au malheur et à l'instabilité »).

Pour l'instant, le miracle a toujours fini par se produire, mais nous ne sommes sûrs de rien. Le 8 mai 2017, nous aurons un vote dont nous savons déjà que le résultat sera catastrophique. Pour l'instant, aucun signe d'un sauveur à l'horizon.

Quelle leçon j'en tire ? Qu'il ne sert à rien de regretter toujours que les Français ne soient pas des Anglais. J'ai, comme d'autres, souvent ce regret mais il n'est d'aucune utilité. Favorisons, au risque de nous fourvoyer, l'émergence du sauveur, puisque telle est la voie française, insatisfaisante, périlleuse, mais la seule qui existe vraiment.

Mais le temps des grands hommes est passé, les valeurs qui faisaient les héros sont en dormition, remplacées par les valeurs féminines, avec leur cortège d'anarchie et de dissolution.

« Le 15 mai 1796, le Général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur ... »



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(1) : nous oublions que la première victime la guerre est la vérité. La crédulité des medias est extraordinaire.






Vous trouverez une recension ici.




Une mesure de Mélenchon avec laquelle je suis d'accord !

Mélenchon propose de plafonner à vingt fois le salaire le plus bas de leur entreprise le salaire des dirigeants. Hé bien, je suis entièrement d'accord.

Et l'argument est simplissime : la décence.

C'est bien parce qu'au nom de l'égoïsme posé comme sacré, on a perdu toute notion de décence que notre société se désagrège.

Le plus emmerdant dans l'affaire des augmentations des dirigeants d'Air France, c'est qu'ils ne semblent même pas comprendre qu'il y ait un problème.



Etranges pontes LR

On sent bien que ça démange tous les pontes LR de faire exactement ce que les procureurs de gauche leur ordonnent et de lâcher Fillon et que la seule chose qui les retient, c'est la peur de se prendre des claques par les militants.

C'est quand même extraordinaire d'être soumis à ses bourreaux à ce point. On dirait des femmes battues.

vendredi, mars 03, 2017

La débâcle de la fausse droite

Le spectacle des rats quittant le navire autour de Fillon est pitoyable, des gens sans honneur. En plus, ils sont bêtes, mais bêtes ... Comment peuvent-ils croire qu'un Juppé écrasé aux primaires ait la moindre chance ?

Je constate une fois de plus que la classe médiatico-politique se préoccupe beaucoup plus du qu'en-dira-t-on parisien que de la France.

Leur seule préoccupation est d'obéir aux injonctions, pardon, aux ordres, des salopards gauchistes (rappelons que toute cette affaire est bâtie sur du sable : les sommes en jeu sont dérisoires et les poursuites sont probablement inconstitutionnelles).

Il sont tellement pitoyables que, d'une certaine manière, cela devient comique.

Malheureusement, on ne peut même pas espérer de cette pantalonnade amènera la clarification tant espérée. Sauf si ...

Sauf si Fillon réussit à se maintenir et à atteindre le deuxième tour. Ou si Fillon est remplacé et le remplaçant prend la branlée du siècle.

Or, cette hypothèse a une forte probabilité : soit Fillon se maintient et il est au deuxième tour (je ne crois pas une seconde les sondages), soit il est remplacé et les électeurs de droite seront tellement vexés qu'ils vont se déchainer contre.

Les couilles molles de la fausse droite ne se rendent même plus compte qu'ils rendent une victoire de Marine Le Pen possible. Car ils sont en train de faire sauter les barrières psychologiques qui empêchent les électeurs de droite de voter Le Pen.

Finalement, tout ne va pas si mal. On aura encore cinq ans de merde, mais le paysage politique sera prêt pour une vraie alternance en 2022. Surtout que je n'oublie pas l'environnement international : Trump en sera à son deuxième mandat, le Brexit aura eu lieu et l'Euro n'existera probablement plus.

Sinon, je me pose une question : Zemmour aura-t-il ses 500 signatures ?


Fillon, c'est fini (les rats quittent le navire)

Les défections se multiplient autour de François Fillon. La situation devient intenable.

Ce n'est pas glorieux car ces défections sont basées sur du vent, ou, plus exactement, du bruit médiatique, un théâtre d'ombres. Il n'y a pas d'affaire Fillon : il a payé sa femme comme attachée parlementaire pendant des années comme beaucoup qui n'ont aucun ennui et, en plus c'est ancien, la belle affaire !

En même temps, cette injustice comporte une justice immanente. Pour être président, résister ne suffit pas, il faut tuer, et Fillon n'est est pas un tueur. Et puis, il est juste que la fausse droite paye des décennies de soumission à la gauche (si elle avait épuré la presse, la justice et l'université, elle n'en serait pas là).

Nous allons donc nous retrouver à choisir entre Macron et Juppé (pour ma part, je préfère Macron, ça permet au moins de liquider la fausse droite). De toute façon, placé devant ce choix, je voterai Le Pen, et je ne serai pas tout seul.

C'est Buisson qui doit se fendre la poire.

Il faudra un jour faire le procès de François Hollande, qui a réussi à fausser une élection cruciale. Le peloton d'exécution dans les fossés de Vincennes.

Fillon a certes un recours : l'appel au peuple. Mais pour que ça marche, il faudrait qu'il fût considéré comme l'homme du peuple, il est homme de de Castries.

Pour sauver les meubles, il pourrait appeler au secours Zemmour et de Villiers, mais cela suppose une audace et une imagination dont il est incapable. Il n'a déjà pas été capable de virer les félons avant qu'ils ne le quittent.

Le Pen, le moindre mal ?

Il y a quelques semaines, vous m'auriez interrogé sur mon vote, je vous aurais répondu : « Je vais m'abstenir, mais si vous tenez absolument à voter, vous pouvez voter Fillon, c'est le moindre mal ».

J'en suis désormais moins sûr.

Il n'y a pas d'affaire Fillon, cela fera comme les diamants de Bokassa : c'est juste une manoeuvre destinée à éliminer un candidat par une guerre de représentations. Une fois l'hystérie de la campagne passée, les imbéciles qui s'y sont laissé prendre oublieront même qu'elle a existé et, bien entendu, l'objectif ayant été atteint, les poursuites s'arrêteront.

En revanche, cette attaque de salopards de compétition a révélé toutes les faiblesses latentes du candidat Fillon.

Faiblesses personnelles, manque d'anticipation, manque de réactivité, manque d'agressivité, mais, surtout, faiblesse politique : une ligne anachronique (Thatcher, c'était en 1978 et Maastricht en 1992) et un parti laissé à lui-même (donc capable du pire, vu q'u'il est composé d'imbéciles, de lâches et d'arrivistes - beaucoup parvenant à être les trois à la fois). Un manque flagrant de compréhension de l'époque, il n'a visiblement pas compris Farage et Trump, Guilluy, Zemmour et de Villiers.

C'est pourquoi, reprenant ma phrase initiale, je dirais : « Je vais m'abstenir, mais si vous tenez absolument à voter, vous pouvez voter Le Pen, c'est le moindre mal ».

Pourquoi ? Parce qu'une élection de Marine Le Pen pourrait forcer cette union des droites indispensable à la France et clore, enfin, le malheureux épisode mitterrando-chiraquien (ce qu'a raté Sarkozy pendant son quinquennat). Marine Le Pen n'aura pas de majorité parlementaire sans l'UMP et l'UMP n'aura pas de pouvoir sans Le Pen, ils seront donc bien obligés de trouver un accord. Alors que, pour l'instant, l'élection de Fillon serait cinq ans de plus de Système.

Addendum :



  • Comme prévu, le parlement européen a voté hier à une écrasante majorité la levée de l'immunité parlementaire de MLP.
    Comme j'étais présent dans l'hémicycle, j'ai pu voir que la quasi totalité des députés UMP a voté pour (vote à main levée)
    Ils sont tellement cons qu'ils cautionnent au parlement européen ce qu'ils fustigent en France concernant Fillon, à savoir une instrumentalisation de la justice par les socialos pour voler l'élection présidentielle au peuple français.

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      Peter Hitchens soutient que UKIP a tort de s'attaquer au Labour, son vrai ennemi est le parti conservateur.
      En France, c'est pareil. Le FN a parfaitement raison de cibler l'UMP, j'espère une union des droites mais elle ne sera possible qu'après avoir mis l'UMP à genoux.


Addendum 2 : chez Philippe Bilger (c'est une brêle en politique, très bourgeois qui dine en ville, mais il arrive que des commentaires soient intéressants).

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Deux fois, ça suffit. La première François Fillon se fait voler une victoire immanquable à la tête du premier parti de la droite par Copé. La deuxième il est incapable de réagir en futur chef d’Etat à des accusations abracadabrantesques.

Qu’est-ce que ce général qui ne sait pas attaquer ses adversaires : cinq ans à Matignon et il n’a pas de dossiers sur Macron ? sur Hollande ? Il nous invoque les mânes du général et il n’a pas de Foccart à ses côtés ? Il croit que la politique se fait en gants blancs ? Il croit que les Pasqua, les Roland Dumas, et autres sicaires ne sont pas nécessaires ? Qu’est-ce que ce général qui se laisse enfermer par une troupe de juges dans une citadelle indéfendable ? Les Bazaine jadis on les fusillait.

Au lieu de traiter par le mépris ces Dandin du parquet national financier, invoquer son immunité parlementaire [il n'a pas l'immunité parlementaire] et parler fort au nom de la séparation des pouvoirs, seul fondement de la démocratie, il geint, joue les victimes, biaise sur le fond.

Au diable, ce paltoquet qui ne sait être ni César, ni de Gaulle.

Rédigé par : olivier seutet | 03 mars 2017 à 09:59
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mercredi, mars 01, 2017

Le putsch électoral peut-il rater ?

L'équipe Hollande + fanatiques judiciaires + vautours de presse a piégé François Fillon et celui-ci, mauvais comme cochon, a accumulé les erreurs stratégiques et tactiques qui ont joué dans la main de ses ennemis (à ce stade, on ne peut plus parler d'adversaires mais bien d'ennemis).

Si on a le goût de l'humour noir, on peut remarquer un coté comique à cette affaire : ce qui est reproché est anodin. Voir le comportement de ceux qui en font des tonnes dans cette affaire par rapport au ridicule des faits prête à rire.

Toujours est-il qu'il s'agit d'un véritable vol d'une campagne électorale à un moment crucial pour le pays. C'est une forfaiture, un crime contre le pays, dont j'espère, si Fillon ou Le Pen étaient élus, qu'il sera puni avec la plus grande sévérité.

Un signe de la grave crise de notre démocratie est qu'aucune voix ne se fait entendre à gauche pour soutenir Fillon et exiger un combat à la loyale.

La classe jacassante parisienne est persuadée que ce putsch électoral a déjà réussi, qu'Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour et qu'Emmanuel Macron sera président.

Mais la caste n'est pas le peuple. Est-ce si sûr que le peuple va s'y laisser prendre ?

Digression : ces histoires remontent encore Trump dans mon estime. La comparaison Fillon / Trump est cruelle pour le Français.