mercredi, décembre 13, 2017

La nuit américaine

Je ne suis pas pas un grand fan de la nouvelle vague (plus vague que nouvelle, disait Audiard). Mais entre un abruti odieux et égocentrique comme Godard et un type sensible et attachant comme Truffaut, il y a un monde.

Tous les films de Truffaut ne sont pas des chefs d'oeuvre.

Comme Rappeneau, qui, lui, est un authentique médiocre, sa bonne réputation tient beaucoup au fait qu'il prenait soin des acteurs qui, en retour, ne tarissaient pas d'éloges sur lui. C'est ce qu'on appelle le renvoi d'ascenseur.

La nuit américaine est dans cette logique : un film qui est déclaration d'amour au cinéma ne peut qu'être encensé par les gens du cinéma, comme Chantons sous pluie ou comme The artist.

C'est un film agréable et même touchant.





La nuit américaine d'Angélique from doncvoilà productions on Vimeo.

Darwin et Darlose sont dans un bateau ...

Les nombreux commentaires à la suite de mon message précédent (Le règne du langage) m'ont fait penser au réchauffisme.

Je ne mets pas le darwinisme et le réchauffisme sur le même plan.

Le réchauffisme, c'est de la pure foutaise. Le darwinisme, c'est plus compliqué.

Mais on retrouve dans les deux cas, le caractère de vérité indiscutable associée à une théorie qui est discutable (voire, dans le cas réchauffiste, totalement idiote).

L'annihilation de toute contestation est terrifiante. Si vous êtes scientifique anti-réchauffiste, votre carrière est foutue, si vous n'êtes pas scientifique de carrière, on vous prendra pour un dingue.

Or, je ne retire pas ce que j'ai écrit il y a quelques années : intellectuellement, le réchauffisme est mort. Mais politiquement, il continue à vivre très bien. Ce n'est pas sans rappeler le destin du marxisme, contredit de manière définitive des décennies avant qu'il passe de mode.

Un bon site en français :

Climat Environnement Énergie. Le site des Climato-Réalistes

Depuis longtemps, j'espère une sociologie du réchauffisme. L'équivalent contemporain du Psychologie du socialisme de Gustave Le Bon. Je ne vois rien venir.




dimanche, décembre 10, 2017

Le règne du langage (T. Wolfe)

L'envie de lire ce livre m'a été donnée par Eric Zemmour :

Éric Zemmour : « Le langage, trop fort pour Darwin »

Et par la réaction de Régis de Castelnau :

ZEMMOUR PLUS FORT QUE DARWIN ?

Je n'ai pas vraiment essayé d'argumenter sur le blog de Castelnau : le ton condescendant et ironique des commentateurs suffit à montrer qu'ils ne voulaient pas dialoguer mais asséner. J'aurais perdu mon temps. Encore des gens tolérants à condition qu'on soit d'accord avec eux. La race en pullule sur internet.

Depuis longtemps, je suis sceptique vis-à-vis du darwinisme à partir des deux informations que j'en connais : cette théorie est faiblement étayée et ses partisans sont farouches. Cette configuration, qui est  aussi celle du réchauffisme et qui fut naguère celle de l'eugénisme et du marxisme (dont je rappelle qu'il se prétendait scientifique), est bien connue et on sait qu'elle signifie une chose : sous les prétentions scientifiques, ses partisans poursuivent d'autres buts que la science.

D'ailleurs, les darwinistes ne cachent pas leur jeu. Ils veulent prouver qu'il n'y a pas besoin d'un dieu pour expliquer la création du monde vivant.

Pour moi, l'enjeu est bien moindre (c'est ce qui explique que je me sois peu intéressé au darwinisme pour l'instant) : étant scientifique sans être scientiste, je pense que croire en Dieu est raisonnable mais pas scientifique. Autrement dit, je ne cherche pas les réponses aux questions divines dans la science : si on prouvait que Darwin a raison, je me dirais juste que Dieu est un peu fainéant.

Et puis, mon intuition scientifique me murmurait à l'oreille que c'était une théorie trop simple, trop mécanique, pour expliquer la diversité du vivant. Ce n'est pas une preuve, bien sûr. Mais je connais assez la science et son histoire pour savoir que les théories justes, même imparfaites, même naissantes, ont un certain parfum de cohérence et de complétude que n'a pas le darwinisme. Ne négligez surtout pas l'intuition en science : c'est elle qui permet de se décaler et de prendre du recul, sinon on ne fait que peaufiner des théories existantes, on ne découvre rien.

Disons le tout de suite, ça évitera de tourner autour du pot : la théorie darwinienne, faite d'évolutions graduelles et de sélection naturelle, est fausse. D'une part, la génétique nous apprend que certaines évolutions ont été faites par sauts et non pas graduellement ; d'autre part, on connaît des espèces qui n'ont pas évolué depuis des millions d'années.

Et si Darwin s'était trompé ...

Complexité irréductible

Et je ne saurais trop vous recommander :

Dépasser Darwin

Autant pour la condescendance des commentateurs darwiniens : les abrutis dogmatiques ne sont pas où ils croient (je n'aime pas être pris pour un con, surtout par des gens dont il est prouvé -au moins sur ce sujet- qu'ils sont plus cons que moi).

Cependant, la fausseté de la théorie darwinienne ne signifie pas que les créationnistes ont raison et que c'est une preuve que Dieu existe. En effet, il y a d'autres théories du vivant que celle de Darwin ne faisant pas appel à un créateur. Notamment, la génétique nous apprend des formes d'évolution qu'on ne pouvait pas soupçonner du temps de cet escroc de Darwin.

Revenons au livre de Tom Wolfe.

Le ton en est allègre, c'est toujours agréable de le lire mais le contenu est trop léger. Il se cantonne au style du polémiste.

N'empêche, comme il est intelligent, Tom Wolfe pose la question qui gratte toutes les théories évolutionnistes : comment expliquer l'apparition du langage humain ?

C'est la formulation actuelle de la question : y a-t-il un propre de l'homme et quel est-il ? S'il n'y en a pas, si l'homme n'est qu'un animal comme les autres sous tous ses aspects, alors on peut facilement prétendre que dieu n'existe pas ou que, en tout cas, il n'a pas été nécessaire à l'apparition de l'homme. Aujourd'hui, il y a unanimité pour dire que le propre de l'homme, s'il existe, est le langage.

C'est pourquoi les évolutionnistes cherchent, sans grand succès pour l'instant (leurs « découvertes » sont très capillo-tractées), à montrer qu'on peut dériver le langage humain des embryons de langages animaux.

Wolfe commence par massacrer Darwin à coups de battes de base-ball. Le darwinisme n'est qu'une cosmogonie parmi d'autres (comparaison fort éclairante avec les cosmogonies amérindiennes) et pas plus scientifique que les autres. Il dénonce les hypocrisies, les mesquineries, les impasses et les absurdités du grand homme.

Ensuite, il s'attaque à Chomsky. A mes yeux, ce n'est pas difficile : je déteste ce genre de personnalité monsieur-je-sais-tout, donneuse de leçons, dominatrice, méchante, moqueuse, dogmatique, sectaire, gourou, sans humour (sauf pour ridiculiser ses adversaires) et, évidemment, gauchiste. Intellectuellement, je ne sais pas ce qu'il vaut mais, humainement, il ne doit pas valoir le déplacement (on comparera par exemple avec Hayek et Friedman, dont, quoiqu'on puisse penser de leurs idées, la modestie et l'amabilité faisaient l'unanimité de ceux qui les fréquentaient).

La diversité des langues humaines frappe d'étonnement tout homme ouvert à ses semblables. Comme latiniste, je suis intrigué par l'apparition des langues à déclinaisons. Une explication non-évolutionniste de la langue est que c'est une décision de l'homme d'utiliser les sons pour mémoriser des actions et des objets, créant une rupture.

La conclusion de tout cela ? Aujourd'hui, les évolutionnistes n'arrivent pas à prouver une continuité entre le langage humain et les langages animaux (même ce vocabulaire est trompeur). Cela ne signifie nullement qu'ils n'y arriveront jamais.

Tant que nous n'aurons pas une explication évolutionniste du langage humain, il sera aussi absurde d'imaginer que le singe a évolué en homme que le marbre de Carrare en David de Michel-Ange.

Mais, au fond, nous ne sommes pas plus avancés qu'à l'époque des vertes critiques de Chesterton (1). Sauf que, plus le temps passe sans que les évolutionnistes réussissent à marquer des points décisifs, plus la probabilité qu'ils se trompent augmente.

En 2017 comme en 1859, l'hypothèse que le langage est le propre de l'homme n'a pas été infirmée. Défaite temporaire des évolutionnistes mais pas victoire des créationnistes pour autant.

Et je m'en fous ! Je regrette d'avoir passé du temps sur ce sujet : il n'y a pas de découvertes fondamentales récentes. L'idée que je m'en faisais depuis longtemps n'était pas fausse et, si je maîtrise désormais mieux le sujet, j'ai le sentiment pénible que le jeu n'en valait pas la chandelle.

Heureusement que la lecture de Tom Wolfe est sympa (il faudra aussi que je prenne le temps de vous causer de Didier Raoult).

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(1) :  « Donnez un pot d'ocre à un singe et jamais il ne vous dessinera Lascaux, même si vous attendrez très longtemps. L'homme est distant du singe comme nous sommes distants des étoiles et cette distance, l'évolutionnisme ne peut l'expliquer ». Traduit en termes plus modernes, si le dearwinisme était vrai, il aurait fallu un temps très long, plus long que le temps que nous connaissons, pour passer du singe à l'homme.

Et c'est là que l'argument de Lascaux prend son importance : ce que veut dire Chesterton, c'est que très tôt, l'homme a été un homme, quelque chose radicalment différent du singe.










samedi, décembre 09, 2017

Deuxième dimanche de l'Avent

Parole de la semaine – 2e dimanche de l’Avent

Le père Viot, peut-être parce que c'est un protestant converti, n'a pas la mollesse féroce, habituelle au clergé catholique, prompt à se prosterner devant les idoles du moment, à flageller ses ouailles et à cracher sur le trésor intellectuel et spirituel dont il devrait être le gardien zélé. Il est droit.


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Voilà on n’a plus le sens du péché, on voudrait bien souvent nous faire croire que Dieu nous aime tellement qu’il aime même nos péchés. Un peu comme si la conversion de la femme de mauvaise vie de l’Evangile consistait à ne plus se prostituer pour de l’argent mais gratuitement au nom de la très sainte charité !

Je pousse loin le bouchon j’en suis conscient, mais il faut choquer aujourd’hui pour faire comprendre que la déchristianisation n’est pas une fatalité mais une conséquence de l’imbécillité, au sens étymologique de ce mot, des clercs bien éloignés du poil de chameau de Jean-Baptiste, de son miel et de ses sauterelles.

Ils parlent comme si, je dis « comme si » car ils n’en ont ni le goût ni les moyens, ils étaient revêtus de manteaux de vison et mangeaient des petits fours dans des endroits chics. C’est à dire qu’ils ont l’esprit d’un christianisme mondain qui veut plaire au plus grand nombre et craint toujours d’avoir raté le dernier métro à la mode.

Aussi pour annoncer ce qui vient derrière eux, il ne faut pas trop y compter, parce qu’ils devraient alors croire qu’il y a plus puissant qu’eux et qu’ils ne sont pas dignes de se courber à ses pieds.

Quant au baptême d’Esprit Saint, notre baptême, la plupart de ceux qui sont chargés de l’administrer en sont à se demander s’il est bien nécessaire de le donner aux tout petits étant entendu que le péché originel est une fable et qu’il faut que les enfants puissent choisir librement !

Ils seront alors tous prêts à subir « le genre » de notre éducation dite nationale, et à subir la transsubstantiation de l’élève en citoyen tant souhaitée par le ministre Peillon qui fut chargé un temps de cette honorable institution, voir son livre prophétique publié en 2008 intitulé « la Révolution française n’est pas terminée ». C’est peut-être le premier tome du saint livre laïc qui servira à la nouvelle religion de la République Française ?
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jeudi, décembre 07, 2017

La colonisation des peuples européens par l'UERSS

La thèse n'est pas nouvelle, voyez Charles Gave :

L’entrepreneur et économiste Charles Gave : « Il faut décoloniser la France de l’État »

Si l'UE ressemble à l'URSS, c'est plus en raison de son caractère impérial que de son matérialisme communisant.

C'est ce que nous raconte David Van Reybrouck, spécialiste de la colonisation :

L'Union européenne a-t-elle colonisé les Européens ?


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L'écrivain nous propose ensuite une devinette: qui a prononcé les mots suivants? « Et toutes ces mesures qui sont prises à Bruxelles, loin de nous, sans nous, pour nous, doivent être considérées comme une injustice imposée d'en haut. Nous avons toujours condamné cette manière de faire, il n'y a aucune confiance qui naît de là car elle n'est pas le résultat d'un dialogue ouvert et honnête, sur un pied d'égalité. » La réponse ? S'agit-il de Boris Johnson ou Yanis Varoufakis ? Aucun des deux : c'est Joseph Kasavubu qui parle ainsi en 1958, deux ans avant qu'il ne devienne le premier président du Congo. « L'émancipation sans participation conduit à la frustration. C'est aussi simple que cela. Pouvoir être pris en compte, c'est l'idée qui organise toute la problématique populiste », affirme l'intellectuel belge.

Alors, colonisatrice, l'Union européenne ? « Nous aussi sommes assujettis à une administration invisible qui définit notre destin dans ses moindres détails. Nous avons un organe de représentation, le Parlement européen, qui a plus de pouvoir que les organes d'avis coloniaux de l'époque - le Conseil colonial au Congo ou le Conseil du peuple en Inde -, mais moins que la Commission et le Conseil européen. D'où le déficit démocratique .» Van Reybrouck pointe aussi une autre lacune : avoir conçu une Europe monétaire sans une Europe politique au préalable.

« La vie dans l'Europe de 2017 ressemble de plus en plus à la vie sous administration coloniale. Pourquoi nous étonner que cela conduise à des révoltes ? Le populisme est une tentative brutale pour repolitiser l'espace européen. Gouverner, c'est faire des choix : “Il y a une alternative pour l'austérité”, dit la gauche populiste. “On n'est pas obligé de se soumettre à l'immigration”, dit la droite populiste. Mais le bien-être grâce à l'Union, où est-il ? Nombre de groupes vulnérables se sentent aujourd'hui menacés », conclut l'intellectuel belge.
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Le plein midi des abrutis

Marin de Viry a écrit Le matin des abrutis. On n’en n’est plus là, on s’approche de midi.

Maxime Tandonnet s’étonne des progrès fulgurants de la bêtise au sein de notre société :

La crétinisation de la France

Cette bêtise se manifeste dans les indicateurs les plus basiques : tests d’intelligence divers et variés, maîtrise de gestes et de concepts élémentaires.

On met volontiers cette catastrophe sur le compte des « perturbateurs endocriniens ». Foutaise ! Non qu’ils ne jouent pas un rôle, mais celui-ci est mineur par rapport aux éléphants dans la pièce. C’est comme quand on attribue la baisse de la fécondité à la pollution : pour faire des enfants, il faudrait que les hommes et les femmes restent ensemble suffisamment longtemps pour avoir envie de faire des enfants et couchent sans contraception. Alors, la pollution …

De même, on sait depuis la nuit des temps, et les neurosciences le confirment tous les jours, que le cerveau humain se développe à travers des périodes de stimulation intense et puis de repos. Et que ce qui n’a pas été appris au bon moment dans l’enfance est impossible à rattraper. Autrement dit, pour développer au mieux l’intelligence d’un enfant, il faut alterner effort et ennui. Effort et ennui ? Les deux ennemis de nos contemporains. Essayez donc d’expliquer à des jeunes ou à des parents que l’effort intellectuel intense (pas le petit effort qu’on arrête, mon chéri, à la première difficulté) et l’ennui sont une bonne chose, excellents, indispensables. Plus grave, essayez d’expliquer à une institutrice (il n’y a presque plus d’instituteurs) que son travail n’est pas animatrice de classe. Vous m’en direz des nouvelles.

Le symbole de notre société d'abrutissement, c'est l'écran, télévision ou jeu video : le cerveau n'est ni stimulé de manière structurée ni au repos, le pire état qu'on puisse imaginer.

De plus, si on monte d'un niveau dans l'échelle de la complexité, les réseaux dits sociaux inventent de fausses sociabilités, des sociabilités leurres, qui se substituent aux sociabilités authentiques et empêchent leur construction.

De plus, il n’est pas sûr que nous importons les populations les plus susceptibles de donner des prix Nobel de physique (pour le dire gentiment).

Avec ces deux facteurs, je n’ai pas besoin de faire vingt ans d’études sur les perturbateurs endocriniens pour expliquer l’effondrement de l’intelligence des Français. L’ironie de l’histoire est que cette éducation sans effort qui fabrique des abrutis génère un ennui abyssal. Cet ennui qu’on veut pourtant éviter à tout prix.

Bref, l'étonnant n'est pas que nous vivions dans un monde d'abrutis, mais qu'il n'y en ait pas davantage.




mercredi, décembre 06, 2017

Johnny : l'aventure, c'est fini (ou ça commence ?)

France Culture, une belle bande d'abrutis qui se la pètent (à nos frais). Il y a pire que la bêtise, il y a la bêtise satisfaite d'elle-même :

Ah que France Culture il aime pas Johnny Hallyday !

Rioufol et Verhaeghe se sont donnés le mot :

Jean d'O et Johnny : la France orpheline

Johnny, Jean d’O : la mort d’une certaine droite conservatrice


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Jean d’Ormesson est le plus beau représentant des vieilles familles conservatrices. Son père est ambassadeur, son beau-père est un industriel accessoirement administrateur du Figaro.

[…]

Johnny Halliday n’a jamais pris de position politique claire. En revanche, la gauche bon teint n’a jamais eu le moindre doute sur son « étrangeté ». Le Monde publie d’ailleurs l’historique de ses chroniques sur le chanteur à succès. Il en dit long sur le mépris que la gauche caviar et la gauche bobo a pu avoir pour ce symbole de la culture populaire et de la ferveur des petites gens pour une « bête de scène ». Johnny, c’était le prolétariat qui s’assumait et qui ne prétendait pas s’émanciper en votant communiste: un repoussoir!

C’était cela, Johnny: une icône d’abord enracinée dans un prolétariat « de souche » dont il était lui-même issu, et qui ne rêvait pas de transformer la société en paradis castriste ou chaviste.

Un prolétariat qui ne s’estime pas aliéné par sa condition de prolétaire a toujours suscité la réticence de la gauche bien-pensante. Reste à voir qui pourra désormais symboliser cette façon d’assumer sa condition.
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 Il est ironique que le très français (bien qu'un peu belge) Johnny fût hanté par le rêve américain :





Et J'aime bien L'aventure c'est l'aventure, parce que ce film est un excellent détecteur de cons :



mardi, décembre 05, 2017

Vous voulez savoir ce pourrait donner un « gouvernement par les données » ? Le pur pilotage par les indicateurs ? Le suivisme des chiffres, si scientifiques et si précis face aux grossiers jugements humains.

Datapocalypse-Big data et guerre du Vietnam

Le gaullisme, c’est le conservatisme à la française

Le (vrai) gaullisme est à la France ce que le conservatisme est à la Grande-Bretagne

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En rejetant de Gaulle, la droite a abandonné sa raison d’être: faire vivre une tradition, protéger la nation et les communautés qui y préservent la liberté individuelle, transmettre un capital accru aux générations qui suivront. En fait, la droite française a expulsé de Gaulle, bouc-émissaire de ses peurs et de ses divisions. Puis elle en a fait sa figure tutélaire. Vous remarquerez comme les forces de droite ont d’autant plus parlé du Général avec révérence qu’elles ont fait une politique à l’opposé de la sienne: cédant devant les Américains (Pompidou) ; se ralliant à l’Europe fédérale (Giscard); enfourchant le dada du néo-béralisme (Chirac). J’aime mieux votre Sarkozy, qui n’a jamais fait semblant d’aimer de Gaulle. Mais si l’on va plus au fond des choses, ce que la droite a lâché, avec de Gaulle, c’est ce que nous autres Britanniques appelons le conservatisme.
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Husson est quelque peu ridicule à singer Disraeli, c’est une affectation déplacée. Mais, sur le fond, il a raison.

Le gaullisme est la forme française du conservatisme.

Précisons deux choses :

1) Il n’y a plus un seul gaulliste parmi les politiciens français, et surtout pas à droite, où le sport depuis cinquante ans est de trahir l’esprit du gaullisme tant et plus. Bien entendu, Laurent Wauquiez n'est pas plus gaulliste que moi je suis évêque.

2) Je ne connais peu (pas ?) de critique intelligente du gaullisme. Les critiques du gaullisme que je connais sont sans valeur, soit parce qu’elles reposent sur une blessure sentimentale, l’Algérie française, soit parce qu’elles partent d’une analyse historique idiote et même criminelle, le pétainisme, soit, enfin, parce qu’elles sont de gauche et donc sans valeur aussi (si le socialistes pensaient juste, ça se saurait).

Les arguments d’Argoud sont trop empreints de haine pour être recevables :

La décadence, l'imposture et la tragédie (A. Argoud)

Dominique Venner, qui est moins radical et réussit à tenir à distance ses sentiments, est plus intéressant :

De Gaulle : la grandeur et le néant (D. Venner)

La critique principale de Venner est que De Gaulle a une vision trop abstraite de la France, le fameux « toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France ».

lundi, décembre 04, 2017

Stéphane Ratti : « Plaidoyer pour une histoire incarnée »

Stéphane Ratti : « Plaidoyer pour une histoire incarnée »

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Je pense à la biographie de Ponce Pilate par Aldo Schiavone, tout juste traduite en 2016. L'éminent historien italien rapporte l'entretien (plutôt qu'un interrogatoire) que le préfet de Judée et Jésus eurent au matin de ce vendredi de l'année 30 précédant la fête de Pâques, dans le secret de la forteresse Antonia, à Jérusalem: «Pilate représentait l'empereur, le maître du monde, et cela était établi et connu de tous. Jésus était là au nom de son Père, et de cela il était tout aussi sûr, mais d'une certitude solitaire, en proie au doute et à l'anxiété. Selon l'image qui s'était formée dans son esprit, et selon la vision qu'il devait en transmettre à la mémoire chrétienne, dans le prétoire de Jérusalem se trouvaient non pas un accusé et son juge, mais Dieu et César» (Ponce Pilate. Une énigme entre histoire et mémoire, Fayard, 2016). Peut-on mieux illustrer ce que Mona Ozouf appelle « l'histoire incarnée » et qui dépasse les frontières entre les genres académiques ?

L'historien ne déchoit nullement ni ne trompe personne s'il élargit les moyens de son enquête à ceux que l'on pense être plutôt réservés au romancier. Beaucoup de grands écrivains se sont voulus historiens et on ne saurait interdire à ces derniers d'imiter l'écriture propre à la fiction. L'art n'a jamais desservi la vérité.
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Pour moi, qui ai pris tant de plaisir à lire Michelet et Bainville, le style indigeste des universitaires me fait penser que le rétablissement de quelques pelotons d'exécution pour assassinat de la langue française et bêtise caractérisée ne serait pas mauvais.





samedi, décembre 02, 2017

Un exemple d'arrogance technocratique par Maxime Tandonnet

La bêtise arrogante.


Chroniques d'un monde qui s'écroule (Black Friday, crise de la virilité et compagnie)

Black Friday : réduction (exceptionnelle) du domaine de l’humanité

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 […] Mais il est une troisième voie encore plus sûre vers le cataclysme, qui, non seulement n’est pas discutée, mais est au contraire valorisée, célébrée, glorifiée : celle du consumérisme fanatique dont le « Black Friday », cette journée de soldes importée des EtatsUnis, offre une excellente illustration. Il faut se réaliser que les manifestations mercantiles dont on nous offre l’affligeant spectacle ne sont que le fer de lance d’un mouvement profond résultant d’un faisceau de forces culturelles, sociales, et politiques aboutissant à la marchandisation complète de nos existences. La totalité des actions humaines est en passe d’être englobée dans une logique de marché. C’est la forme privilégiée dans laquelle s’exprime aujourd’hui l’idée même de progrès : il suffit – à propos justement du Black Friday – d’entendre la jubilation des responsables commerciaux des enseignes concernées, mais aussi l’accompagnement bienveillant de la plus grande partie des responsables politiques, notamment du gouvernement, et de notre président, dont la volonté d’ouverture des magasins les dimanches et jours de fêtes est la meilleure illustration. Plus que de progrès encore, c’est quasiment de salut dont il est question, implicitement, comme si cette frénésie de consommation était une façon de sortir nos sociétés de l’anomie latente dans laquelle elles s’enlisent.

[…]

Pour ce qui est du Black Friday, ce qu’on peut en voir, par exemple sur YouTube, montre sans équivoque la violence extrême qui s’associe à de tels emportements, la dépossession de tous les codes de civilité, la régression vers des formes de barbarie antérieures à la civilisation.

Il est irresponsable de s’en amuser. Il faut comprendre au contraire que cela illustre le fait incontournable que l’univers marchand ne produit aucune forme de sociabilité, et que, au contraire, comme l’a montré Polanyi dans La grande transformation, l’encastrement de la société dans le marché ne peut qu’aboutir à de la régression sociale. Une humanité totalement soumise à la logique marchande ne peut être qu’une société violente, sans ciment social, d’hypertrophie de l’égotisme, de faillite de toute forme de solidarité, de crispation identitaire, avec pour corollaire une dimension orwellienne la conduisant vers la défiance et la délation, ce dont on constate les premiers signes.
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Éric Zemmour : « Le grand retour de la guerre »


Et le conservatisme, qui est notre planche de salut, n'arrive pas à s'organiser :

Excès, petits calculs et confusion idéologique : y-a- t il encore quelqu’un à droite ET au centre capable de dire ce qu’il pense vraiment ?






PY Rougeyron donne à juste titre comme exemple de virilité la Résistance (à laquelle participèrent de nombreuses femmes). La virilité, c'est la vertu, c'est ce qui se tient droit, c'est ce qui ordonne le monde.

Sur cette époque, je ne peux que vous conseiller les Mémoires d'un agent secret de la France Libre, du colonel Rémy. C'est plein de vie, et même d'humour. Rémy avait baptisé son réseau Confrérie Notre Dame, l'avait placé sous le patronage de Notre Dame des Victoires (nous sommes très loin de la caricature actuelle droite=christianisme =Mal)et se croyait protégé de la Providence (il avait quelque raison de le croire. Comme ce jour où il se rend à un rendez vous, où la Gestapo lui tend une souricière ... et il se trompe d'étage).

jeudi, novembre 30, 2017

Nancy Wake

Juste pour vous rappeler que toutes les femmes ne sont pas les victimes hystériques et geignardes, le sexe faible, qu’on nous montre exclusivement depuis quelques temps.

Nancy Wake est une Australienne née en 1912. Jeune femme plutôt bien faite (elle saura en jouer), mariée, journaliste. Normale, quoi.

Sa particularité ? Elle est la femme la plus décorée de la seconde guerre mondiale.

Courrier d’un réseau d’évasion, elle réussit à délivrer son chef pris par la Gestapo. Capturée, torturée, elle est libérée faute de présomptions suffisantes (sa fausse identité a tenu, elle n’a pas été identifiée). Son mari meurt sous la torture.

Elle rentre en Angleterre en passant par l’Espagne. Parachutée en Auvergne, elle coordonne les livraisons d’armes aux maquis. Participant de nombreux sabotages et actions, elle tue une sentinelle du tranchant de la main, comme dans les films, lors de l’assaut du local de la Gestapo de Montluçon.

Après la guerre, elle se remarie et fait de la politique.

Je doute que sa réaction vis-à-vis d’un Harvey Weinstein aurait été le tweet hystérique dix ans après.