dimanche, mai 27, 2018

Comment remettre à sa place subordonnée la bourgeoisie pétainiste ?

A partir de 18'30 :

Grand entretien avril-mai 2018 avec Pierre Yves Rougeyron partie 1

Cette question me revient de temps en temps à l'esprit, comme une obsession : comment remettre la bourgeoisie pétainiste à sa place, c'est-à-dire, comment lui faire lâcher le pouvoir, où elle est mortellement nocive pour la France ?

J'emploie le mot « pétainiste » par souci d'efficacité : il est pertinent et il est compris. J'en ai déjà beaucoup parlé. Mais j'aurais pu aussi écrire « quarante-huitarde » (Flaubert s'en est beaucoup moqué), « versaillaise », « soixante-huitarde », « macroniste » (1)...

Ces bourgeois ne sont pas tous des monstres, Philippe Bilger par exemple. Mais, politiquement et, souvent dans leur comportement, socialement, ce sont des traîtres. Leurs intérêts de classe ne sont pas nationaux et ils les font passer avant leur pays. On connaît la remarque acerbe de De Gaulle au patronat en 1944 : « Messieurs, on ne vous a pas beaucoup vus [à Londres] ».

Leur laisser le pouvoir, c'est tuer la France. On peut les utiliser, mais, jamais, jamais, leur laisser prendre le manche. Un Macron, un Bayrou, ça doit être au fond d'un obscur couloir dans un placard à balais au bout d'un ministère perdu. Pas plus.

Or, on voit bien le mouvement en cours (Brexit, Trump, Italie). Il va dans le sens de la fermeture des frontières et la bourgeoisie mondialiste va finir par lâcher prise. Mais je ne voudrais pas que la France soit à la traine. Ce n'est pas la vocation de la France de ne pas se faire entendre.

Alors, comment virer la bourgeoisie du pouvoir pétainiste du pouvoir ?

Hé bien, je ne sais pas. On attend que les Italiens fassent le boulot à notre place ? Des idées ?

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(1) : je rappelle que voter Macron consiste à glisser un bulletin Macron dans l'urne, au premier ou au deuxième tour. Après, toutes les raisons qu'on se donne pour se justifier ne sont qu'hypocrisie, grande spécialité de la bourgeoisie.


samedi, mai 26, 2018

Nouvelles italiennes

Après le premier ministre, les Italiens doivent nommer le gouvernement.

On s'étripe à propos du ministre des finances pressenti, Paolo Savona, dont les européistes ne veulent à aucun prix.

Pourquoi ? C'est simple : son passé le rend inattaquable par le dénigrement européiste habituel d'incompétent et de « populiste ». Or, c'est un anti-Euro farouche. Il définit l'Euro comme « une prison allemande » ; ce que les européistes prennent très mal,  il n'y a que la vérité qui blesse.

Le président italien manoeuvre donc pour ne point nommer Savona. Il a donc choisi son camp, contre les électeurs italiens.

Twit de Salvini : « Les journaux et les politiciens allemands nous insultent: Italiens mendiants, fainéants, adeptes de l’évasion fiscale, pique-assiettes et ingrats. Et nous, on devrait choisir un ministre de l’Economie qui les satisfait ? Non merci ! Les Italiens d’abord ! »

Suite au prochain numéro.


La tyrannie macroniste

Le camarade Macron nous prépare une loi orwellienne sur les prétendues "fake news" (celles sélectionnées par les la bien-pensance et par les juges rouges).

L'argumentaire lénifiant est déjà en place : c'est une loi dissuasive, destinée à ne pas être appliquée, et qui ne sera active qu'en période électorale. Une loi quasiment sans effet. Ben voyons !

Comme si dissuader d'exprimer des opinions en période électorale, ce n'était pas la pire atteinte à la démocratie qu'on puisse faire !

Tout l'argumentaire qu'on nous sert revient à cela : ceux qui présentent cette loi ne croient pas au débat démocratique, n'en veulent pas, refusent qu'on soit libre d'émettre la totalité des arguments qu'on peut leur opposer. C'est la définition des tyrans. Des tyrans furtifs, insidieux, propres sur eux, diplômés, prenant leur temps. Mais des tyrans tout de même.  Et qui ne sont pas moins dangereux que n'importe quel tyran.

La France, Corée de l’Ouest ?

L'effet est clair. Présenter les opposants comme des complotistes, des pervers, des azimuthés paranoïaques, des fous, relevant plus de la psychiatrie que de la politique. Ca ne vous rappelle rien ?



 

La seule différence, c'est que les soviétiques manquaient de finesse. L'enfermement était physique. Chez nous, l'enfermement sera médiatique : vos opinions seront considérées unanimement comme une folie malsaine, jugement confirmé par le tampon de l'autorité judiciaire. Vous pourrez compter sur les kapos-journalistes pour faire sans états d'âme ce sale boulot de garde-chiourmes (1). Vous ne pourrez pas plus sortir de ce classement infamant que d'une prison. Vous hésiterez à parler franchement (tout le monde n'a pas le courage judiciaire de Zemmour) et, de toute façon, vous ne serez plus entendu.

Bien sûr, une partie du public sentira bien qu'il y a un malaise. Mais comme il ne sera pas exprimé dans le débat public mais seulement aux marges, le but de la marginalisation des critiques sera atteint.

Et nous ne vivrons plus (encore moins qu'aujourd'hui) en démocratie.

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(1) : si vous avez oublié qu'un journaliste, c'est un commissaire politique, petit rappel :

Après « l’imam autoproclamé », voici le « pseudo-supporter »


Addendum :

Par exemple : Avant de bloquer les migrants dans les Alpes, ces trois identitaires s'étaient fait refuser l'entrée au Royaume-uni

vendredi, mai 25, 2018

Hon-y-groie




Vous le savez, puisque je radote, je pense que « Big is beautiful » et « L’union fait la force », érigés en dogmes, sont des conneries. Une de ces idées à la mode que rien ne fonde. Cela nous justifie l’européisme et les fusions-acquisitions géantes, au nom de la taille critique.

Mais, quand on est intelligent, on sait qu’il y a un autre proverbe, plus pertinent : « Mieux être seul que mal accompagné ».

Pour l’économie, le problème est réglé : il y a eu des centaines (milliers ?) d’études sur la question.

La réponse est nette et sans bavures : cette notion de taille critique n’a aucun sens économique, ni au niveau d’une entreprise ni à celui d’un pays. En réalité, c’est un argument bateau utilisé pour masquer d’autres arguments qu’on ne veut pas donner (comme le fait que lorsqu’on fusionne deux entreprises, le salaire des dirigeants gonfle). Quand on justifie une fusion-acquisition ou une union économique par la taille critique, c’est qu’on ne sait pas pourquoi on le fait ou qu’on le fait pour de mauvaises raisons.

Economiquement, mieux vaut être la Suisse (qui, ironie de l’histoire, est une confédération) que l’UE.

Mais il n’y a pas que l’économie dans la vie. A ce moment-là, on me dit « Et les milliards de Chinois ? Et l’hégémonie américaine ? Il faut bien avoir la ‘taille critique’ politique pour les combattre ? ».

A cela, je réponds « La taille ne fait rien à l’affaire ». Plus exactement, la course à la taille pour la taille a des inconvénients qui en tuent les avantages : c’est toujours cela que les partisans du gigantisme refusent de voir. Refus non contre la théorie, ce qui serait pardonnable, mais contre la réalité et l’expérience historique.

Je ne sache pas que l’UE, union dysfonctionnelle s’il en est, résiste particulièrement aux Etats-Unis et à la Chine. Rome, Venise, l’Angleterre : tous des nains au départ. Il est même probable quand on regarde l’histoire de la France et de la Chine, que la taille est plus souvent un handicap qu’une chance.

Quant au domaine militaire, la bombe atomique a un pouvoir égalisateur. Entre le petit Israël et le grand Iran vous donnez qui gagnant ?

Bref, ces histoires de taille, c’est pour les crétins. Ce qu’il faut, c’est une bonne stratégie. Quelquefois, elle demande de s’unir, mais la plupart du temps, non.

Aujourd’hui, la France se porterait bien mieux et aurait plus d’influence internationale hors de l’UE, délivrée de la tutelle berlinoise et orientée vers le grand large.

Un gouvernement exemplaire, certes. Mais de quoi ?

Quand je pense aux leçons de relations sociales que les hommes de l’Etat ne cessent de donner au privé …

Hécatombe à Matignon : 14 secrétaires sont parties en un an

Ca tombe pile-poil dans l'idée que je me fais de notre gouvernement : des technocrates arrogants et inhumains, des machines qui croient que tout leur est du. Vous remarquerez qu'ils ne se remettent nullement en cause.

jeudi, mai 24, 2018

mercredi, mai 23, 2018

« Une femme qu'on aurait aimé voir présidente ... »

« Une femme qu'on aurait aimé voir présidente : Michelle Obama ».

Voilà ce que j'ai entendu d'une présentatrice ce matin sur TSF Jazz. Sur TSF Jazz ! Qu'a à faire ce commentaire politique sur une radio, qui plus est d'une journaliste française à propos d'un pays étranger ?

L'honnêteté m'oblige à dire que son collègue a visiblement été interloqué.

Toi, la grognasse de TSF Jazz, qu'est-ce qui te donne la légitimité de nous asséner ta préférence sur ce que les Américains auraient du voter ? Plus largement, on se les taille en papillotes et on se les met où je pense, tes niaises préférences politiquement correctes.

Si j'écoute une radio de musique, c'est justement pour échapper à ces niaiseries.

L'Italie plutôt barbare qu'asservie

Zemmour impeccable sur l'Italie (ses propos n'étonneront pas les lecteurs de ce blog) :



Les légumes aussi refusent d'être asservis, le vexit :



mardi, mai 22, 2018

Commémoration du génocide des Grecs du Pont (parce qu'il y a des victimes de génocide qui intéressent moins les médias que d'autres)

D'un ami français qui vit en Grèce pour raisons familiales et qui s'est converti à l'orthodoxie, irrité par la mollesse de l'Eglise romaine :

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Au cas où les media français n'en auraient pas parlé, samedi 19 mai était le jour anniversaire de commémoration du génocide des chrétiens, en particulier des Grecs, dans la région du sud de la mer noire (voir carte).

Ce génocide a commencé dès 1914 et s'est poursuivi jusqu'en 1923 (environ 350 000 tués dans cette région seulement). En fait il s'est intensifié entre la fin de la guerre (prise de pouvoir des "jeunes turcs") et le traité de Lausanne (1923) où le problème du transfert des populations (majorité de Grecs, mais aussi Assyriens et Arméniens) ne se posait plus du fait de l'élimination des populations chrétiennes de la région (travaux forcés, déportations,...). Le sultan était en fait plus tolérant.

Les puissances occidentales étaient au courant (voir titre du New York Times de l'époque; Trébizonde était la ville la plus importante) Ici, en Grèce, nous avons vu un stand devant le parlement à Athènes et, bien sûr, le sujet a été largement évoqué à la messe ce matin. N'oublions pas l'histoire !
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Éric Delbecque : « Nous n'avons rien compris de la puissance américaine ! »

Éric Delbecque : « Nous n'avons rien compris de la puissance américaine ! »  (en fait, il veut dire « la classe jacassante, nos dirigeants n'ont rien compris », car je connais des Français de base qui ont parfaitement compris).

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Le danger est donc ailleurs [que dans le complexe militaro-industriel américain] ?

Oui, précisément dans ce que nous vivons actuellement. À travers l'extraterritorialité du droit américain, nous assistons au déploiement d'un dispositif de puissance redoutablement efficace qui prétend imposer ses règles au monde entier. D'un point de vue politique, il convient de l'interpréter de la seule manière possible : c'est une prétention à la domination planétaire. Pas par la violence, bien évidemment, mais par la contrainte indirecte et sous couverture morale.

Les États-Unis disent le bien (« il ne faut pas commercer avec l'Iran car ils représentent une anomalie idéologique et morale ») et les Européens doivent s'aligner sur la parole sacrée… Mais ce qui mérite ici d'être médité, ce n'est pas le mode d'action de nos « alliés » d'Outre-Atlantique, c'est l'inaction européenne depuis vingt-cinq ans. Après tout, les Américains poursuivent la mise en œuvre d'une stratégie que leur offrent leurs différents avantages comparés, ce qui est assez compréhensible. Le drame, c'est que l'Union européenne échoue régulièrement à bâtir une réponse intelligente et décisive à la politique de maîtrise de la mondialisation (industriellement, financièrement, juridiquement, technologiquement) engagée par l'Oncle Sam après la fin du condominium Ouest/Est.

Tout cela a deux conséquences majeures : la première sera de renforcer la détermination russe et chinoise d'édifier une zone d'influence propre, capable de fonctionner selon une philosophie de dissuasion tout en ménageant une mécanique de réciprocité ; la seconde est de pousser l'Europe en dehors de l'Histoire.

N'êtes-vous pas pessimiste ?

Simplement réaliste. Nos entreprises aujourd'hui en relation avec l'Iran sont priées sans ménagement de ranger leurs affaires et d'aller jouer ailleurs… Que faut-il de plus pour regarder le réel en face ? Pour réagir, encore faut-il cesser de minimiser. Nous autres, Européens, nous nous acharnons à vouloir décrypter le présent de 2018 avec les outils intellectuels de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide. Bien sûr, ça ne peut pas fonctionner. Nous croyons être les alliés des Américains de la même manière qu'en 1945 ou qu'en 2001 : c'est inexact et dangereux.

Nous devons « challenger » Washington sur le terrain politique, leur faire comprendre d'une manière ou d'une autre qu'ils se trompent dans leur approche de la puissance et du leadership. C'est ainsi que se comporte un partenaire sincère, indépendant et digne. La condition de vassal craintif qui nous caractérise ne mène à rien. Sans pour autant devenir vindicatifs ou teigneux, nous devons cesser d'être le pilier européen de l'hégémonie américaine pour devenir ce qui est réellement notre vocation depuis toujours: être un point entre les civilisations, entre l'Occident et l'Orient, entre l'Amérique et l'Asie. La France contre les Empires, l'Europe contre les empires: voilà un horizon de sens enthousiasmant, encore faut-il avoir le courage et la force de relever un tel défi.
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De bien belles paroles, mais qui se heurtent toujours au problème des Européens : changer d'élites, virer l'hyper-classe mondialiste vendue à Washington (qui n'est pas l'Amérique entière) et trouver des homes capables de défendre leur pays, et non un autre que le leur.




lundi, mai 21, 2018

Ferté Alais 2018

Un passage Spad-Rafale très émouvant.

Voltige en planeur, toujours aussi majestueux :



La madame qui en bouche un coin à tout le monde :




Un posé en Transall qui a surpris même le commentateur :





La video :



Et pour ceux qui se foutent des avions :


Le pari des Italiens, déjà perdu ?

Bruno Bertez explique très bien la situation :

CA Y EST LE PIÈGE DES ÉLITES EST TENDU CONTRE L’ITALIE. LES ITALIENS ONT ILS COMPRIS ? OSERONT-ILS UTILISER LEUR SEULE ARME ?

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La stratégie des élites consiste à asphyxier le pays récalcitrant, à assécher sa liquidité et sa trésorerie, ensuite à affoler les détenteurs de comptes bancaires pour qu’ils produisent un « run ». Ensuite, c’est fini, le tour est joué car la masse se retourne contre son gouvernement.

Les anti establishment en Italie n’ont qu’une marge de 6 sièges au sénat ; si ils ne ferment pas les frontières monétaires et bancaires, si ils ne contrôlent pas les mouvements de capitaux, si ils ne lancent pas tout de suite la monnaie parallèle, ils sont cuits.

Dans pareille situation les Italiens n’ont qu’une arme: l’attaque c’est à dire la menace de la bombe atomique: la répudiation unilatérale de leurs dettes.

Toute défense sera au contraire leur perte. Seule l’attaque, pas le bluff, seule l’attaque peut être efficace.

Comme les Grecs. La Grèce a servi de répétition.

Pour l’instant les leaders anti establishment font fausse route, comme les Grecs en leur temps ils brandissent leur souveraineté! Ils n’ont pas compris que la souveraineté et la légitimité, les élites euros s’en fichent car elle savent que le soutien populaire est fragile et qu’il ne résistera pas aux difficultés financières, monétaires et bancaires.

Pour tenir face aux élites il faut une monnaie d’échange, il faut qu’elles aient quelque chose à perdre et ce quelque chose à perdre ne peut être que du domaine financier: la stabilité financière, la stabilité des banques euros et françaises en particulier et cette stabilité ne peut être mise en danger que par une répudiation, une fermeture des frontières aux mouvements de capitaux.

Il faut comprendre que ce n’est pas une élection, mais une révolution.
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Pierre-Yves Rougeyron, qui les fréquente, explique que les européistes sont en guerre totale contre « les populistes » et que, comme tous les bons totalitaires, ils croient que la fin justifie les moyens.

De leur point de vue de fous obsédés par leurs fantasmes et par leur pouvoir, dans leur monde parallèle européiste, une démocratie, ça ne se respecte pas, car respecter une démocratie, ça mène au nazisme et, crime plus abominable encore, au chômage des eurocrates. Une démocratie, ça se manipule ; une opinion, ça se retourne, suivant le mécanisme décrit par Bruno Bertez.

Seulement, il me semble que les européistes se trompent de timing. Oui, la dissolution des peuples européens dans l'individualisme et dans le Grand Remplacement est presque achevée. Mais « presque » seulement. Le nationalisme mourant est encore assez fort pour renverser les gnomes bruxello-berlinois.

Mais les européistes peuvent-ils faire autrement ? Ils sont dos au mur. Respecter la démocratie et reconnaître que leur « machin » est une prison des peuples à faire sauter d'urgence, c'est un suicide politique et financier (j'ai compris que le fric, ça compte beaucoup au Berlaymont).

Face à cela, le nouveau gouvernement italien ne me paraît pas un gouvernement de guerriers. Certes, ce n'est pas un gouvernement d'esclaves comme le gouvernement français, mais il n'a pas le couteau entre les dents.

Tous les peuples européens ont le même problème, y compris les Anglais : changer d'élite. Trouver des dirigeants voulant et pouvant défendre les intérêts de leur pays et de leur peuple et non pas un programme supra-national.

Comme, en Europe de l'ouest, la solution pour changer d'élite n'a toujours pas été trouvée, nous allons continuer à pourrir et à souffrir. Les européistes ne triompheront pas, mais leurs opposants non plus.

Jusqu'à la crise (prise de pouvoir un parti islamiste, par exemple, ou guerre civile ou banqueroute) qui viendra tout résoudre.

Hervé Juvin : « Le totalitarisme de l'individu est la plus grande menace qui pèse sur notre condition humaine »

Hervé Juvin : « Le totalitarisme de l'individu est la plus grande menace qui pèse sur notre condition humaine »


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Le cardinal de Richelieu l'avait dit : « l'Église a l'éternité devant elle, la survie de la France est un combat de chaque jour. » Nous l'avons oublié. Ce combat, depuis trop d'années, n'a pas été mené. Tout a été dit, fait, assumé, comme si la France pouvait tout subir, tout payer, tout accepter. Tout a été affirmé, géré, décidé, comme si la France était le problème, comme si l'identité française était un gros mot, comme si défendre la France était coupable, honteux, et condamnable. Qu'il s'agisse des dérives anti-démocratiques de l'Union européenne, qui entend punir les peuples qui votent mal et les nations qui ne veulent pas se dissoudre dans le grand tout du droit et des Droits, qu'il s'agisse des migrations et de l'intégration de populations étrangères, qui condamnent la France si elle n'est pas fière, forte et sûre d'elle-même, qu'il s'agisse du marché du droit qui entend subordonner les lois, les États et les Nations à l'intérêt du capital à travers la privatisation de la justice, qu'il s'agisse du totalitarisme de l'individu qui détruit implacablement les sociétés les plus soucieuses du respect de la personne humaine, tout ce qui fait la France, tout ce qu'il y a de français en France et dans le monde a été réduit, bafoué, ou détruit. Qui ose encore prononcer la devise: liberté, égalité, fraternité ?

La France n'est pas le problème, elle est notre chance, à nous Français, et à eux, si nombreux dans le monde, qui rêvent de la France et qui attendent qu'elle redevienne ce qu'elle est - la France libre, la France championne des non-alignés, la plus grande France!  La France est ce que nous avons de meilleur.

Voilà pourquoi nous allons vivre un moment politique ; le moment où l'arrangement entre la nature, l'identité et la société va prendre le pas sur l'abandon au droit, au marché et à la croissance, dont les promesses ne sont pas tenues, et qui ne peuvent plus être identifiées au progrès.

[…]

Quels sont les intérêts de la France? Comment les affirmer, comment faire la France plus forte, plus écoutée, comment protéger les Français et garantir leur liberté ?

Tout Français ne peut que souhaiter la réussite du Président Emmanuel Macron ; il y va de notre intérêt à tous, de la paix et de la guerre, il y va de la France! Mais force est de constater que sur ces sujets, comme sur bien d'autres, nous attendons encore qu'il exprime sa vision et qu'il nous explique ses choix. Il a su ranimer des symboles utiles ; réception à Versailles, solennité républicaine, et jusqu'au culte du héros, en la personne du gendarme Beltrame. C'est bien.

Mais les effets de ses vœux européens se font attendre. L'Allemagne n'a pas bougé. Mais les résultats politiques de la participation française à l'opération de bombardement en Syrie ont été nuls ; Donald Trump n'a pas bougé dans sa décision de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, et l'Union européenne a été renvoyée à son insignifiance géopolitique. Mais les déclarations d'intention contre la soumission aux sanctions américaines et à l'extraterritorialité de leurs embargos ne trompent personne ; les entreprises françaises se verront soumises à l'ordre américain, faute d'une politique étrangère claire, qui fixe les lignes rouges, désigne l'ennemi, et fasse passer l'intérêt national avant tout. C'est bien d'en appeler au multilatéralisme, mais comment ne pas constater, avec Donald Trump ou Israël, les perversions d'un système onusien qui avait donné à un représentant de la Libye la présidence d'une commission sur les droits des femmes ? C'est bien de défendre les accords commerciaux, mais comment ne pas voir que le libre-échange a fait une poignée de milliardaires, des millions de chômeurs, la mort de nos villages et de nos villes moyennes, pillés par la grande distribution, et la ruine de nos territoires, abandonnés par les métropoles qui se rêvent virtuelles ?

[…]

Il est clair qu'en matière de pression migratoire, nous n'avons encore rien vu, surtout si ses ennemis continuent d'imposer à l'Europe des idées et des pratiques qui détruisent son unité et implantent sur son sol tous les conflits du monde! Dans ce domaine, subir n'est pas de mise. Il faut anticiper, il faut défendre, et il faut proposer.

Le problème n'est pas l'Afrique, c'est la France ! C'est l'absence d'une politique africaine digne de ce nom, qu'a illustrée la désastreuse destruction du verrou libyen, qu'illustre l'enlisement au Sahel et en Centrafrique! Et c'est l'absence d'une politique de population qui ose dire son nom, comme condition de la paix civile, de l'unité nationale, et de la sécurité des Français. Il y a urgence à la définir! D'abord parce que, depuis l'abandon de l'Union de son devoir de protéger les Européens, il revient à la France, et à elle seule, de tenir ses frontières et de n'admettre sur son territoire que celles et eux qu'elle choisit. Comme l'a rappelé Donald Trump, une nation qui ne tient pas ses frontières n'existe plus. Ensuite, parce que l'Afrique peut être une chance pour la France, la chance notamment que le français redevienne une langue mondiale, la troisième par le nombre de ses locuteurs.
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Tout cela est bel et bon, je suis d'accord mais avec deux caveat :

1) Tout cela manque terriblement de concret. Macron, avec son « en même temps » pourrait être d'accord.

2) J'ai essayé de lire un livre d'Hervé Juvin, que j'ai trouvé intéressant pour ce que j'en ai compris, mais il était tellement écrit avec les pieds que je ne suis pas allé au bout. Qu'on ne me dise pas que j'exige de tous les auteurs qu'ils écrivent comme Stendhal ou Julien Gracq : je tolère le style Zemmour assez bien. Néanmoins, il y a un seuil en dessous duquel on se fout du de la gueule du lecteur. C'est le fameux style universitaire inspiré d'Alan Greenspan : « Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé ».

Dans cet entretien (même s'il est un peu fumeux), Juvin paraît capable d'abandonner le charabia, pourquoi ne le fait-il pas dans ses livres ?

Mariage de Harry : la couronne d’Angleterre se convertit à l’empire du bien

Mariage de Harry : la couronne d’Angleterre se convertit à l’empire du bien



dimanche, mai 20, 2018

Comment notre monde a cessé d’être chrétien (G. Cuchet)

Un livre très intéressant qui ne donne pas forcément des réponses mais au moins des pistes.

Préliminaire méthodologique : ce livre traite de la pratique chrétienne mesurable (sacrements, assistance à la messe, etc) et non de la croyance ou de la culture. Mais il me semble illusoire de croire qu’on puisse préserver la croyance et la culture sans la pratique (exemple : si les enfants ne vont plus au catéchisme, comment pourrait-on préserver la culture chrétienne ?). D’une manière générale, la notion de « croyant non pratiquant » est un mensonge, une fuite, à mes yeux, puisque qu’il n’y a pas de chrétien sans sacrements (1). On voit même aujourd’hui des « pratiquants non croyants » !

Bref, pour moi, la mesure de la pratique, quels que soient les bémols qu’on y mette, me paraît bonne pour avoir une idée du christianisme de la population, pour une raison toute simple : la pratique est christianisante, l'absence de pratique est déchristianisante. Ceux qui se consolent en disant que les messalisants d'aujourd'hui sont des meilleurs croyants que les messalisants sociologiques de jadis oublient que quelqu'un qui ne va pas à la messe n'a aucune chance d'être un bon chrétien.

En 1960, en France, 90 % de la génération étaient baptisés et 25 % allaient à la messe régulièrement. Aujourd'hui, 30 % et 2%. Pourquoi ?

Les premières études scientifiques assez extensives de la pratique religieuse datent des années 30 et ont été poussées dans les années 40 et 50.

La carte est très contrastée, entre certaines régions de Vendée, à 97 % ! d’assistance dominicale en 1950, et l’Aisne à moins de 20 %. Deux populations avaient une notion intuitive de cette carte : les évêques, à cause du denier du culte, et les politiciens.

Plus surprenant : cette carte recoupe la carte des prêtres réfractaires et des prêtres jureurs de 1791. Les prêtres jureurs, déclarés et identifiés, ont été exterminés tandis que leurs collègues réfractaires, réfugiés au bocage ou au maquis, ont finalement eu un taux de survie plus grand. Le recrutement des curés étant local, ces disparités se sont perpétués.

Entre 1964 et 1966, la pratique s’effondre, allant parfois jusqu’à une division par deux chez les jeunes. Une évolution si rapide et généralisée est un mystère. Le phénomène ne semble pas limité à la France. Certes, cela correspond au changement de liturgie (sans le latin, sans le latin, la messe nous emmerde, comme disait Brassens).



Mais la corrélation n’est pas une explication.

Cuchet voit plusieurs explications concordantes :

♗ l'achèvement de l'exode rural et la désertification des campagnes, qui tarissent les gros réservoirs de pratiquants. On peut aussi ajouter diverses causes sociologiques diffuses, notamment les mutations de la transmission entre parents et enfants.

♗ l'entrée a l'âge adulte a toujours entrainé une baisse de la pratique. Mais, quand la génération des baby-boomers est arrivée à l'âge adulte (y est-elle jamais vraiment arrivée ?), ce fut un effondrement. Cette génération de pourris-gâtés était, sur plein d'indicateurs, pas seulement religieux, un changement de monde.

♗ Vatican II, par son existence même : tout ce qui tend à mettre en cause des dogmes jusqu'ici présentés comme immuables mine la confiance dans la doctrine et dans l'institution et fait baisser la pratique, notamment dans les couches populaires. D'une manière générale, l'intellectualisation du catholicisme après guerre est une catastrophe pour la pratique populaire, comme l'avait bien perçu sur le moment les défenseurs du catholicisme populaires comme le père Bonnet.

♗ autre conséquence de Vatican II : l'idée, qui n'est pas dans le dogme mais dans le changement de priorité et d'atmosphère, que la pratique n'est pas si obligatoire que ça. Cette notion a eu des conséquences ravageuses sur ceux qui allaient à la messe d'une demi-fesse.

♗ : un sacrement a connu une désaffection spectaculaire, au point de quasiment disparaître : la confession. C'est le sacrement le plus problématique, celui qui est le plus éprouvant (2). Alors dès qu'on ouvre une porte de sortie aux fidèles pour l'éviter, ils sautent sur l'occasion.

♗ : l'explication principale de Cuchet : les clercs ont trahi. Ils ont abandonné l'obligation de pratique. pas en théorie, mais .. en pratique. Par divers moyens, écrits, comportements, ils ont laissé entendre que les anciennes contraintes devaient tomber en désuétude. Message reçu cinq sur cinq : la fréquentation des églises a été divisée par dix. Je rappelle mon préliminaire : on peut se tripoter la nouille tant qu'on veut, il n'y a pas de transmission du christianisme s'il n'y a pas de pratique.

Et pourquoi les clercs ont-ils trahi ? Parce qu'ils ne croient plus aux fins dernières (le Salut, le Purgatoire, l'Enfer, le Paradis) et n'en parlent plus. Et jusqu'au sommet, puisque le pape François a dit que même Judas, on n'était pas sûr qu'il fût en Enfer. Propos scandaleux au point qu'un abbé a écrit un livre pour rétablir quelques vérités théologiques.

L'ancien catéchisme enseignait que l'homme était sur terre pour faire son Salut. C'était simple, logique et compréhensible par tous. Si on abandonne cela, il n'y a plus de raison d'être chrétien. Rapellez vous Chesterton : le christianisme est un édifice complexe et cohérent, enlevez une pièce et il perd l'équilibre.

D'où la conclusion terrible de Cuchet : il y a toujours une religion qui s'appelle christianisme catholique, mais en réalité, on a changé de religion.

Enfin, Cuchet invite à étudier la vigueur du protestantisme évangélique par rapport à toutes les autres formes de christianismes. Car si le catholicisme sombre pour les raisons analysées par Cuchet, le protestantisme traditionnel et l'orthodoxie ne se portent guère mieux et il serait intéressant de savoir pourquoi..

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(1) : pourquoi Saint Français d’Assise n’est-il pas devenu hérétique quand les tensions étaient très fortes avec le clergé ? Probablement parce qu’il avait besoin des sacrements dispensés par les prêtres.

(2) : la suppression du confessionnal, qui permettait une certaine discrétion, est une faute psychologique.

vendredi, mai 18, 2018

La guerre contre l'Italie a commencé

Vous savez que, depuis un certain temps, je pense que la libération des peuples européens du joug bruxello-berlinois viendra d'Italie.

L'Italie a le pouvoir de faire sauter l'Euro et l'UE et s'y prépare :

Why Italy could yet blow the Euro and European Union apart

Les euro-tyrans sont des enculés de première bourre et des abrutis de compétition mais le pouvoir, ils savent ce que c'est et ont bien compris que le leur était menacé par l'Italie. Alors ils ripostent avec l'artillerie lourde :

LA GUERRE CONTRE L’ITALIE, SA SOUVERAINETÉ ET SES CHOIX EST LANCÉE, LA FINANCE EN PREMIÈRE LIGNE SUITE ..AVEC FIL DE MISES À JOUR

Tout le blabla sur le soft power, c'est pour les naïfs. Ils font sentir leur pouheur very hard.

La stratégie italienne (potentielle : je ne suis pas sûr qu'on aille au-delà des rodomontades. Les Italiens auront peut-être droit à des Tsipras version latine) me paraît claire : creuser les déficits sans retenue et placer le Reich devant une alternative douloureuse. Soit la reich-chancelière autorise la BCE à les financer et c'est une capitulation en rase campagne, soit la banqueroute force l'Italie à sortir de l'Euro et c'est la fin de cette monnaie maudite. Un classique, la dissuasion du fou au fort.

Un scénario possible : l'Italie creuse ses dettes et menace de faire banqueroute si la BCE ne fait pas encore plus de la cavalerie et la reich-chancelière cède pour sauver les reich-banques (comme Charles Gave l'a expliqué, le mercantilisme allemand est une connerie monumentale). Le signal donné désastreux, c'est la fête du slip dans tous les pays du sud. L'électeur allemand est fou de rage et le Reich accepte enfin que les pays de mendiants ré-introduisent des monnaies nationales parallèlement à l'Euro.

L'autre scénario (plus probable) : les grandes gueules italiennes baissent leur froc comme Tsipras. Jusqu'au prochain coup.

Nous vivons des temps intéressants.

Comme d'habitude depuis cinquante ans, la France sera en retard sur l'histoire et restera soumise à Berlin quand tous les autres auront repris leur indépendance. Nous (nos technocrates) nous ferons une fierté d'imbéciles masochistes qui n'ont rien compris de rester scotchés au Reich le plus longtemps possible. Collabos un jour, collabos toujours. Merci les technocrates paumés.

L'histoire se répète : en 1940, nos technocrates n'ont rien compris à la situation stratégique mondiale car incapables d'élever leur horizon. Idem aujourd'hui. Pris entre la Russie, la Chine et les Etats-Unis, nous avons plus que jamais besoin d'une Europe forte et ce n'est certainement pas en favorisant un grand Reich pan-européen que nous y arriverons. C'est en favorisant ce qui a fait la force historique de l'Europe :  l'émulation entre nations libres.

Addendum :

Je m'aperçois que je n'ai pas décrit le scénario que j'estime le plus probable. Les dirigeants italiens baisseront leur froc, mais non sans avoir au préalable augmenté le bordel ambiant au sein de l'UE. Les européistes auront gagné du temps et ils ne pourront s'empêcher de faire les triomphants (il n'y a qu'à voir comment ils se délectent des problèmes du Brexit) mais l'édifice aura une lézarde de plus. Et la prochaine crise (il y a toujours une prochaine crise) donnera des grands coups de boutoir.

Aujourd'hui, je ne crois plus à l'écroulement soudain de l'UE et de l'Euro, la machine à travestir la réalité et à contrôler les peuples est trop puissante. En revanche, je crois qu'ils vont se vider de leur substance jusqu'au jour où les abandonner paraîtra le plus facile, la ligne de moindre résistance, où nous aurons tellement d'autres préoccupations que cela fera deux lignes dans les journaux.

Roger Scruton : « Être taxé de conservateur ? Un jour, ce sera une fierté »

Roger Scruton : « Être taxé de conservateur ? Un jour, ce sera une fierté »

J'aime beaucoup Roger Scruton.

Gaza : un peu d'intelligence

Décidément, j'aime beaucoup Mme Ingrid.

Gaza : des images… et des mots

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Mais ce qui a retenu mon attention ces derniers jours, durant les émeutes de Gaza, c’est le silence des journalistes quand ils recevaient des responsables israéliens. Les questions posées étaient toujours les mêmes, sur la disproportion entre la nature de l’agression et la riposte militaire. Les termes qui revenaient pour décrire l’attitude des Palestiniens sont les suivants, j’ai noté : « manifestation pacifique », « des femmes et des enfants », « marcher le long de la frontière en ce jour de commémoration de la Nakba ». En fait, les émeutes du 14 mai, c’était un équivalent de la Manif Pour Tous. Devions-nous croire.

Les autorités israéliennes répondaient en parlant de « terroristes », d’« assauts contre la clôture de sécurité », de « grenades », de « cocktail molotov » et de « cerfs-volants enflammés ».

Et nos journalistes ne disaient rien, ne répondaient rien, ne répliquaient pas même quelque chose comme « ce n’est pas ce qu’on voit sur les images » ou « avez-vous la preuve de ce que vous avancez ? ». Ils laissaient dire. Et c’est cela qui sème le doute. Comme si leur interlocuteur disait une chose qu’ils savaient vraie mais qu’ils étaient décidés à ne pas dire eux-mêmes.

[…]

Il ne s’agit pas, face à la thèse dominante qui présente Israël en persécuteur et les Palestiniens en victimes, de soutenir par principe la version contraire. Seulement de rappeler qu’une guerre est une guerre, et qu’une foule fanatisée a peu à envier à la puissance d’une armée, surtout quand elle a pour elle la force des images. Et celle d’un enfant mort peut avoir un impact diplomatique aussi puissant qu’un missile.
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