vendredi, février 28, 2014

L'URSS a échoué. Quelqu'un pourrait-il en informer Arnaud Montebourg ?

L'URSS a échoué. Vous le savez, mais, à l'évidence, Arnaud Montebourg et l'ensemble du gouvernement Hollande l'ignorent.

L'économie administrée, ça ne marche pas (1).

L'histoire est bien connue : l'en-haut décrète ceci ou cela en vue d'un résultat. Comme les humains ne sont pas des robots, ils s'adaptent  d'une manière imprévue et l'on n'obtient pas le résultat escompté. On écrit des décrets plus précis pour réduire les possibilités d'adaptation et on renforce l'administration pour controler tout cela. Ces couillons d'humains s'adaptent encore, quelquefois dans l'illégalité. On réprime, on renforce l'administration et on écrit encore plus de décrets. Et ainsi de suite.

A la fin, l'économie est parfaitement contrôlée (sauf le travail au noir) : elle est morte (sauf le travail au noir). Et il n'y a plus de sous pour payer les bureaucrates et tout le pays s'enfonce dans la misère.

On a vu ce scénario du désastre dix fois, cent fois.

Il y a trois raisons pour qu'en France, on agite encore sérieusement ces débilités :

1) Il y a une vieille racine socialiste en France. Il ne faut pas l'exagérer : la France est aussi le pays de Say, Bastiat et Tocqueville.

2) La classe jacassante est socialiste. Dans son fantasme de tout contrôler, le socialisme laisse espérer qu'il va pouvoir figer une situation où la classe jacassante domine. On peut inclure dans ce raisonnemnt l'ensemble des stato-dépendants. Le libéralisme, avec ses surprises et ses innovations, est beaucoup plus perturbant.

3) Ce fantasme de tout figer est aussi celui d'un peuple qui voit son pays perdre sa place dominante. C'est un espoir vain.

Enfin, il y a une quatrième raison, que Jean-François Revel appelait la connaissance inutile, et qui n'est qu'une des formes de la connerie. On sait ce qu'il faut faire, on sait comment le faire (les armoires sont pleines de rapports sur le sujet, les expériences étrangères sont partout), mais on fait comme si on ne le savait pas.

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(1) : certains abrutis nous ressortent, au choix, le colbertisme ou les Trente Glorieuses.

C'est faire bon compte du fait que le colbertisme a échoué. Quant aux Trente Glorieuses, se faire bouffer toute l'épargne par l'inflation en pleine période de rattrapage, cela n'est pas très ... glorieux.


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J'en profite pour rappeler mon analyse économique : la France souffre d'un double problème. Un problème monétaire, l'Euro, et un problème structurel, la dépense publique excessive.

Traiter un des problèmes sans traiter l'autre conduit à la catastrophe. Sortir de l'Euro sans serrer la dépense publique, voire pour éviter de serrer la dépense publique (Le Pen, Montebourg) : catastrophe. Serrer la dépense publique sans sortir de l'Euro (UMP, aile droite du PS) : catastrophe.

Or, à ma connaissance, aucun parti politique ne propose ce qui, à mon avis, est la seule solution économique positive: sortie de l'Euro et serrage des dépenses publiques. La Suède des années 90.

En revanche, des solutions économiques négatives, nous ne sommes pas en manque.

Je suis pessimiste. Etonnant, non ?

Petits blancs : la jeunesse oubliée

Petits blancs : la jeunesse oubliée

jeudi, février 27, 2014

Vers la société servile



Vous connaissez le premier paradoxe démocratique : les qualités pour être élu sont à l'opposé des qualités pour gouverner.

Kenneth Minogue pointe un deuxième paradoxe démocratique : les jours d'élections, les citoyens sont considérés par les politiciens comme des adultes responsables et leurs décisions ce jour-là font force de loi, incontestables. Les politiciens savent assez se réclamer de cette légitimité. Tous les autres jours de l'année, les citoyens sont considérés par les politiciens comme des mineurs irresponsables que l'Etat doit guider et protéger.

Il est vrai que ce paradoxe est en train de disparaître par le mauvais bout : même les jours d'élections, les politiciens ne considèrent plus les citoyens comme des adultes responsables. C'est que recouvre l'usage intensif de «populiste» comme insulte.

L'inquiétant rétrécissement des libertés publiques

Cellule de soutien psychologique pour les jurés d'assises : le ridicule ne tue plus !

L'explication de Bilger est limpide :

Si une telle absurdité [la cellule de soutien psychologique pour les jurés d'assises] était suivie d'effet, elle ne ferait que renforcer cette tendance qui, bien au-delà du judiciaire, nous constitue comme des handicapés de l'audace et des angoissés de l'action, nous fait craindre ce qui est susceptible de nous rehausser et n'a pour objectif que de nous éloigner en définitive de l'épopée familière et combative qu'est toute existence, même la plus réussie, pour nous engluer dans la peur avant le mouvement, dans la suspicion avant la connaissance, dans l'effroi avant les symptômes.

Mais la phrase la plus importante est :

Etre juré d'assises est un honneur, un don démocratique, pas une maladie.

L'honneur, c'est un vieux truc d'homme, désuet, dépassé. Maintenant, le neuf, c'est de considérer les gens comme des victimes, des malades ou des enfants. Voire tout cela à la fois.

Enorme progrès !

A quoi sert la littérature pour enfants ?

A quoi sert la littérature pour enfants ?

mardi, février 25, 2014

Donnons un peu raison à Voltaire

Allez, Bob donne un peu raison à Voltaire sur un point :




Voltaire estimait qu'il ne fallait pas que les gens du peuple (la "canaille") puissent faire les moindres études au-delà du minimum le plus bas (lire et écrire), car sinon ce serait la fin des haricots.
L'époque actuelle lui donne raison. Vous n'avez pas remarqué que nous sommes noyés sous les andouilles diplômées, les bas-bleus, les femmes savantes et les doctorants à roulettes ?
Il y a actuellement une bulle universitaire mondiale qui ne demande qu'à être dégonflée. Les gens font des études kilométriques qui ne leur servent à rien et pour lesquelles ils ne sont pas faits, à l'issue desquelles ils estiment avoir le drouâ de devenir directeur en chef de quelque chose, et comme bien évidemment la plupart des gens n'y arriveront jamais, ils deviennent socialistes et ils font des révolutions.

Je soupçonne (si quelqu'un pouvait me renseigner ...) que les filières sélectives ont connu une inflation moindre que les filières à diplômes de gardiens de vaches pour faire plaisir.

Ces dernières ont pour objet de donner un prétexte professionnel à des employés du tertiaire pas vraiment indispensables, qui occuperont des emplois inutiles financés par les gains de productivité obtenus ailleurs.

C'est une manière, en partie inconsciente (mais pas toujours), d'acheter la paix. Le problème est que ces gens inutiles donnent leur avis plutôt deux fois qu'une et on obtient l'inaptocratie, le système où les moins aptes à gouverner sont élus par les moins aptes à produire.

Les filières sélectives, elles, conservent leur objet : former des gens utiles.

Remettons Voltaire à sa place


Le pays de Voltaire

Voltaire est un amour déçu : j'ai adoré l'auteur des contes, puis j'ai découvert l'homme, peu reluisant, pour dire le moins.

Qu'on le prenne en exemple, et en exemple de liberté d'expression, est un gigantesque contresens.

Voltaire est le premier exemplaire de ces personnages brillants, creux et fort nuisibles, comme le monde moderne les adore.

Ukraine : allons vers la partition

Les gouvernants ont peur de la partition et du remodelage des frontières. Il me semble pourtant que c'est la solution de beaucoup de problèmes.

D'une part, je ne vois pas bien la raison de forcer à vivre ensemble des gens qui ne veulent pas ; d'autre part, vous connaissez mon idée que l'avenir est aux petits pays homogènes et agiles.

Je rappelle que la paix européenne depuis 1945 tient en partie aux transferts de populations et aux partitions effectués (très brutalement) par les vainqueurs.

Contrairement à la pétition de principe à la mode «si les peuples se connaissaient mieux, ils s'aimeraient plus», quand les peuples se connaissent, c'est en général pour se foutre sur la gueule.

Organiser une pacifique indifférence est une bonne idée.

Pourquoi si peu de femmes parmi les «grands hommes» ?

Pourquoi si peu de femmes parmi les «grands hommes» ? Tout simplement parce que les femmes s'intéressent moins à la politique et à la guerre que les hommes, et non à cause d'une ignoble «discrimination».

De toute façon, je m'en tiens à ma thèse (qui souffre quelques exceptions) : toute féminisation d'un métier masculin résulte d'une dévalorisation de ce métier et prolonge cette dévalorisation.

Dit autrement, quand les femmes se mettent à faire des métiers d'hommes, c'est que les hommes leur laissent la place par désintérêt et la féminisation accentue ce désintérêt masculin.

lundi, février 24, 2014

Un conseil de Kenneth Minogue aux lecteurs de ce blog

Je suis en train de lire The servile mind, de Kenneth Minogue. J'en ferais la critique plus tard, mais il a déjà un conseil que je vous transmets : il faut être rigoureux dans l'usage des mots, mais pas au point de pinailler, les concepts politiques et moraux ont forcément du flou et vouloir l'éliminer rend bête.

dimanche, février 23, 2014

Diviser pour régner, comment faire face ?

La stratégie de la gauche au pouvoir, telle que dirigée par François Hollande, est claire : diviser pour régner. C'est pourquoi il met sur la table fouletitude de sujets «clivants» et abuse du 2P2M (deux poids, deux mesures) de façon à radicaliser l'opposition.

Evidemment, dans tout cela, nulle notion d'intérêt général, juste un calcul partisan.

A moins que l'on considère que la gauche, en toutes circonstances, par son essence magique, au milieu de mille saloperies, sert toujours l'intérêt général. Je ne serais pas étonné que ce «la fin justifie les moyens» ne soit dans l'esprit de certains.

Le pire, c'est que cela peut fonctionner. Que cela va probablement fonctionner.

Que manque-t-il à la droite pour contrer cette stratégie limpide ? Très peu et beaucoup. Un ou deux hommes d'Etat à l'UMP et au FN, capables de discuter franchement des points d'accord et de désaccord et de les exposer aux électeurs.

Autant rêver.

samedi, février 22, 2014

L'Ukraine ? Rien à foutre

Les médias ont le génie de nous imposer hystériquement des thèmes qui seront oubliés la semaine suivante. Ce kaléidoscope fou fait partie de la disneylandisation du monde. Il faut y résister en fermant souverainement les yeux.

Les événements ukrainiens font partie des dizaines de massacres bien pires qui ont lieu en ce moment à travers le monde et qui ne sont pas moins importants (oubliés la Libye, la Syrie, le Soudan ?).

Vladimir Volkoff a plusieurs fois décrit comment cette hystérisation sentimentale servait des intérêts très rationnels et très réfléchis.

En réalité, nous sommes dans cette partie d'échecs où les Américains tentent, avec l'aide de leurs valets européistes, de rogner la Russie. Les Ukrainiens ne sont qu'un prétexte. Les Européens, pour des raisons géographiques n'ont pas intérêt à cette stratégie. Je ne vois pas la Russie comme le sauveur de l'Europe mais nous devons avoir des rapports avec elle cohérents avec nos intérêts et non avec ceux des États-Unis.

Il est donc dans notre intérêt de ne pas nous laisser prendre à l'hystérie médiatique et de regarder ailleurs.

De toute façon, c'est le coup de trop pour les atlantistes : l'Ukraine est trop proche de la Russie et l'UE trop empêtrée dans ses propres problèmes. Les événements ukrainiens n'ont donc pas grande importance, ils sont peu susceptibles de changer quoi que ce soit, de notre point de vue.

Addendum : cela n'empêche évidemment pas d'avoir pitié des Ukrainiens.

vendredi, février 21, 2014

Révolution conservatrice ? Faut le dire vite

Certains , comme Ivan Rioufol, croient qu'une révolution conservatrice souterraine est en cours. Ils tirent cette idée de sondages sur les valeurs marquant un tournant conservateur.

Plutôt que des sondages, je préfère des observations précises et factuelles.

Le FN n'est devenu acceptable qu'après un tournant socialiste. Et si les socialistes détiennent pratiquement tous les pouvoirs électifs, c'est après des élections où les Français étaient libres de ne pas voter pour eux.

Quant à mes discussions, je constate souvent que des gens qui se proclament de droite préfèrent au cas par cas des solutions progressistes plutôt que conservatrices.

Alors, la révolution conservatrice ? Dans les sondages seulement.

Panthéonisation : encore une saloperie Hollando-gauchiste

Président Hollande veut panthéoniser quatre résistants qui se trouvent être, comme par hasard, des gauchistes.

Ce parti-pris propagandiste sous couvert d'hommage est une belle instrumentalisation et, donc, une belle saloperie, bien dans les manières hypocritement sectaires du locataire de l'Elysée.

Rappelons que la droite fut au moins aussi bien représentée que la gauche dans la Résistance et que, si l'on veut, pour des raisons grotesques, absolument mettre une femme au Panthéon, on peut penser à Marie-Madeleine Fourcade, qui fut tout de même une des rares femmes chef de réseau. Malheur, elle était de droite.

jeudi, février 20, 2014

Societe d'abondance, société de médiocrité ?


La polémique (justifiée) sur le livre Tous à poil me fait penser une fois de plus que la production littéraire à destination des enfants est d'une grande médiocrité, quand elle n'est pas franchement perverse pour cause de militantisme.

Or, elle n'a jamais été aussi abondante, il y a un marché.

Nous avons quatre cas :

1) La proportion de bonnes œuvres augmente avec la production. Croissance exponentielle des bonnes œuvres.

2) La proportion est constante et donc le nombre de bonnes œuvres augmente proportionnellement à la production.

3) La proportion baisse raisonnablement et le nombre de bonnes œuvres reste constant.

4) La proportion baisse fortement et le nombre de bonnes œuvres diminue.

Il est clair que le remplissage se fait par le bas. 1 et 2 sont exclus.

Restent 3 et 4. Je me demande si, par un phénomène d'étouffement, nous n'en serions pas à 4.

Évidemment, vous me voyez venir avec mes gros sabots. Ne serait-ce pas généralisable à toute notre production intellectuelle ? Quand on entend les conneries qu'on entend, qu'elles viennent de l'université, de la politique ou des médias, on se dit que si nos ancêtres avaient été aussi cons, nous ne serions pas là.

Au fait, pour la littérature enfantine, j'ai réglé le problème : je m'en tiens aux classiques, éprouvés.

mardi, février 18, 2014

Le dépérissement de Cognac

Intéressante conversation sur le dépérissement de Cognac.

Les grandes familles de Cognac étaient d'odieux paternalistes. Elles se sentaient obligées de se mêler de la vie locale. L'abomination de la désolation.

Les grandes maisons de Cognac sont à l'origine du festival du film policier.

Depuis, elles ont été revendues à des groupes multinationaux pour qui Cognac n'est qu'un centre de production et une marque. Elles vivent désormais en autarcie, sans se sentir aucun devoir local, avec des managers qui débarquent le mardi de Paris et repartent le vendredi à Paris, où toutes les décisions se prennent.

Le socialisme a vaincu à Cognac : les riches, les affreux riches, sont enfin partis.

Le  festival  du  film policier a disparu et la ville meurt.

Mais le maire socialiste à de  bonnes chances d'être réélu, n'est-ce pas l 'essentiel ?

Je trouve que Cognac est une assez belle illustration de la France.

Hostellerie des pigeons blancs (Cognac)

Un restaurant comme on aimerait qu'il y en ait plus.

Il souffre un peu d'être à l'écart des grands axes, c'est bien dommage.

Cuisine classique avec des produits frais. Un signe qui ne trompe pas : carte assez courte et qui change souvent.

Le carpaccio de homard était excellent, l'agneau à l'ail aussi. Un chariot de desserts à l'ancienne de bon aloi.

Personnel accueillant et passionné.

Des prix de province : un menu à 38 € qui les vaut bien.

Hostellerie des pigeons blancs

110 rue Jules Brisson
16100 Cognac

05 45 82 16 36

Ouvert du lundi soir au dimanche


lundi, février 17, 2014

La nef des fous

Je vis dans la nef des fous.

Un illuminé a une idée loufoque. Il obtient un financement universitaire, au nom de la liberté de recherche. Comme c'est un fou, il est plus motivé pour promouvoir son obsession que les sains d'esprit pour le contredire.

Dix ans plus tard, il a un groupe de suiveurs fanatiques constitué de ses anciens étudiants les plus barjots. Ils militent et noyautent. Vingt ans plus tard, les journalistes, toujours aussi cons, sont séduits par la perspective de choquer et promeuvent cette idée folle sous prétexte que tout ce qui dérange est bon. Et ils attirent les crétins pour qui la nouveauté est un argument suffisant.

Trente ans plus tard, des politiciens reprennent cette idée parce qu'ils
ont repéré une clientèle associée. Les honnêtes gens laissent faire car ils ont autre chose pour occuper leur vie que combattre des dingues.

Et, ainsi, par la technique du salami, les fous prennent le pouvoir.

La racine du mal ? Le naufrage de la common decency. A chaque étape (université, militantisme, journalisme, politique ), la honte de favoriser des idées grotesques devrait bloquer le progrès de ces folies. Mais, à l'heure du relativisme et du non-judgementalism, qui osera dire, tout simplement : "Non, c'est absurde." ?

Amour des animaux, mépris des hommes

J'aime bien les animaux. Mais c'est tout : je les aime bien, je ne les aime pas d'amour. Je les traite comme des animaux, avec respect, sans les confondre avec des hommes.

Or, j 'ai pu observer autour de moi que ceux qui montrent un amour immodéré des animaux avaient tous, d'une manière ou d'une autre, un problème avec les hommes. Mon observation est-elle une aberration statistique ?

Je ne le crois pas : l'amour des citadins pour les animaux a quelque chose de grotesque et de dérangeant par son anthropomorphisme. Il ne viendrait jamais à un paysan l'idée de donner du foie gras à son chat et je ne pense pas qu'il aime moins les animaux, et surtout qu'il les connaisse moins, que le citadin.

Traiter un animal comme un homme, c'est le même problème que traiter un enfant comme un roi : une forme d'irrespect et de maltraitance, en ne prenant pas en compte leurs vrais besoins mais en projetant sur eux et en compensant grâce à eux nos manques et nos besoins personnels.

Derrière ces démonstrations d'affection exubérante, il y a un égoïsme tout aussi exubérant.

C'est pourquoi l'amour immodéré des animaux n'est qu'une manifestation du mépris des hommes .

Il n'est pas étonnant que, dans notre société, il grandisse au même pas que l'acceptation de l'eugénisme et de l'euthanasie. Et vous comprendrez que cet ensemble de phénomènes me soucie et me navre.

samedi, février 15, 2014

L'impéritie des cabinets ministériels

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A la demande du président lui-même, l’Élysée avait demandé un rapport au conseiller d’état, Alain Christnacht, un homme de l’ombre mais un fidèle parmi les fidèles. L’étude commandée devait porter sur les procédures de travail dans les cabinets et sur la qualité des membres. Le résultat de cette étude serait accablant, mais on ne le saura jamais parce que cette étude serait classée secret d’Etat. Contrairement à ce qui se passait précédemment ou même à l’époque Jospin, les membres de cabinet ne connaissent pas l’entreprise. Ce sont pour la plupart des cadres formés par le parti socialiste ou sortis du syndicalisme ou de la fonction publique. En clair, les lois sont mal écrites, mal préparées, les décrets d’application sont retoqués une fois sur deux par le Conseil d’Etat (décret sur les taxis, sur l’ouverture des magasins le dimanche), preuve que le travail n’est pas sécurisé sur le plan juridique. Les cafouillages de la communication s’ajoutent aux dysfonctionnements juridiques, lesquels se conjuguent à la confrontation des différents courants idéologiques qui traversent la majorité. D’où ce sentiment de cafouillage dans la gouvernance.
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Cet extrait d'Atlantico dévastateur n'a rien pour surprendre.

En effet, un politicien moderne est un demi-intellectuel diplômé qui, ne sachant rien faire d'utile,  a décidé de vivre au crochet de la société. D'où sa carrière politique et sa compétence très limitée.

Comme le fait remarquer Eric Verhaeghe, les députés sont choisis pour leur incompétence, gage  de docilité. Par exemple, Karine Berger (1), Juliette Méadel (1) ou David Assouline ont des savoirs livresques mais leur seule compétence consiste en une «tchatche» de grandes gueules qui ont réponse à tout, qu'aucune idiotie n'effraie et qui vous sortent les pires fadaises sans trembler, vous regardant droit dans les yeux.

Par contre, de compétence utile à l'intérêt général, pas l'ombre d'une.

Et ils sont tous comme ça, à l'UMP et au PS (je crois que c'est encore pire au PS à cause de leur origine syndicalo-associative).

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(1) : on l'entendait souvent sur BFM comme «spécialiste des questions économiques du PS» mais elle était si péremptoire qu'elle a fini par lasser.

(2) : avant-hier, elle a prodigieusement agacé Jérôme Dédéyan sur BFM.


Les intermittents du spectacle et le champagne en perfusion

Les intermittents du spectacle et le champagne en perfusion

vendredi, février 14, 2014

Saint Valentin : je me suis vautré dans les stéréotypes sexuels

A l'occasion de la Saint Valentin, j'ai fait les constatations suivantes :

> les hommes portent une cravate et une veste ; les femme une robe et des bijoux. 

> les hommes offrent des fleurs et les femmes les prennent.

> les hommes payent le restaurant et les femmes ne proposent pas de partager.

> en sortant, les hommes tiennent la porte.

Bref, une extrême violence nauséabonde, réactionnaire et absolument pas pourtousiste.

Et, abomination de la désolation, ces suppôts du diable semblent heureux.

Pourquoi compter le vote blanc aujourd'hui ?

C'est très simple : le vote dit protestataire est facilement abstentionniste. Autrement dit, compter le vote blanc, c'est s'assurer que le Front National plafonnera et que l'UMPS perdurera. Cette considération tactique explique la soudaine facilité avec laquelle la loi sur le vote blanc, refusée depuis des années, est passée. Les propagandistes du vote blanc auront été les idiots utiles du verrouillage de la politique française.

Vilain consumérisme, vilain libéralisme, vilain capitalisme

En guise de préliminaire, un commentaire :

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Curmudgeon 



Comme je l'ai relevé ici, Yann Carrière accuse le capitalisme, mais en passant, c'est l'affaire d'un instant minime. Je trouve au contraire dans Atlantico une analyse centrée pratiquement là-dessus. Pierre Duriot, instituteur, estime que des livres comme "Tous à poil" ou "Papa porte une robe" constituent un symptôme grave. Mais un symptôme de quoi ? Voici :
"C’est assez simple, dans une société libérale libertaire et surtout consumériste, plus un enfant est éduqué par ses parents ayant autorité et qu’il respecte et moins il consomme car les parents savent résister à la pulsion infantile et être castrateurs de l’achat. L’intérêt du monde libéral, des médias qui vivent de la publicité est de disposer d’une société totalement infantile, asexuée, où personne n’est susceptible de castrer le moindre achat et où tout le monde est manœuvrable à merci et incapable d’associer son égo malmené, individualiste, à d’autres pour former un collectif susceptible de résister. Vision dangereuse et à court terme qui au mieux fera marcher le commerce quelques années, au pire, permettra d’installer une forme de dictature consentie et aliénante.
Ces livres ne sont évidemment que l’un des aspects de l’offensive libérale-libertaire, il ne faut pas les brûler puisque ce faisant ce serait la dictature politico-policière classique bien connue, qui ne
vaut pas mieux que l’autre, mais on n’est pas obligé de les acheter et de les lire à ses enfants."
Donc s' il y a "offensive", ce n'est pas celle des idéologues du genre, c'est celle du commerce, qui nous asservit par la consommation. Décidément ça devient obsessionnel. Les commerçants sont des êtres vils, qui visent à installer une "dictature", en connivence avec les adhérents de la pensée "libertaire", peut-être même libertine.
Abolissons le commerce ? Ces gens s'arrêtent-ils une minute pour réfléchir à ce qu'ils disent ?
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Il y a une confusion entre capitalisme, consumérisme, libéralisme, libertarisme, mondialisme.

Elle est en partie excusable par la proximité des mots et des arguments. Elle est en partie inexcusable parce que les choses ne sont pas si compliquées. Raison de plus d'essayer d'être clair et de trier les patates.

Je commence par la définition du Littré en italique.

Capitalisme : système économique basé sur le capital.

Il est clair que notre système économique n'est pas capitaliste. Il est basé sur la dette non sur le capital, comme Bruno Bertez l'explique souvent.

Je ne connais pas de mot pour définir ce système. «Capitalisme de connivence» est plus proche de la réalité mais utilise encore «capitalisme». Le mot le moins inapproprié est encore «socialisme», mais il est trop vague.

Consumérisme : pas de définition. De ce que je comprends, les gens qui emploient ce mot entendent un excès de consommation compulsif, comme une drogue. On peut définir le consumérisme dans le fait de se projeter dans ce que l'on consomme de manière déraisonnable. Je suis ce que je consomme.

Il me semble qu'on est là dans le divertissement pascalien. Or, le remède divertissement pascalien est toujours, d'une façon ou d'une autre, la confiance en Dieu.

Autrement dit, le problème n'est pas la société de consommation, fort difficile à définir, mais la société sans Dieu.

Ce point mérite développements et justifications, mais je n'en ai guère le courage ce soir.

Libéralisme : doctrine civile et politique qui tend à donner aux citoyens le plus possible de libertés et de garanties contre l'ingérence de l'Etat.

Il me semble que la chose doit être examinée par comparaison avec le libertarisme. Même le pape fait la confusion.

La différence essentielle est que le libertarisme est une utopie : un homme réduit à sa seule volonté, faisant table rase de tous les liens involontaires. Nous ne sommes pas loin de l'Homme Nouveau socialiste.

Le libéralisme prend au contraire en compte l'existant, c'est pourquoi il se réduit souvent (et à tort) à la seule sphère économique. C'est aussi la raison pour laquelle, n'en déplaise à Hayek, le libéralisme est parent du conservatisme.

Le libéralisme a de très fortes racines dans le personnalisme chrétien. Les positions du pape (que je m'abstiendrais de qualifier pour ne pas me montrer irrespectueux) sont d'autant plus regrettables, ces  déclarations sur le sujet sont une accumulation de vagues idées générales et de pieux sentiments sans consistance qui ne lui font pas honneur. Intellectuellement, c'est du pipi de chat. Quelqu'un pourrait-il me rappeler le nom de ce curé américain lancé dans une défense du libéralisme ?

Si les propositions des libéraux et celles des libertariens semblent souvent n'avoir qu'une différence de degré, l'esprit est tout autre.

Aux libertariens, peut s'appliquer la phrase de Pierre Manent : «De quelque parti qu'ils soient, les modernes ont un point commun: ils pensent n'avoir rien fait tant qu'ils ne se sont pas mis sous le pouvoir absolu d'une idée abstraite».

Comment distinguer un libéral d'un libertarien ? Facile, le libertarien paraît toujours un peu farfelu. Le libéral, lui, pourrait facilement passer pour un conservateur. Il faudrait que je fasse un billet plus long sur cette différence.

Enfin, le mondialisme. Là encore pas de définition dans le Littré. C'est un libre-échangisme promu par des Etats sur-dendettés (une des raisons est de pouvoir caser sa dette dans le monde entier) et des organes supra-étatiques anti-démocratiques et technocratiques (tic tic tic). Rien à voir de près ou de loin avec le libéralisme.

Nous sommes plus proche d'un fascisme, même si le mot est galvaudé.

J'espère que ce billet trop rapide peut quand même aider les Polony, Zemmour, Chevènement, pape François, Le Pen, Philippot et compagnie qui dégoisent un infâme brouet anti-libéral / libertarien / mondialiste / consumériste à longueur de médias qui rend malade comme un bateau qui tangue.


jeudi, février 13, 2014

Inversion des valeurs : l'enfant belge et le girafon danois

La Belgique légalise l'euthanasie pour les mineurs

«La mort du girafon danois révèle un choc de cultures»

Les belges ont un semblant d'excuse : la Belgique n'est pas un vrai pays. Mais nous ?

Politique : de choses et d'autres

> je pronostique que le FN va atteindre un étiage autour de 20-25 %. La "dédiabolisation" est un succès à court terme mais une catastrophe à long terme. En se ralliant au "système", aux médias et au politiquement correct, Marine Le Pen a perdu sa cohérence et est rentrée dans le rang. On en reparle après les élections de printemps. Je pense que l'infiltration de chevènementistes, qui sont tout de même des spécialistes de la déroute électorale, est un très mauvais présage.

> F. Hollande ne veut pas réduire le nombre de fonctionnaires, parce que c'est son électorat. Il est donc obligé de leur serrer la ceinture. S'il se préoccupait de la France, il ferait l'inverse.

> l'UMP me donne un fort sentiment d'étrangeté. Ils ont un boulevard devant eux et ils persistent à prendre les chemins tortueux qui mènent au précipice. Il faut dire que l'hypothèque Sarkozy les empêche de régler les problèmes de personnes et de passer au programme. C'est tout de même un signe qu'il ne se trouve aucun hussard pour vider l'abcès en faisant une déclaration fracassante du genre "Nous savons tous que Nicolas Sarkozy crève d'envie de revenir. C'est irresponsable de sa part de jouer au chat et à la souris, c'est pourquoi il ne mérite pas de revenir". Ça aurait du panache.

mardi, février 11, 2014

Voie Sacrée ?

AFP :
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Les députés PS boycotteront le 20 février le débat sur la proposition de loi UMP visant à garantir l'appellation "Voie sacrée nationale" à la route départementale reliant Bar-le-Duc à Verdun, une "mascarade" digne de "Clochemerle" selon eux.

La proposition de loi UMP, signée par 78 parlementaires, veut garantir que cette route gardera "l'appellation intangible de Voie sacrée nationale" que lui a donnée une loi de 1923, bien qu'en 2004 elle soit devenue une voie départementale au grand dam du maire de Verdun, Arsène Lux. Suite à sa mobilisation, un arrêté interministériel officialisant l'appellation "Voie sacrée nationale" a été signé en 2007 mais le conseil général de la Meuse, dirigé par Christian Namy (UDI) refuse de l'appliquer. Les deux hommes s'opposent depuis près de dix ans sur ce sujet.

"L'Assemblée nationale n'a pas à s'immiscer dans des querelles de clocher. Que penseraient les parlementaires qui se sont battus au front, parfois au prix de leur vie, de voir l'hémicycle ainsi instrumentalisé ?", s'indignent dans un communiqué publié mardi les députés socialistes membres de la commission de la Défense. Seul le député PS de la Meuse Jean-Louis Dumont ira dans l'hémicycle expliquer la position de son parti avant de quitter le débat lors de cette journée consacrée aux propositions de loi du principal groupe d'opposition. "Il n'est nul besoin d'une loi pour que la route reliant Bar-le-Duc à Verdun demeure dans la mémoire de tous les Français comme le cordon ombilical qui, en approvisionnant quotidiennement le front en soldats, vivres et matériels grâce à une logistique millimétrée, aura permis de mettre en échec l'offensive ennemie lors de la bataille de Verdun", ajoutent les députés PS. Et ce d'autant "que, depuis 1922, cette voie est jalonnée par 56 bornes kilométriques blanches et rouges, surmontées d'un casque de Poilu avec une palme (symbole de la victoire) et sur lesquelles sont inscrits les mots Voie Sacrée, soulignent-ils.
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J'avoue ne pas bien comprendre la position des députés socialistes : il y a des choses qui vont sans dire mais qui vont encore mieux en le disant.

Je soupçonne que les motifs réels de ce retrait ne sont pas si clairs que ceux invoqués.

Quelques mots à propos du référendum suisse sur l'immigration

Alarme suisse

Leçons du 9 février

L'aveu : l'Europe n'est pas démocrate

D'autres ayant écrit mieux que moi, je ne vais guère insister :

1) les «élites» dirigeantes sont unies dans une pensée unique, il n'y a plus d'alternance politique véritable. ils ont tous les mêmes idées, à quelques nuances près. Idées qui ne sont pas, et de très loin, celles des peuples.

La démocratie représentative est morte puisque les représentants ne représentent plus rien que leur caste et non leurs mandants.

C'est pourquoi tout referendum en France est repoussé à une date ultérieure car, quelque soit le sujet, il serait une occasion de constater, comme en 2005, le fossé entre la classe jacassante et le peuple, c'est-à-dire la mort de la démocratie représentative, qui justifie pourtant l'existence de la classe jacassante.

Ce phénomène n'est pas circonscrit à la France ni même à l'UE;, puisque la Suisse est touchée.

2) Le fossé des idées débouche sur un fossé politique et social. Il y a «eux» et «nous». «Nous» les détestons. «Ils» nous méprisent.

Concrètement, le référendum suisse n'aura quasiment aucune conséquence pratique : «ils» s'entendront, des deux cotés de la frontière, pour vider le vote populaire de sa substance lors de la transposition.

3) Cette situation de blocage est conflictuelle : «ils» aimeraient se débarrasser de nous (c'est le Grand Remplacement) et «nous» aimerions nous débarrasser d'eux (c'est l'incantation «ça va péter»).

Or, je pense que cette situation de blocage est pérenne. Rien ne va péter et nous n'allons pas être remplacés tout de suite. La situation va donc continuer à pourrir et à se dégrader.

Nous sommes assez dans la situation du Meilleur des mondes.

Entrefilets de la décadence

Bob et Curmu, que je ne vous présente plus, étant déchainés, je me permets de faire un florilège de leurs commentaires.

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Tiens, à propos d'enfants, ce qui est super-cool dans les temps que nous vivons, c'est l'humour qui pétille à tout propos.

La Belgique s'apprête peut-être à euthanasier certains mineurs. Dans la dignité, bien entendu.

L'obscurantiste Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, sinistre homme en noir homophobe déjà dûment ridiculisé par les Femen, recommande un jeûne en guise de protestation réactionnaire contre la vague du progrès humanitaire.

Certains socialistes, doté d'un sens de l'humour raffiné, comptent riposter par un "banquet de la dignité" (de la dignité : ce n'est pas un lapsus).
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Il y a eu, aux Etats-Unis, sous prétexte de lutter contre la discrimination des homosexuels, dans des écoles secondaires publiques, des stages d'initiation au fist-fucking financés par des subventions.
J'ai donné le lien il y a de longues années déjà.
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Il y a un domaine ou l'Angleterre est largement plus socialiste / fasciste que la France : les services sociaux à l'enfance, également connus sous le nom de kidnappeurs d'enfants. La presse fourmille de cas scandaleux d'enfants enlevés à leurs parents, jugés indignes de les élever sous les prétextes les plus futiles, y compris politiques.

Une mère s'est vu enlever son enfant parce qu'elle était sympathisante de l'English Defence League.

On en est au point que les Anglaises se réfugient en France pour fuir le bras totalitaire de leur gouvernement. Tout récemment, l'une d'entre elles est venue accoucher ici, parce qu'elle savait qu'on allait lui enlever son bébé, sous prétexte de désordres psychiques. Quand il est né, sa chambre d'hôpital a été envahie par une dizaine de policiers, mobilisés par un mandat Interpol.

Fort heureusement, un juge français s'est intéressé à l'affaire, a fait nommer un expert psychiatre, et en a conclu qu'il n'y avait aucune raison d'enlever cet enfant à sa mère.
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Les anecdotes pullulent, en tous pays.

Une école anglaise est entrée en conflit violent avec les parents d'un gamin de six ans à qui ils donnaient un repas maison à emporter. Lequel contenait un aliment figurant sur la liste des nourritures prohibées (chocolat compris) : de scandaleux petits biscuits ronds au fromage ! Les parents persistant à bafouer l'interdit diététique, l'enfant a été exclu pendant quatre jours. L'affaire a ensuite dégénéré, de sorte que, je crois, l'enfant a quitté l'école.

Ça, c'est la régulation négative de la petite enfance. A l'autre bout, et positivement, la "prestigieuse" université Harvard organise une Semaine du Sexe, visant à favoriser la "santé" des étudiant-e-s. Un troisième larron apparaît dans cette méritoire affaire éducative : le mécénat d'un fabricant de sex toys haut de gamme (c'est Harvard, hein).
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L'ennui de ce projet de statut des beaux-parents, c'est tout de même son caractère timoré. On serait bien avisé de s'inspirer du projet de loi élaboré il y a plus de six mois par le gouvernement écossais, et qui va être examiné à la fin de ce mois.

Chaque enfant écossais serait désormais flanqué d'un gardien / tuteur / surveillant d'Etat, chargé de veiller à la conformité du mode de vie de l'enfant par rapport aux recommandations philanthropiques de la puissance publique. Quelques bougons ronchonnent, comme d'habitude.
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samedi, février 08, 2014

Non au statut du «beau-parent»

Les socialistes de combat sont en train de nous jouer une de leurs blagues favorites : le chantage au «vide juridique». Que le «beau-parent» n'ait pas de statut particulier poserait de douloureux problèmes administratifs et juridiques. Et on nous cite ... aller chercher les enfants à l'école. Il ne faut tout de même pas se foutre de la gueule du monde.

Bien entendu, c'est une petite pierre dans l'entreprise de destruction de tous les repères. C'est en cela que c'est grave.

Je refuse un statut pour le «beau-parent» :

1) il faut assumer ce que l'on est, ce que l'on fait et ne pas réclamer que l'Etat vienne corriger les conséquences néfastes de vos choix. Une solution simple pour éviter les emmerdes du «beau-parent» ? Ne pas divorcer. Sinon (bis repetita), on assume.

2) la famille à trois parents reconnus par la loi, il n'y pas mieux pour mettre le bordel dans les têtes des gosses. Je pense qu'il y a une volonté délibérée de «vietnamiser» (comme on disait dans mon jeune temps) la tête des enfants, de manière à en faire des êtres perdus, sans repères, à la merci de l'Etat et de sa propagande.

Zemmour : deux poids, deux mesures

J'ai regardé le dernier Ca se dispute.

On exige d'Eric Zemmour qu'il se justifie de ses propos de la semaine dernière.

Cette soudaine combativité journalistique me ravirait s'il n'y avait un petit problème : je n'ai jamais, absolument jamais, vu un tel droit de suite vis-à-vis d'un journaliste de gauche et poursuivi avec autant d'opiniâtreté.

Si on montrait avec tous les journalistes français la même exigence qu'avec Zemmour, la France serait le paradis de l'information.

La présentatrice, censée être neutre, est affectée d'un tic mesurable (j'ai compté sur mes petits doigts) : chaque fois qu'elle fait une remarque ironique, une petite intervention pour montrer son désaccord ou mettre en doute ou, simplement, manifester sa présence, c'est contre Zemmour. Mais, à part ça, elle est neutre.

Zemmour s'en est plutôt bien sorti.

Tout de même, qu'est-ce que c'est beau, le journalisme à la française.

vendredi, février 07, 2014

Finkielkraut : des socialistes saisissent le CSA

Finkielkraut : des socialistes saisissent le CSA

Le premier danger, ça serait de dire «ils sont complètement cinglés», sous-entendu «ils ne savent pas ce qu'ils font».

Ils savent très bien ce qu'ils font : ils veulent que les Français de souche, seuls parmi toutes les populations vivant en France, n'osent plus revendiquer leurs origines alors qu'ils sont les seuls légitimes à le faire.

Ce n'est évidemment pas un hasard si cette plainte est portée par deux socialistes d'origine étrangère. Ils mènent une guerre, contre les Français revendiquant leur «françitude», qui, pour n'être que juridique, n'en est pas moins une guerre.

Deuxième danger, minimiser : «plainte ne veut pas dire condamnation».

Certes, mais c'est le même problème qu'avec le responsable de Hollande démission : les salauds  sont fonctionnaires, apparatchiks, subventionnés, ils n'ont que cela à faire, d'emmerder les Français. Ils sont même payés pour.

Au contraire, Finkielkraut n'a pas que cela à faire, se défendre va lui couter des soucis, du temps et de l'argent, même s'il gagne.

C'est un harcèlement. Comme tout harcèlement, il fonctionne à l'usure. Il ne faut pas voir seulement ses effets immédiats.

Les dissidents soviétiques ont tous fini par partir en exil, usés par le harcèlement des autorités. Devrons nous aussi partir en exil pour pouvoir discuter librement de la France et des Français ?

Il ne faut jamais oublier que les Français furent, avec leur révolution, les précurseurs du totalitarisme. Nos socialistes n'en ont que foutre de la liberté de pensée.

Grâce à nos institutions et à notre système juridique, cohabitent désormais en France deux traits contradictoires : le juridisme à l'anglo-saxonne et la toute-puissance de l'Etat et des organes para-étatiques en matière de comportement, de discours et de pensée.

Lorsqu'Alain Finkielkraut se dit stupéfait de cette plainte, il fait preuve d'une grande naïveté. Il n'a pas encore compris à qui il avait à faire. On peut trouver bien des qualificatifs pour la plainte le concernant, mais certainement pas «surprenante» et «étonnante».


La lutte finale ?

Par son fanatisme à imposer un nouvel ordre moral (qui ressemble beaucoup à un désordre), le gouvernement Hollande a clarifié les enjeux : il s'agit bien de deux visions de l'homme qui s'opposent.

D'un coté, un homme flottant dans l'éther, sans engagements, imposés ou volontaires, interchangeable, vivant dans un éternel présent. Atomisé et soumis à l'Etat tutélaire. Cet homme est sujet de droits infinis : puisqu'il est vide, il peut être tout.

De l'autre, un homme qui est noeud de liens, parfois lourds, et de devoirs, maillon entre le passé et l'avenir, il est plein de tout ce qu'il est, il est enserré dans des loyautés et des affections. Il est limité par le droit naturel.

Je pense que le PS et le UMP, et probablement le FN nouvelle manière, partagent la première conception, c'est ce qui explique l'expression UMPS et la blague «En France, la droite, c'est la gauche avec trois ans de retard».

jeudi, février 06, 2014

En allant à Poitiers

Au début des années 1650, le chevalier de Méré (c'est par lui que nous connaissons cette histoire), le duc de Roannez, qui prend son poste de gouverneur du Poitou, et M. Mitton partent pour Poitiers, un voyage d'une bonne semaine. Le duc a l'idée d'embarquer, pour leur tenir compagnie, un mathématicien qui commence à se faire une renommée sans être encore une célébrité : Blaise Pascal.

En dehors de son domaine mathématique, il reste provincial et mal dégrossi. Il exprime sur le monde des opinions fort naïves qui amusent ses compagnons de voyage. Il s'en rend compte et se tait. Mais ce n'est pas le silence buté du boeuf vexé. Il écoute et enregistre. Il réfléchit. Il apprend, à une vitesse digne de son génie (1).

Au bout de quelques jours, il parle à nouveau. Voici ce qu'en écrit Méré : «Cela fut bien remarquable qu'avant que nous fussions arrivés à Poitiers, il ne dit presque rien qui ne fût bon et que nous l'eussions voulu dire et, sans mentir, c'était être revenu de bien loin».

Ces mondains, si ce n'est courtisans, ont une fine connaissance de la nature humaine, aussi intime que la teinture dans le tissu, et une longue habitude du commerce des hommes, sans quoi nous n'aurions eu ni Racine, ni Molière, ni La Fontaine, ni La Rochefoucauld, ni La Bruyère. Nos voyageurs ont bien compris qu'ils n'avaient pas avec eux un homme ordinaire.

Plus tard, le duc de Roannez lui demandera de travailler à l'assèchement des marais poitevins.

Je doute que nous soyons capables de produire cette qualité d'homme. Qu'ils aient existé, qu'on puisse encore lire leurs livres, reste cependant une consolation.




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(1) : Chateaubriand : «Il y avait un homme qui, à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques ; qui, à seize, avait fait le plus savant traité des coniques qu'on est vu depuis l'Antiquité ; qui, à dix-neuf, réduisit en machine une science qui existe tout entière dans l'entendement ; qui à vingt-trois, démontra les phénomènes de la pesanteur de l'air, et détruisit une des grandes erreurs de l'ancienne physique ; qui, à cet âge où les autres commencent à peine à naître, ayant achevé de parcourir le cercle des sciences humaines, s'aperçut de leur néant et tourna ses pensées vers la religion ; qui, depuis ce moment jusqu'à sa mort, arrivée dans sa trente-neuvième année, toujours infirme et souffrant, fixa la langue que parlèrent Bossuet et Racine, donna le modèle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort ; enfin qui, dans les courts intervalles de ses maux, résolut, par distraction, un des plus hauts problèmes de la géométrie, et jeta sur le papier des pensées qui tiennent autant du Dieu que de l'homme. Cet effrayant génie se nommait Blaise Pascal.»






Le «fasciste» Zemmour


Bob est quelquefois un peu excessif :

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Consternante interview de Zemmour dans le Figaro, qui fait son coming-out fasciste.
Au nom de la défense des droits de l'homme, les socialistes se sont alors ralliés à la gauche libérale renonçant à leur spécificité: la volonté de contraindre l'individu au nom de l'intérêt supérieur de la collectivité.
Voilà : donc pour commencer la gauche c'est bien, et ce qui est bien dans la gauche c'est la volonté de contraindre l'individu au nom de l'intérêt supérieur. Intérêt supérieur qui sera déterminé par moi et mes potes, naturellement, les Gens Bien qui passent à la télé. Les autres sont trop cons pour savoir où se situe l'intérêt supérieur.
À partir de mai 68, on constate l'émergence de la gauche libertaire avec le slogan: «il est interdit d'interdire». Avec le libertarisme, cette gauche charrie déjà le libéralisme sans le savoir. Elle va peu à peu dominer la vieille gauche étatiste et socialo-communiste. En quelque sorte, Daniel Cohn-Bendit règle son compte à George Marchais !
Et bien sûr, c'est regrettable. Georges Marchais, c'est bien, et en tous cas c'est mieux que Cohn-Bendit. Georges Marchais, cet espèce d'employé de bureau à demi-débile mais sanguinaire, employé servile de Moscou, traître à la patrie si ce mot a un sens, simple exécutant des ordres criminels du système communiste mondial, devient aujourd'hui, pour certains "intellectuels", le parangon des vertus sociales, le socle de la tradition, l'incarnation des vertus conservatrices et du "bien commun".
On mesure où nous en sommes sur la pente de l'abêtissement.
Je m'excuse, mais entre Georges Marchais et Cohn-Bendit je choisis immédiatement Cohn-Bendit. Marchais est un type qui a consacré sa vie à tenter d'asservir ses concitoyens à un Etat totalitaire pratiquant une idéologie criminelle. Marchais a 100 millions de morts sur la conscience. Cohn-Bendit était un aimable branleur dont le principal souci, en 1968, était de sauter des filles.
Les Cohn-Bendit, au moins, on peut les neutraliser par l'argent, les filles -- justement --, ou le vieillissement naturel. Les Marchais, ils naissent et meurent traîtres et tyrans dans l'âme. Ils sont prêts à mourir pauvres et délaissés pourvu qu'ils n'abandonnent jamais leurs idéaux totalitaires et assassins.
Le prix à payer pour la soumission définitive de la gauche au libéralisme économique, c'est effectivement la marche en avant totalitaire vers un libéralisme sociétal.
Il faut vraiment être con pour oser écrire que le libéralisme peut être totalitaire.
-- Vous avez voté François Mitterrand en 1981. Face à l'effacement du clivage droite/gauche où vous situez-vous désormais?
-- J'ai rompu avec la gauche depuis 1984 et la naissance de SOS racisme qui avait justement marqué le début de la dérive sociétale des socialistes. Je me reconnais depuis toujours dans le vieux courant bonapartiste français à la fois national et social.
National et social : donc soralien, mussolinien, hitlérien moins l'antisémitisme (dont Zemmour peut difficilement être soupçonné)... bref, fasciste.
Bonjour Madame, je suis candidat aux élections municipales de votre commune et je suis bonapartiste. Aimez-vous Napoléon Bonaparte ? Etes-vous pour son retour au pouvoir ? Souhaitez-vous que la glorieuse armée française aille à nouveau s'illustrer en Russie ? Voulez-vous que nous nous fassions à nouveau ratiboiser par les Angliches à Trafalgar ? Aimeriez-vous à nouveau 6 millions de morts sur le champ de bataille ? Je vous assure que le Bien Commun et l'Intérêt Supérieur de la Collectivité le commandent.
Le problème de Zemmour et des gens comme lui, c'est qu'il a appris la vie dans les livres. Les livres d'histoire, en l'occurrence, ce qui est un moindre mal, mais les livres quand même.
En fait, Zemmour est un énarque. Il a raté l'ENA, et ça se voit. Il a une revanche à prendre sur ses camarades qui ont réussi l'examen. Il n'est "anti-système" qu'en apparence. Il est rafraîchissant et sympathique parce que dépourvu de l'arrogance des énarques, à laquelle nous sommes tellement habitués que nous sommes prêts à donner le bon Dieu sans confession à quiconque, par extraordinaire, se comporte comme un type normal.
Mais cela ne l'empêche pas de se nourrir des mêmes illusions criminelles que les autres. Zemmour, c'est un Villepin avec moins de cheveux et sans la morgue des aristocrates.
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C'est envoyé et assez juste ! Le seul reproche, c'est que Bob surestime à mon avis la conscience qu'a Zemmour des implications de ce qu'il dit.

1) J'aime bien Zemmour. Comme le dit Bob, c'est un énarque sans l'arrogance.

2) On se distingue par comparaison. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Dans le milieu des journalistes, habituellement incultes, abrutis et sectaires (voir Patrick Cohen ou Bruno Roger-Petit), il fait figure de monstre de finesse et de culture.

3) La passion de Zemmour, c'est la politicaillerie, la politique politicienne. Je suis d'accord avec lui sur un certain nombre de points (Europe, moeurs) mais il manque de hauteur.

4) Il a compris que les Etats, dirigés par l'oligarchie mondialiste, et les instances super-étatiques (UERSS, ONU, OMC) étaient les instruments de la destruction des nations, des peuples et des cultures, mais il en conclut qu'il suffit de changer les têtes pour tout changer (illusion bien française, partagée par le FN). C'est un peu court : il n'a pas compris qu'étatisme et mondialisme ont partie liée et peu importent les têtes.

5) Il considère que tout est politique, une philosphie fruste et barbare.

6) Zemmour est brillant. C'est une qualité superficielle et mondaine. Blaise Pascal n'était pas brillant, il était intelligent. Zemmour au mileu d'une assemblée de nos modernes politiciens s'en sortirait. Blaise Pascal serait réduit au silence par leur jactance. Mais si, par une courtoisie, inimaginable de ces gens, ils lui laissaient la parole, il les écraserait avec deux ou trois de ces phrases lumineuses et profondes dont il a le secret.

7) Zemmour ne comprend visiblement pas la différence entre libéralisme et libertarianisme, différence pourtant assez simple.



mercredi, février 05, 2014

La contradiction des écolos pastèques


Les écolos sont dans une contradiction mortelle (pour eux) : dès qu'il s'agit de la nature, ils sont pour le principe de précaution, il faut se méfier, avancer avec la plus grande prudence, ne risquer des expériences qu'avec mille précautions.

En revanche, dès qu'il s'agit de l'homme et de la société, toutes les expérimentations les plus hasardeuses sont autorisées et même chaudement recommandées : "mariage" homosexuel, location de ventres, achat d'enfants, bourrage de crâne dès la maternelle ...

Nous sommes exactement à l'inverse de la société traditionnelle : expériences prométhéennes mais respect de la nature humaine.

Cette inversion explique d'ailleurs ce mouvement : c'est une rebellion d'adolescents bêtes et méchants, pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. Sauf que ce sont des adultes, qu'ils ont le pouvoir et qu'ils sont hautement nocifs.

La philosophie traditionnelle avait une cohérence : nous sommes des hommes, il est normal d'avoir une vision privilégiant les hommes.

En revanche, à moins d'être suicidaire, on peut difficilement juger la vision anti-humaine cohérente. Je pense et j'espère que cette incohérence les perdra.

La seule vision cohérente, de ce point de vue écolo, serait un principe de précaution généralisé aux affaires humaines. On pourrait en débattre, s'engueuler, mais, au moins, on aurait de la cohérence.

Lois familiphobes : un drame du culte du vote


Si vous admettez les deux propositions :

> tout ce qui est démocratique est bien.

> avec 51 % des suffrages exprimés, vous êtes légitimé par la démocratie.

vous ne pouvez pas vous opposer à la familiphobie socialiste : François Hollande a  été élu, les scocialistes ont la majorité dans les deux chambres du parlement et même dans exÈcutifs locaux.

Pour vous opposer de manière cohérente, il faut remettre en cause le culte du vote. Ce n'est pas très difficile, mais la lobotomie collective en est arrivée à un tel point qu'il devient quasi-impossible de tenir un raisonnement.

mardi, février 04, 2014

Le libéralisme dans un seul pays

Je partage l'analyse de Bruno Bertez.

On peut voir la situation actuelle (qui n'est pas une crise, au sens où une crise est un moment paroxystique passager, alors que tous les efforts seront faits pour prolonger l'état d'aujourd'hui) comme un tout composé des éléments suivants :

> une oligarchie mondialisée mimant la démocratie, dont l'idéal est de détruire les nations et les peuples afin de faire disparaître les singularités faisant obstacle à son pouvoir (le Grand remplacement et la mise en concurrence avec l'autre bout de la terre en sont les instruments privilégiés, et aussi l'UERSS et l'Euro).

> des medias spécialisés dans le divertissement pascalien, entretenant un discours mensonger

> un capitalisme de connivence et une finance de même

> un endettement dont la pression fait se tenir tranquilles les peuples et dont les intérêts nourrissent la finance de connivence (et la loi de 1973 n'a rien à voir là-dedans ! Cette histoire de loi de 1973 est un miroir eux alouettes).

> des Etats-mammouths mettant la société sous contrôle

Cet état de choses n'est pas le fruit d'un complot, mais la convergence de tendances profondes, au croisement de la démographie, de la technique et, plus que tout, de la culture (et probablement de la religion, ou de son absence). Le renverser n'est pas facile mais il est en revanche aisé de voir le but.

L'antithèse de ce système néfaste est ce que j'ai appelé le libéralisme dans un seul pays :

> des élites locales et liées aux peuples, par la fermeture des frontières à l'immigration et un protectionnisme raisonnable. L'existence d'un peuple, au sens culturel, voire ethnique, est la condition d'une vraie démocratie (principe de subsidiarité et compagnie). Il faut des frontières, un extérieur et un intérieur, un «eux» et un «nous».

> Medias libres ? Là, je sèche un peu. Internet ? En tout cas, ne pas cesser de répéter la vérité.

> briser les trusts (ça s'est déjà fait par le passé). On devrait commencer par mettre en faillite d'autorité les Gosbanks (BNP, Générale, Crédit Agricole, ...).

> Faire défaut sur la dette et, bien évidemment, sortir de l'Euro

> Privatiser à fond

Vaste programme ! Je ne sais absolument pas comment le réaliser.