vendredi, mai 12, 2017

En attendant, je lis René Cassin (homme libre, toujours tu chériras la mer)

En attendant que la politique reprenne ses droits après le culte de la personnalité macronien, je lis René Cassin Les hommes partis de rien, sur les premiers gaullistes.

En trois pages, il décrit le lâche soulagement, à l’annonce de la cessation des combats, de la grande bourgeoisie française réunie à Bordeaux. Leur joie de la défaite française. La description est écœurante, à vomir. Les sourires radieux, les femmes qui papotent. Chez les plus hypocrites, la fausse commisération … Ce n'est pas sans me rappeler le comportement des macronistes victorieux.

Mais il décrit aussi autre chose. Quelques hommes révoltés. Après, ils réfléchissent, ils conceptualisent, mais la première réaction est viscérale, le fameux « Ah ! C’est trop bête ! » (1) de De Gaulle. Conséquence directe, leur résolution de « faire quelque chose ». Chez Cassin, comme chez De Gaulle, l’idée s’impose immédiatement, il faut commencer par s’extraire de ce cloaque (ce que n’a pas su faire Paul Reynaud).

On nous dit que la politique, c’est super-vachetement compliqué et qu’il faut laisser cela aux experts. C’est un rideau de fumée pour justifier qu’on préfère tenir le peuple à l’écart. Certes, dans son exécution, il y a des complexités mais pas dans son dessein.

Le chemin de l’honneur et du devoir est simple à discerner et peu encombré (2). Ensuite, d’autres considérations, personnelles, familiales, peuvent entrer en conflit avec la politique pour expliquer les comportement individuels, mais cela ne signifie pas que le devoir est caché.

Quelquefois, il faut savoir s’écarter physiquement, prendre le bateau, comme René Cassin. La France, parce qu’elle a le deuxième territoire maritime du monde, peut s’évader de l’étroit, et mortifère, carcan européen. Ce n’est bien entendu pas un hasard si l’UE exerce une forte pression pour que la France se débarrasse de ses confettis d’empire.

Je me souviens du discours de Mme Tabarly engueulant les politiciens présents lors de l'hommage national à son mari. Elle les accusait, au nom de celui-ci, de négliger les atouts maritimes de notre pays. Une femme de caractère.

Une conférence de PY Rougeyron sur la France et la mer :





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(1) : « Alors, au spectacle de ce peuple éperdu et de cette déroute militaire, au récit de cette insolence méprisante de l’adversaire, je me sens soulevé d’une fureur sans bornes. Ah ! C’est trop bête ! ».

(2) : il est de bon ton d’en faire des tonnes sur les cas de conscience de certains officiers de Vichy. C’est juste parce qu’ayant fait le mauvais choix au départ, ils se sont retrouvés face aux conséquences de leur mauvaise décision initiale. Les officiers qui ont refusé de servir le régime de Vichy ont eu la conscience tout à fait claire.


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